A quelques encablures du vote (le 18 Juin 2003) de la directive
européenne certains "masques" tombent ....
Voir l'URL: http://www.transfert.net/a8917

Amicalement
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-------- Message original --------
Objet: [APRIL] Article de Transfert sur les brevets
De: Frederic Couchet <[EMAIL PROTECTED]>
Date: Ven, 6 Juin 2003, 10:57
À: [EMAIL PROTECTED]


Article intéressant sur la situation actuelle et les forces en
présence :

http://www.transfert.net/a8917

   Brevetabilité du logiciel : dernière ligne droite

   Avant le vote de la directive européenne, les lobbies sprintent

   La finalisation du rapport de la Commission juridique et du marché
intérieur du Parlement européen chargée de l'examen du [41]projet de
directive visant à instaurer la brevetabilité des logiciels est
repoussée au 18 juin. En prélude au vote de la directive au
Parlement, c'est une dernière bataille que se livrent les défenseurs du
logiciel libre, le groupe des Verts et le rapporteur de la
Commission, Arlène McCarthy (Labour).

   Cela n'a jamais été le grand amour entre Arlene McCarthy et les
adversaires de la directive, qui vise à instituer un brevet sur les
logiciels en Europe. Ce texte aurait pour effet de remplacer le
système actuel de propriété intellectuelle par un système de brevet
inspiré du modèle en vigueur aux Etats-Unis.

   Une femme sous influence ?
   En déclarant qu'elle rejetterait tout amendement excluant en soi la
brevetabilité des programmes d'ordinateur, la membre du parti du
Labour a d'entrée été suspectée d'être un agent de l'Office européen des
brevets, où l'influence anglaise est prédominante. Cette
   orientation a été confirmée de fait : quand la commission de la
Culture présidée par Michel Rocard, acquis à la cause du logiciel
libre, a été consultée et à présenté des amendements visant à
empêcher la brevetabilité, ils ont été quasi-ignorés.

   Les défenseurs du logiciel libre dénoncent depuis longtemps
   l'influence de l'OEB sur la directive : l'un de ses rédacteurs est un
ancien membre de cet Office et l'autre est issu de l'UKPTO, l'office des
brevets anglais.

   Si les adversaires de la directive veulent montrer l'emprise de
l'Office européen des brevets sur la naissance et le processus
   d'adoption de ce texte, c'est que cette institution est, depuis une
dizaine d'années, le fer de lance de l'extension du domaine de la
brevetabilité en Europe.

   L'OEB a plusieurs fois "devancé" la loi, en accordant des brevets
liés à deux domaines explictement exclus de la brevetabilité par la
   Convention de Munich sur la propriété intellectuelle : le logiciel et
le [42]vivant.

   Dans le domaine du logiciel, l'OEB aurait déjà accordé plus de 30 000
brevets, en les présentant comme des "procédés techniques".

   Galanteries...
   La dernière escarmouche entre Arlene MacCarthy et les opposants à la
directive remonte à la [43]conférence sur le logiciel libre organisée
les 7 et 8 mai-> à Bruxelles par les [44]Verts européens et la FFII
(Foundation for a Free Information Infrastructure).

   Madame Le Rapporteur s'est plainte publiquement de ne pas avoir été
invitée et a accusé ses promoteurs de "ne pas vouloir tenir un débat
ouvert". Les organisateurs, s'ils ont reconnu avoir prévenu McCarthy
seulement l'avant-veille, affirment avoir été corrects. Cet incident
diplomatique a donné lieu sur le réseau à [45]de nombreux échanges
polémiques exemplaires des luttes entre lobbies à Bruxelles.

   Depuis lors, Arlene McCarthy oeuvre toujours pour imposer la
   brevetabilité du logiciel mais a récemment rencontré un contretemps :
faute d'avoir pu trouver un accord en son sein, la Commisssion
   juridique a du décider le 21 mai d'ajourner au 18 juin la
présentation de son rapport devant le Parlement européen. Encore
cette nouvelle date pour l'audition du rapport est-elle précédée,
dans l'ordre du jour, de la mention "éventuellement".

   Quand le rapport de la Commission aura enfin été présenté au
   Parlement, il restera l'ultime étape du vote du texte en séance
plénière. Ce vote ne pourra intervenir que lors des dernières séances à
Stasbourg, fin juin ou début juillet. Il sera alors encore possible de
déposer des amendements au nom d'un groupe.

   D'ici là, il reste peu de chances pour les opposants à la
   brevetabilité du logiciel de gagner Arlene McCarthy à leur cause. Sa
position ne semble pas avoir changé depuis que sa [46]propositionn de
rapport a été rendue publique, le 13 février dernier. La rapporteuse
recommande vivement l'adoption de la directive et met en garde contre
toute limite au principe de brevetabilité.

   ... et perversité
   "Avec une perversité certaine, Mme McCarthy sous-entend auprès des
députés qu'il s'agit de leur dernière chance d'avoir la main sur le
dossier, autrement dit : 'Votez le texte et légalisez la situation ou
l'Office européen des brevets continuera à dire le droit à votre
place'", résume ironiquement un acteur proche du dossier, qui oeuvre
pour le camp du libre à Bruxelles. "C'est un peu comme si les
   statistiques de la délinquance dictaient le droit pénal. Trop
   d'infractions ? On légalise..."

   Pour notre interlocuteur, qui souhaite rester anonyme, la prochaine
étape, pour le camp du libre, est de tenter de convaincre les
   représentants au Parlement européen des pays dont le secteur logiciel
est naissant : "Ils n'ont aucun intérêt à ce que le software européen
soit verrouillé par les brevets sous peine de voir leur industrie
nationale étouffée dans l'oeuf." La Grèce, par exemple, ne
déteindrait qu'une vingtaine des 30 000 brevets logiciels déjà
délivrés
   illégalement par l'OEB.

   "S'il devient possible de les faire valoir en justice dans l'espace
européen, il est certain que le secteur informatique et logiciel grec
aura beaucoup de mal à décoller parce que le ticket d'entrée à payer
sera très élevé", ajoute l'opposant à la directive.

   Amérique et dépendance
   Le grand gagnant de l'extension de la brevetabilité au logiciel en
Europe serait en fait les Etats-Unis. Les défenseurs du libre
   rappellent que les trois quarts des brevets logiciels européens sont
détenus par des entreprises américaines.

   "Le brevet c'est la mise en coupe réglée du secteur logiciel
européen, c'est le cheval de Troie US, que ce soit au niveau
économique ou de notre sécurité informatique", clame notre
interlocuteur. Les
   associations pro-libres comptent mobiliser les eurodéputés autour du
concept "d'indépendance informatique" (Lire l'interview de Gaël Duval :
[47]"Il manque une logique globale pour soutenir l'industrie
informatique").

   "La Communauté européenne s'est bâtie sur l'idée de notre
   auto-suffisance énergétique d'abord, avec la CECA, puis alimentaire
ensuite avec la PAC. Ici, il s'agit de notre auto-suffisance
   informationnelle, une des resssources vitales de ce siècle, comme le
charbon pouvait l'être au siècle passé", explique l'acteur proche du
dossier. "Le débat n'a rien d'un débat gauche-droite : comme le
système Galileo, le système concurrent du GPS américain, ou le
lanceur spatial européen, la question logicielle concerne à très
court terme nos relations stratégiques avec les autres puissances."

   On le voit, les partisans du libre se mobilisent pour la dernière
ligne droite d'une course d'obstacles qui dure depuis 1999, date de
l'ouverture par la Commission des consultations publiques. Avec
quelles chances de succès ? Pour l'instant, les adversaires de la
directive ne peuvent compter que sur le soutien des groupes Verts et
socialiste et de quelques non-inscrits. Si, dans le mois qui leur
reste, ils parvenaient à entrainer quelques députés conservateurs
pour faire de la question un débat transcourants, ils pourraient
espérer gêner Arlene McCarthy. Cette dernière saura-t-elle se montrer
plus persuasive dans l'hémicyle qu'à la Commission ?


[48]Gabriel Pérat

-- 
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Frederic Couchet                                      Tel: 06 60 68 89 31  APRIL
                                              http://www.april.org/



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