Salut! 
Voici ce que j'envoie à tous mes correspondants, en les exortant à 
réagir pour ne pas se laisser dépouiller.

Les déçisions d'honnêteté douteuse se prennent pendant les vacances...
Et on noie soigneusement le poisson en faisant des brevets 
informatiques une affaire d'experts, alors qu'il s'agit "simplement" de 
chercher à privatiser ce qui appartient à tout le monde.

Rendez-vous sur la page creee a cet effet par l'APRIL :
http://www.april.org/actions/brevets/academie.html

Et, pour simplifier, voir pièce jointe.

-- 
Michel Aconin
Saint Laurent du Var 







L'adresse à qui envoyer la lettre est: 
Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie 
Secrétariat d'État à l'Industrie 
139, rue de Bercy 75012 Paris
si possible, vous photocopiez la réponse du Secrétariat d'État et vous 
envoyez la photocopie à l'adresse suivante pour archivage : APRIL 8, rue Riant 
93200 Saint Denis

Monsieur, 

 La toute jeune Académie des technologies (créée en décembre 2000 à partir du 
CADAS, Conseil pour les 
Applications de l'Académie des Sciences) vous a remis, le 18 juillet 2001, un 
avis favorable à une brevetabilité 
encadrée des programmes d'ordinateur. 

 L'Académie déclare avoir mené une large consultation. C'est faux. Cet avis est 
rendu après un semblant de 
consultation. 

 En effet, je tiens à attirer votre attention sur le fait que les associations 
de promotion du logiciel libre ont mené, 
depuis 1999, une intense activité d'information au sujet des risques d'une 
brevetabilité des logiciels. Malgré cela, 
aucun de leurs représentants n'a été auditionné. Ainsi, l'Académie a clairement 
refusé d'entendre ceux qui ont 
soulevé le problème posé par la brevetabilité, la moindre des choses aurait été 
d'écouter leurs arguments. De plus, 
la plupart des personnes auditionnées sont des acteurs issus de très grandes 
industries alors que les brevets 
logiciels mettent en péril les PME/PMI et les individus. 

 L'ensemble du document est en fait assez hypocrite, avec notamment la mise en 
avant de l'effet technique. Ainsi, 
il serait impossible de breveter des programmes de base mais uniquement les 
logiciels ayant un effet technique. 
Mais, l'Académie reconnaît que ce terme est flou. D'ailleurs un programme 
d'ordinateur qui n'a pas d'effet 
technique, cela n'existe pas. Car tout logiciel est destiné à être utilisé dans 
un but technique bien précis. C'est 
justement cet effet technique qui est d'ailleurs utilisé par l'Office Européen 
des Brevets pour accepter des brevets 
sur des techniques logicielles au mépris de la Convention de Munich. 

 On peut considérer que les pressions pour modifier les principes de la 
Convention de Munich ont surtout pour 
but de légaliser les pratiques scandaleuses de l'OEB, ce que reconnaît 
d'ailleurs implicitement l'Académie qui parle 
dans son avis des «jurisprudences divergentes des offices nationaux entre eux 
et avec l'OEB». 

 À l'occasion de l'installation de l'Académie des technologies, le 12 décembre 
2000, Roger-Gérard 
Schwartzenberg, ministre de la Recherche, disait :«Le recours à l'expertise ne 
doit pas signifier une fuite des 
gouvernants devant leurs responsabilités. Faut-il rappeler quelques vérités 
d'évidence ? Les gouvernants doivent 
gouverner. Et, comme le rappelait Pierre Mendès France, "gouverner, c'est 
choisir"». Il est de la responsabilité du 
gouvernement de prendre ses responsabilités et de ne pas tenir compte de cet 
"Avis" publié par une instance de 
réflexion prétendument collégiale et indépendante, mais qui n'a pas invité les 
opposants à la brevetabilité à 
s'exprimer pour les éclairer, et par là-même éclairer le public sur ces enjeux. 

 Ainsi donc, au vu des personnes auditionnées, et en l'absence de tout 
représentant du logiciel libre, il parait 
inacceptable de tenir compte de l'avis de l'Académie des technologies. Dans une 
interview, Pierre Perrier délégué 
général de l´Académie et ancien directeur de la recherche chez Dassault 
Aviation, explique à ce sujet «Nous avons 
chargé deux personnes de faire un rapport sur l'ensemble des positions 
défendues par le milieu du logiciel libre, 
car c'est un monde trop hétérogène et nous ne voyions pas pourquoi rencontrer 
une association plutôt qu'une 
autre.»  Explication inacceptable. En effet, il existe en France deux 
organisations nationales reconnues dont l'avis 
fait référence dans le monde francophone du logiciel libre, l'APRIL et l'AFUL, 
qui font partie de l'Alliance 
EuroLinux. Cette dernière regroupe des sociétés commerciales et des 
associations à but non lucratif et mène 
depuis 1999 une campagne d'information sur les dangers de la brevetabilité des 
programmes d'ordinateur. Plutôt 
que de charger deux personnes d'étudier la position du milieu du logiciel 
libre, le plus simple eut été d'auditionner 
officiellement EuroLinux. 

 Différents articles publiés dans la presse spécialisée mettent en avant la 
légéreté de l'approche de l'Académie et 
l'information ne saurait tarder à gagner une presse plus large. 

 Les brevets logiciels touchent au coeur des technologies de l'information et 
il paraît pour le moins hasardeux 
d'écarter de quelques jolies phrases une communauté internationale (et donc 
nationale) qui a su prouver depuis de 
nombreuses années sa capacité de concertation, de développement et d'action. 

 Pouvez-vous m'indiquer pourquoi aucun représentant du logiciel libre n'a été 
auditionné ? Dans ces conditions, 
comment pouvez-vous assurer que la décision qui sera prise le sera en ayant 
tenu compte de l'avis de tous ? 

 Dans l'attente de votre réponse, je vous prie d'agréer, Monsieur le Secrétaire 
d'État, l'expression de mes 
meilleurs sentiments. 

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