Voici les dernières nouvelles du front (de la bataille contre le
brevetage logiciel):

1) La copie du dernier email (très détaillé) de Laurence Van de Walle ,
l'assistante du député Européen suédois Per Garthon, qui nous apporte
tout son soutien :

-------- Message original ---------------------------------
De      "Laurence Vandewalle" <[EMAIL PROTECTED]>
Objet : Brevetabilité logicielle : le Parlement européen votera
finalement en septembre
À :     "Laurence Vandewalle" <[EMAIL PROTECTED]>
Date    Lun, 30 Juin 2003, 18:32

Brevetabilité logicielle : le Parlement européen votera finalement en
septembre

Les opposants à la directive se félicitent de ce sursis surprise
La semaine dernière, on apprenait que le vote du Parlement européen sur
le projet de directive visant à établir une brevetabilité du logiciel en
Europe avait été avancé au 30 juin. Cette annonce avait déclenché une
vague de panique parmi les opposants à ce texte, qui craignaient un
"passage en force" sur un dossier complexe et polémique. Après une
semaine de chassés-croisés entre les deux camps, l'examen de la
directive en séance plénière est finalement repoussé au 1er septembre.
La lutte continue.

Le 20 juin dernier, on apprenait que le vote de la directive par le
Parlement, initialement prévu en septembre, avait été déplacé au lundi
30 juin sur proposition d'Arlene McCarthy, le rapporteur de la
Commission juridique du Parlement européen. Cette eurodéputé anglaise,
grande partisane de la brevetabilité appliquée au logiciel, voyait une
opportunité dans le fait de faire voter le texte très rapidement,
seulement 12 jours après qu'elle ait rendu son rapport de
recommandation, très favorable à la directive (lire notre article
précédent).

Changement de climat
Les opposants au principe de brevetabilité, regroupant acteurs et PME du
secteur, défenseurs du logiciel libre et personnalités politiques, pris
de cours, avaient alors entamé une course de vitesse pour faire déplacer
le vote ou au moins tenter d'alerter les parlementaires sur les méfaits
qu'entraînerait la directive : frein à l'innovation et création d'une
situation oligopolistique favorisant les grandes sociétés par rapport
aux PME dépourvues de moyens financiers et juridiques.

"A partir de mercredi 25 juin, on a commencé à sentir un changement de
climat, explique dans un communiqué Hartmut Pilch, président de la
Foundation for a free information infrastructure (FFII), une association
d'acteurs du secteur logiciel basée en Allemagne qui combat la
directive. De plus en plus de députés ont commencé à dire qu'ils
souhaitaient rédiger et déposer des amendements. Les rumeurs disaient
que le calendrier ne pourrait être tenu." Celui-ci a finalement été
modifié officiellement le 26 juin en fin d'après-midi, après que les
secrétaires généraux des différents partis puis la conférence des
présidents de groupes se soient réunis.


"Nous avons maintenant trois semaines de session parlementaire
supplémentaires pour alerter les gens de l'enjeu", se félicite Hartmut
Pilch, qui était auparavant pessimiste sur la possibilité de convaincre
les parlementaires à temps, de sorte d'infléchir le vote.

Seconde chance
Au niveau européen, les parlementaires de différents pays ne sont pas
également mobilisés sur ce dossier. Les Français sont très actifs, via
les Verts et les socialistes dont Michel Rocard, président de la
Commission Culture du Parlement européen. Les socialistes allemands
semblent eux plus divisés, certains ayant appuyé le déplacement du vote
au 30 juin. Selon les opposants à la directive, les Anglais pourraient
quant à eux être plus présents. L'eurodéputé anglaise Arlene McCarthy,
issue du parti travailliste de Tony Blair, a en effet été félicitée par
les conservateurs, ce qui pourrait donner un levier médiatique
intéressant en période pré-électorale.

Hartmut Pilch, dont la fondation a participé à la pétition Eurolinux,
créditée de 150 000 signatures au niveau européen, voit dans l'obtention
de ce délai inattendu un succès et une chance : "Avec les fortes
pressions qui s'exercent sur les institutions européennes, on pourrait
penser que seuls les lobbies des entreprises à gros moyens seraient
entendues, mais notre expérience montre que les efforts de terrain,
l'opinion publique et un peu de coordination peuvent tout de même faire
avancer les intérêts de la majorité, au moins dans des cas aussi
évidents..."

Dans le camp des adversaires à la directive, l'heure n'est pourtant pas
au triomphalisme, loin s'en faut. Ayant évité la "catastrophe", il
appelle maintenant les citoyens et les acteurs du secteur du logiciel
européen à alerter leurs parlementaires respectifs. Ceux-ci devront
encore se plonger dans un texte extrêmement technique pour rédiger et
faire adopter des amendements limitant effectivement le domaine de la
brevetabilité, ce que les commissions Culture et Industrie du Parlement,
consultées par la Commission juridique, n'ont pas réussi.

---------------------------- fin de  Message original -----------------


2) Un article de Michel Rocard dans Libé:
http://www.liberation.fr/page.php?Article=121303
Michel Rocard est l'un des plus actifs contre le brevetage logiciel
(parmi les 625 députés Européens dont 87 Français)

3) L'inflation délirante des demandes de brevets
Un rapport français dénonce un système international «malade».
Par Florent LATRIVE
http://www.liberation.fr/page.php?Article=121304
Cet article concerne le rapport du Conseil d'analyse économique (CAE).

4) Et pour finir trois URLs de SPECIS (Syndicat Professionnel d'Etudes
de Conseil d'Informatique et de Services):

Brevets de logiciels, un GADGET DANGEUREUX:
http://www.specis.org/actualites/INFO-GENERALE/Les_brevets_logiciels-11122001.html

NID DE TAUPES ?
http://www.specis.org/actualites/INFO-GENERALE/Les_brevets_logiciels-18022002.html

EUROPE EUROPEENNE OU DEJA, EX-EUROPE ?
http://www.specis.org/actualites/INFO-GENERALE/brevets_logiciels-specis_21022002.html



S'il est sans doute vrai que le projet (de prevetage logiciel) a peu
de chance d'être rejeté par le Parlement Européen le 1 Septembre 2003,
(et donc que l'essentiel de la lutte se situe désormais au niveau des
amendements), l'importance des *efforts de terrain* n'est pas à negliger
tout comme le role de la presse et des médias en général (très en
retrait du débat jusqu'à présent).


-- 
Amicalement
Rene Mages   (GnuPG key 1024D/2CC455D9 )
rmages [AT] linux-azur [DOT] org
http://www.brevets-logiciels.info




Linux-Azur :      http://www.linux-azur.org
Désinscriptions: http://www.linux-azur.org/liste.php3
**** Pas de message au format HTML, SVP ****

Répondre à