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"Palladium", autre point de vue, in
"ZD Net" Actualités
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Avec Palladium et TCPA, l'informatique de confiance reste encore bien abstraite



SAN FRANCISCO - Lors de la conférence USENIX sur la sécurité qui s'est
tenue en août en Californie, les développeurs de Microsoft ont présenté
Palladium, la prochaine initiative d'architecture "sécurisée" du numéro
un mondial des loigiciels. Microsoft la présente comme une technologie
qui renforcera la confidentialité des données personnelles, empêchera la
copie privée d'oeuvres sous copyright, et augmentera le contrôle des
entreprises sur leur parc informatique. Palladium devrait entrer en
vigueur en 2005, dans le cadre d'une mise à jour majeure de Windows.

Une vision idyllique qui n'est pas perçue comme telle par tous. Les
critiques pleuvent sur cette future plateforme, ainsi que sur les
initiatives que veulent prendre les membres de la TCPA (Trusted Computing
Platform Alliance), devenu un lobby très influent dans le monde de la
sécurité informatique. Créé en octobre 1999, ce consortium regroupe la
fine fleur de l'industrie américaine, tant dans les logiciels que les
machines (Microsoft, Intel, Compaq, Hewlett-Packard et IBM). Il ne
manquerait plus que Sun et Oracle pour boucler la boucle. Mais aucune
autre société ne semble avoir été acceptée en son sein depuis. Pour se
donner un peu de crédit, TCPA a rassemblé un conseil scientifique de
quatre universitaires (deux Américains, un Européen et un Australien).

L'esprit de la TCPA et de Palladium de Microsoft est de modifier
totalement le mode de traitement des données sur ordinateurs. Cela passe
par des ajouts et modifications qui seront apportés aux ordinateurs au
niveau du matériel.

Une puce enrichie en sécurité, mais qui démange

Dans les deux cas, l'idée est d'intégrer une nouvelle puce sur la carte
mère des nouveaux ordinateurs en usine. Elle comportera de nouvelles
fonctions de chiffrement et une mémoire qui permettra de stocker les clés
de déchiffrement des données protégées. La TCPA décrit cette puce comme
un "trusted platform module", successeur d'un système d'identifiant que
Intel voulait mettre en place sur ses processeurs; le fondeur y a renoncé
en 1999 suite au vent de protestations soulevé, et notamment en France,
sur les questions de respect de la vie privée (lire notre enquête du
23/11/1999).

Et de fait, le principe de machines dotées d'une technologie permettant
de protéger les données, sécuriser les communications et vérifier les
caractéristiques de leur système, ne fait clairement pas l'unanimité. Une
application de ce type pensée pour un marché de masse se heurte d'emblée
à un mur d'opposition, car le grand public a du mal à faire confiance à
une technologie pour une "informatique digne de confiance" (trusted
computing).

Nombreux sont ceux qui pensent que des programmes comme Palladium
risquent d'empêcher les utilisateurs d'accéder à certaines données. Son
effet pervers pourrait être d'interdire l'accès à des données stockées
sur une machine si son utilisateur utilise des logiciels sans licence.
«L'idée que la sécurité protège d'utilisateurs tiers le contenu du poste
de l'utilisateur est erronée» affirme Lucky Green, consultant spécialiste
de la sécurité.

Mais à qui appartient au final l'ordinateur?

Pas étonnant de voir Richard Stallman, fondateur de la Free Software
Foundation, à l'origine du projet GNU et de la licence GPL dont
s'inspirent tous les systèmes Linux aujourd'hui, tirer à boulets rouges
sur TCPA. Stallman parle même d'«informatique perfide». Dans une longue
tribune publiée sur Sourceforge et traduite depuis en français (lire le
texte complet), il débute ainsi: «De qui votre ordinateur devrait-il
recevoir ses ordres? La plupart des personnes pensent que leurs
ordinateurs devraient leur obéir, et ne pas obéir à quelqu'un d'autre.
[Le plan TCPA] projette de faire en sorte que votre ordinateur obéisse
[aux fabricants et éditeurs] au lieu de vous obéir. Les programmes
propriétaires ont déjà inclus des dispositifs malveillants auparavant,
mais ce plan rendrait cette pratique universelle.»

Il estime enfin que le but de cette technologie est d'interdire aux
utilisateurs, et non aux pirates ou hackers malveillants, d'accéder
librement à leurs données. Le but avoué étant la gestion des droits
numériques, ou DRM (digital rights management), c'est-à-dire le contrôle
de contenus protégés par copyright.

Ross Anderson est sur la même longueur d'ondes. Chercheur britannique
respecté (laboratoire d'informatique, université de Cambridge),
spécialiste en sécurité et en cryptographie, il rappelle que «depuis des
années, Bill Gates rêve d'inventer un moyen d'obliger les Chinois de
payer pour ses logiciels: Palladium pourrait être la réponse à cette
prière.» Anderson a publié et met à jour régulièrement une foire aux
questions pointilleuse sur TCPA (une FAQ également traduite en Français).

«Notre technologie est adaptée aux évolutions du marché»

Microsoft réfute l'idée que Palladium est conçu pour contrôler le contenu
des ordinateurs de ses clients. L'éditeur estime au contraire que sa
technologie répond aux besoins du marché, puisque les réseaux privés
virtuels, ou VPN (virtual private networks), de plus en plus répandus,
ont besoin d'être sécurisés et de permettre aux administrateurs
d'identifier les ordinateurs sur leur réseau. Autre exemple, des
entreprises qui souhaitent éviter que des emails compromettants pour
elles soient présentés devant un tribunal, pourraient obliger leurs
salariés à utiliser des technologies de sécurisation. Ces dernières
pourraient alors jeter les clés numériques des emails datant de plus d'un
mois, ne permettant ainsi plus de les déchiffrer. Des possibilités
alléchantes qui pourraient bien séduire nombre d'entreprises.

«Une plateforme de confiance a sa configuration pour carte de visite; un
fournisseur peut décider de traiter ou non avec l'ordinateur en
question», a expliqué dans une récente interview Marcus Varady,
responsable marketing "Safer computing initiative" chez Intel et
président du comité directeur de la TCPA. «Le fournisseur peut ensuite
abaisser son mur de protection dans cet environnement pour collaborer
avec cette machine en toute confiance».

Ainsi, un site web qui vend de la musique peut savoir si l'ordinateur
d'un client dispose de protections anticopie, avant de lui permettre de
télécharger de la musique sur internet. Une idée qui fait bondir les
opposants, qui crient au retour en arrière puisque les utilisateurs se
voient imposer des limites sur leur usage privé de l'information.

Moins de liberté d'un côté, plus de pouvoir de l'autre

William Arbaugh, professeur en informatique à l'Université du Maryland,
estime que la TPCA pourrait apporter certes plus de sécurité, mais que
les modifications matérielles et logicielles pourraient faire beaucoup de
mal si les entreprises s'en servent de façon abusive. «Le TCPA sous sa
forme actuelle est inacceptable», conclut-il. Sans compter, rajoutent les
détracteurs, que la technologie ne prémunit pas totalement du piratage.
Palladium, par exemple, ne pourrait éviter une attaque matérielle qui
entraînerait une fuite de données. La sécurité de la technologie n'a plus
aucun effet sur les données se trouvant en dehors de l'infrastructure
Palladium, explique d'ailleurs Peter Biddle, responsable produit chez
Microsoft.

Les détracteurs critiquent également tout processus ou technologie
contrôlé par une seule entreprise, cette dernière pouvant avoir d'autres
idées en tête - surtout s'il s'agit de Microsoft. Eben Moglen, l'un des
avocats de la Free Software Foundation et professeur de droit à
l'université de Columbia, redoute que de telles initiatives propriétaires
nuisent au développement de technologies open-source comme GNU/Linux, qui
commence à s'ériger face à Windows.

Lucky Green redoute également que des technologies comme Palladium
donnent trop de pouvoir aux éditeurs de systèmes d'exploitation au
détriment des développeurs d'applications. «Dans la mesure où les
systèmes d'exploitation qui limitent les données peuvent établir quelles
applications peuvent tourner, le paysage des logiciels va se muer en
applications de premier choix qui permettront aux utilisateurs d'accéder
au contenu, et à d'autres applications de second ordre qui n'y donnent
pas accès», affirme-t-il. «Dans ce scénario, les éditeurs de logiciels
sont sous la coupe des constructeurs».

Il suspecte Microsoft d'utiliser Palladium pour contraindre le public
d'utiliser les logiciels avec une licence. Pour lui, les initiatives de
trusted computing quelles qu'elles soient ambitionnent de «sécuriser les
applications et données au détriment de l'utilisateur final, mais au
profit de tierces parties».

Cette vision d'une conspiration fait rire les partisans. «Rien ne montre
que Microsoft et Intel cherchent à berner le monde entier. Si c'est ce
qui se produit au final, je suis persuadé que le Congrès américain les
arrêtera», estime Farber de l'Université de Pennsylvanie.

Reste que la complexité du sujet fait l'unanimité, et que Microsoft
lui-même n'en connaît pas les aboutissants. «Nous pouvons parler de ce
que nous avons voulu faire», affirme Mario Juarez, responsable produit
sur Palladium, ajoutant que «bien des questions restent encore sans
réponse».


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