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Objet:        [Eucdinfo-lettre] DADVSI : le Conseil Constitutionnel
paracheve l'edifice repressif du gouvernement
De:           "EUCD.INFO" <[EMAIL PROTECTED]>
Date:         Ven 28 juillet 2006 17:41
À:       [EMAIL PROTECTED]
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DADVSI : le Conseil Constitutionnel parachève l'édifice répressif du
gouvernement

Paris le 28 juillet 2006, communiqué de presse, initiative EUCD.INFO.

Le Conseil Constitutionnel vient de rendre sa décision
(http://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2006/2006540/index.htm)
suite à la saisine par plus de 60 députés sur la loi relative au droit
d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information
(DADVSI). L'Etat UMP avait fait voté la pire loi sur le droit d'auteur
en Europe, loin de censurer le texte de loi le conseil constitutionnel
en aggrave les dispositions. Ce qui n'est finalement qu'une suite
logique dans le déraillement de nos institutions sur le projet de loi.

Finalement, les dernières étapes du processus législatif ont été
l'occasion d'un durcissement incroyable du texte et d'un nouveau
camouflet pour le ministre de la Culture.

La décision rendue par le Conseil Constitutionnel a pour effet
notamment :

    * d’autoriser les producteurs à supprimer toute forme de copie
      privée sur les oeuvres qu’ils diffusent ;

    * de faire sauter le seul garde fou de l'amendement «
      Vivendi-Universal, » créant une insécurité juridique sans
      précédent ;

    * de supprimer l'interopérabilité [1] des motifs valables de
      contournement de mesures techniques, introduisant ainsi
      notamment une atteinte grave à la libre concurrence ;

    * de permettre aux éditeurs de mesures techniques la mise en place
      d'un droit de péage ;

    * d'organiser le retour à la case prison pour l’internaute
    téléchargeur.

Sans réelle surprise, les membres du Conseil Constitutionnel ont
écarté toute irrégularité dans la forme de l’examen du texte de
loi. Ils entérinent donc ainsi les pratiques du gouvernement, ce qui
n'est pas bon signe de la part des gardiens de la bonne application de
notre constitution.

Christophe Espern, de l'initiative EUCD.INFO, a déclaré : « A
l'évidence la décision du Conseil Constitutionnel satisfera les majors
du disque, du film et du logiciel propriétaire. Le public, la
communauté du logiciel libre et les artistes sont les grands perdants
de cette saisine ».

Pour tenter de faire passer le texte dans l'opinion, le point central
du plan média du gouvernement était qu'« un internaute qui télécharge
illégalement de la musique ou un film sur Internet pour son usage
personnel ne risquera plus la prison. » (voir séance du 30 juin 2006 :
http://www.assemblee-nationale.fr/12/cri/2005-2006/20060257.asp). En
organisant le retour à la case prison pour les téléchargeurs, le
Conseil Constitutionnel rend caduque les promesses du ministre de la
Culture.

Les débats ont clairement montré que nos institutions n'ont pas pu
fonctionner correctement, du fait des pressions intenses qui ont eu
lieu à l'égard de nos représentants. Le projet de loi DADVSI a pour
objet de transposer l'EUCD, une directive européenne vieille de plus
de 5 ans dans un contexte numérique en évolution constante. Or,
l'efficacité de l'EUCD est dors et déjà remise en cause par des
juristes des différents pays de l'Union. Parallèlement, la Commission
européenne a lancé une étude de révision de la directive, car ce texte
va à l'encontre de ses objectifs d'harmonisation et ne répond qu'aux
attentes d'une poignée d'industriels.

Considérant l'absence de concertation préalable à la rédaction du
texte, considérant la procédure de révision en cours au niveau
européen et enfin considérant le contenu inacceptable et inapplicable
du texte, l'initiative EUCD.INFO en appelle au Président de la
République, gardien de l'interêt général, pour qu'il prenne ses
responsabilités en ne promulguant pas la loi.

Dans la mesure où le projet de loi serait promulgué, et en considérant
les conditions déplorables d'élaboration de ce texte et son contenu
totalement déséquilibré menaçant clairement les droits et libertés de
l'ensemble des citoyens, il pourrait appartenir au peuple de se saisir
du principe de résistance à l'oppression et de prendre toutes les
mesures pacifiques nécessaires pour affirmer sa résistance à cette
oppression, numérique certes, mais pourtant bien réelle. Le fondement
de ce principe, consacré par l'article 2 de la déclaration des droits
de l'homme et du citoyen de 1789 [2], repose sur le droit consacré au
peuple, collectivement, par opposition à l'individu, de résister à une
loi incompatible avec les principes fondamentaux de la république et
de la démocratie.

[1] Rappelons que l'interopérabilité est définie dans les considérants
de la directive 91/250 CE sur la protection des programmes d'ordinateurs
et que le droit à la recherche de l'interopérabilité est prévu à
l'article L. 122&#8209;6&#8209;1 du code de propriété intellectuelle et
les articles
5 et 6 de la directive européenne 91/250.

[2] déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 :
http://www.justice.gouv.fr/textfond/ddhc.htm

Contacts presse :

Christophe Espern [EMAIL PROTECTED] 06 86 46 45 99

Frédéric Couchet [EMAIL PROTECTED] 06 60 68 89 31

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