Bonsoir Pascal,

quelques remarques ultra subjectives!

Pascal Robinet a écrit :
- La hiérarchie est incompatible avec les valeurs libertaires et
communautaires exposées plus haut. Chaque membre est au même niveau que
les autres.
Il ne me semble pas que ce soit justement ce qui se passe dans les projets logiciel libre. Il me semble qu'au contraire ils sont très hiérarchisés, et qu'une contribution n'est versée au projet qu'après un respect de pas mal de règles et de validation...
- Tout un chacun doit pouvoir lancer une idée et prendre un rôle sur un
projet ou une idée, porteur ou contributeur. Question : est ce que
quelqu'un doit être membre pour pouvoir porter une idée ou contribuer ?
Là encore, pourquoi pas, mais n'importe qui ne peut pas proposer n'importe quoi dans n'importe quel projet.

La liberté de dire oui, la liberté de dire non, c'est toujours conflictuel avec celle de ton 'partenaire', celui qui aura la 'liberté' d'accepter les conséquences de ton oui ou de ton non.

Alors tu me diras, ce n'est donc pas la liberté totale? Et je dirais que c'est la liberté de la communauté qui bride celle de l'individu, du genre "la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres", ou encore pour qu'un projet soit libre et le reste, il faut qu'il soit indépendant de l'intérêt personnel direct de ses membres. Il me semble qu'il en est de même pour une association : à partir du moment où tu mutualises des énergies/moyens, tu deviens forcément un peu dépendant des autres, et par force, tu perds théoriquement un peu de ta liberté individuelle.

Mince alors! Ce ne serait donc pas un environnement parfaitement libre!? Ben non, mais en fait, comme on n'est (nait?) jamais seul, en voulant préserver sa liberté individuelle, et bien on obtient seulement la liberté de faire ce qui reste possible dans ta société... D'où le paradoxe : la liberté de tous naît de la contrainte/éthique du groupe, et ce sont bien le respect des règles communes, la définition du cadre commun qui garantissent un environnement d'épanouissement avec un minimum de liberté!
Pour moi une contribution peut être de toute nature, soit monétaire en
cotisant, soit en bénévolat, don en nature ou autre a inventer.
Pourquoi pas, mais cela ne contredit pas la nécessité de définir le domaine de cette association, ses garde-fous et les personnes 'sensées' les appliquer (on se croirait dans un hopital psy!).
- Un renouvellement régulier est le garant d'une bonne circulation des
idées, d'une énergie constante. Cela permet aux gens de facilement
s'investir, sachant qu'ils peuvent passer la main rapidement plutôt que
de prendre une charge pour une longue durée. Une période de 2 ou 3 mois
entre chaque renouvellement semble une bonne base.
Un renouvellement fréquent suppose beaucoup de personnes disponibles, ainsi qu'un cadre ultra défini pour contenir les dérives! De mon expérience (hors Linux-Azur), les associations ont du mal à trouver des bénévoles, surtout sur une longue période. Il y a généralement un noyau dur qui fait tourner l'association, avec quelques électrons qui participent plus sporadiquement. Et ce qui fait vivre le noyau dur, c'est la reconnaissance dans une fonction de représentation, difficile dans ce cas d'abandonner ce rôle, surtout quand il y a eu beaucoup d'investissement personnel!
C'est d'ailleurs sans doute une bonne partie de la source de vos conflits!
- La force du libre est son aspect humain, nous devons donc respecter
cela et avoir des réunions fréquentes de tous les membres pour créer un
espace de rencontre le plus large possible. Lors de ces réunions chaque
porteur de projet pourra présenter l'avancement de son projet, exposer
les problèmes, demander de l'aide ou passer la main. Le renouvellement
sera donc assuré par ces réunions trimestrielles.
Tu proposes donc de formaliser les réunions informelles actuelles? Un besoin de règles? 8-)
- Nous ne devons pas avoir peur de la fin. Une fin n'est que le début
d'autre chose. Vouloir pérenniser à tout prix un existant est mauvais et
va à l'encontre d'une évolution saine. Si un porteur de projet passe la
main et que personne ne reprend le flambeau c'est que ledit projet n'est
pas intéressant pour les membres et donc meurt, dans la plus pure
tradition des écosystèmes du libre. Si ledit projet est critique pour le
fonctionnement et la survie de l'association alors celle çi aura vécu sa
vie et sera dissoute de facto, ouvrant d'autres possibilités.
Cela reste vrai quelque soit le statut de ton association.
Ce sont des idées qui appellent un échange mais l'important est que nous
pouvons donc facilement changer notre mode de fonctionnement pour le
rendre beaucoup plus léger et agréable en étant un peu créatifs et
libres.
Ma position est presque aussi paradoxale que la tienne : je n'ai porté que peu d'attention à ces nouveaux statuts. Par contre, il me semble bien de demander l'adhésion à Linux-Azur aux participants, cela permet de fidéliser, de donner un peu d'engagement, de sens à la démarche, qui est tout de même la promotion du logiciel libre, ce qui sous-entend de participer à sa pérennisation...
Et c'est cette notion de pérennisation qui implique un conseil des sages.
Je suis d'accord qu'un engagement 'long terme' impressionne, mais un renouvellement forcé engendre de la frustration, il faut donc de la souplesse. Le problème se pose en termes d'équilibre du noyau (attention, si la loi ne demande que deux officiels, la responsabilité supportée l'est tout de même moins quand elle est répartie, même si c'est pénalement le président qui la supporte). Un renouvellement fréquent, par vote d'une assemblée d'adhérents loin des contraintes du noyau, peut le déstabiliser, les relations de confiance étant souvent longues à s'établir.

Par exemple, tu sembles tenir beaucoup à ton poste de trésorier, alors que celui-ci implique un respect scrupuleux de nombreuses règles, ne serait-ce que par rapport à la loi (peu de libertés, en somme). C'est un poste exigeant, souvent ingrat (pas de représentation externe), et qui suscite souvent les plus fortes critiques/suspicions : la relation de confiance est absolument indispensable.

A mon sens, ce poste ne peut pas être confié au "premier venu", et en tant qu' électron assez éloigné, je ne me sens pas trop bien placé pour le désigner : élire une équipe, ou un renouvellement partiel, qui choisira/répartira les postes, à la façon d'une équipe municipale, ne me semble pas un mauvais fonctionnement.
"Le Sage fait retour à la simplicité." - Lao Tseu
Ni toi ni moi ne le sommes donc! ;-)

Vincent.

P.S.: pas d'interprétation, je me garde bien de juger les conflits récents, je suis bien trop peu impliqué pour cela!

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   Linux Azur : http://www.linux-azur.org
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