Compilation du sam., 02 d�c. 2023, liste linuxfr-news

Sommaire :

1. [Lettre LinuxFr.org] Au café libre — « Libre à vous ! » du 21 novembre 2023
    — Podcasts et références - [email protected]
2. [Lettre LinuxFr.org] Dons aux associations, épisode 12 - [email protected]
3. [Lettre LinuxFr.org] Des nouvelles de Fortran n°5 - Décembre 2023 -
    [email protected]
4. [Lettre LinuxFr.org] Proxmox Backup Server 3.1 est disponible -
    [email protected]

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Au café libre — « Libre à vous ! » du 21 novembre 2023 — Podcasts et références

Cent quatre-vingt-douzième émission « Libre à vous ! » de l’April. Podcast et programme :

  • sujet principal : Au café libre (actualités chaudes, ton relax) : débat autour de l’actualité du logiciel libre et des libertés informatiques
  • chronique de Xavier Berne sur le thème « obtenir des documents d’urbanisme »
  • chronique de Gee sur le thème « Le Libre doit-il être communautaire »

Rendez‐vous en direct chaque mardi de 15 h 30 à 17 h sur 93,1 MHz en Île‐de‐France. L’émission est diffusée simultanément sur le site Web de la radio Cause Commune. Vous pouvez nous laisser un message sur le répondeur de la radio : pour réagir à l’un des sujets de l’émission, pour partager un témoignage, vos idées, vos suggestions, vos encouragements ou pour nous poser une question. Le numéro du répondeur : +33 9 72 51 55 46.

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Dons aux associations, épisode 12

Cette dépêche est la douzième de sa série, après celles de 2011, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021 et 2022. Elle tient compte des suggestions des années passées.

Montre ton amour au Libre

Cette année encore, je m’adresse à toi libriste, qui a procrastiné jusqu’aux dernières heures pour faire des dons, déductibles des impôts ou non. Toute l’année on se promet de soutenir telle ou telle action sur tel ou tel sujet qui nous semblait extrêmement important. Citons par exemple quelques associations de promotion et défense du Libre, des droits dans l’espace numérique ou de la liberté d’_expression_, dont les dons sont déductibles en France : Acrimed, Amnesty France, Basta!, Debian France, Disclose, Framasoft, Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Libre à Toi / Radio Cause Commune, Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Open Food Facts, OpenStreetMap France, Politis, Reporterre, Reporters Sans Frontières (RSF), Wikimédia France, (qui n’est pas la Wikimedia Foundation états-unienne qui collecte aussi des dons), etc.

    Sommaire

    Et comme tu fais vivre les principes du Libre, que tu contribues à des projets libres et défends des idées, tu soutiens aussi des associations ne bénéficiant pas de la déductibilité des dons en France (par exemple, des associations jugées trop dérangeantes ou trop critiques par le gouvernement… ou des associations européennes ou non, voire des associations n’ayant jamais fait la démarche, comme LinuxFr). Citons par exemple AFUL, April, Debian CH (déductible en Suisse), European Digital Rights (EDRi), En Vente Libre, Exodus Privacy, FACIL, FFII, FSF (avec une longue liste de méthodes pour donner), FSFE (déductibilité dans plusieurs pays), Paheko, GNOME et GIMP, Haiku (déductible aux États‐Unis), IHateMoney, Internet Archive (déductible aux États‐Unis), KDE e.V (déductible en Allemagne), Léa-Linux, LILA, LQDN, Mageia, Nos Oignons, noyb, OKFN, PHP Foundation, SlackBuild.org, Tails (déductible en Allemagne), TechInquiry (déductible aux États-Unis), Toile Libre, Tor (déductible aux États-Unis et en Europe], Ubuntu-Fr, XSF, etc. (notez qu’elles peuvent parfois avoir la déductibilité des dons dans d’autres pays, voir la décision C-318/07 mentionnée plus bas).

    Cette dépêche récurrente vit aussi grâce à vos remarques, propositions d’ajouts, de compléments et vos retours sur les systèmes fiscaux et les dons dans vos pays respectifs. N’hésitez pas à la commenter pour l’enrichir. Bien que récurrente, cette dépêche est mise à jour et enrichie chaque année.

    Précision : la dépêche parle bien de « don » (je soutiens sans rien obtenir à titre personnel), pas de « financement participatif avec contrepartie » (je cofinance en échange de goodies ou avantages), les deux étant destinés à des choses différentes. Si vous avez lu jusqu’ici, un dessin xkcd sur le sujet en récompense (et d’autres images plus loin pour récompenser les libristes patients qui liront jusqu’au bout).

    Pourquoi les associations ayant des permanents ont des besoins récurrents d’argent ? (tiré de l’épisode 11 mais mis à jour)

    Quand une association veut passer de zéro à un permanent ou à un permanent de plus, elle n’a généralement pas en réserve de quoi le payer sur une année complète. Elle prend donc un risque avec une visibilité sur x mois (comme n’importe quel chef d’entreprise), en faisant de son mieux pour que l’argent rentre (le nouveau permanent va « produire », une campagne de communication ou d’appel à don ou autres sera lancée, une subvention sera recherchée, une convention sera signée avec tel ou tel, des goodies seront vendus, etc.).

    Soutenez Framasoft, parce que le Libre n’est pas qu’une question de logiciel

    Une association qui ne veut pas s’embêter à rechercher des fonds ou qui ne vise pas à passer le cap du premier permanent n’a pas du tout ce souci et peut être très indolente si elle veut.

    Dès qu’il y a un besoin récurrent de payer des salariés, de payer à date les charges de l’employeur — qu’il faut prévoir à trois mois s’il faut gérer un préavis de licenciement économique ou pas, etc., cela devient plus compliqué (comme pour n’importe quel chef d’entreprise). Une association militante qui ne prendrait pas de risque financier du tout, ce n’est pas envisageable à mon avis. Toute la question étant de savoir combien elle réussit à faire rentrer d’argent au moment où c’est nécessaire, si elle peut continuer à embaucher pour grossir, faire plus d’actions ou faire mieux, si elle doit licencier, ou bien si elle doit stagner ou continuer ainsi dans l’immédiat.

    Donc, oui, on a toujours l’impression que les associations ayant des permanents recherchent de l’argent (et décembre est particulier, car c’est la fin de l’exercice fiscal et traditionnellement la période des dons défiscalisés, notamment côté humanitaire associé aux bons sentiments des fêtes de fin d’année). Et oui, en décembre, la Croix Rouge ou le Secours Populaire, April, RSF, LQDN, la FSF, Amnesty, Framasoft et bien d’autres font des appels à don.

    Soutenons La Quadrature du Net !

    En dehors de la simple mais cruciale question de la trésorerie (pérennité / continuité), il y a bien évidemment aussi les projets et actions futures à financer. Citons par exemple la justification de Framasoft (une dizaine de permanent·e·s) en six points :

    1. parce que l’enfermement, c’est maintenant ;
    2. pour plus d’alternatives libres ;
    3. parce que les gentils, c’est nous !
    4. pour décider où vont vos impôts (avec défiscalisation) ;
    5. parce que l’économie du don rend indépendant ;
    6. pour changer le monde ensemble.

    Quelques chiffres : « Chacun s’accorde pour estimer que près de 90% des associations fonctionnent exclusivement grâce à leurs bénévoles. Vitale dans ces associations, cette ressource humaine reste essentielle dans les 10 à 12% d’associations employant des
    salariés
     »
    « en 2022, l’emploi privé non lucratif au sein des associations et des fondations représente plus de 155 000 employeurs, plus de 2 millions de salariés, soit 9,5% du total des salariés du secteur privé, et une masse salariale de plus de 54,4 milliards d’euros (près de 7% de la masse salariale du secteur privé) » (Recherche et Solidarités)

    Petit rappel sur les impôts en France (tiré de l’épisode 10)

    • l’article 200 du Code général des impôts prévoit pour un particulier une déduction fiscale de 66 % (réduction d’impôt sur le revenu dans la limite de 20 % du revenu imposable, reportable sur cinq ans en cas de dépassement de ce plafond) des dons vers les associations d’intérêt général ou reconnues d’utilité publique ; ce pourcentage monte même à 75 % pour les organismes d’aide aux personnes en difficulté (dans la limite de 521 €, au‐delà, on retombe sur les 66 %) ;
    • l’article 238 bis du CGI prévoit une déduction fiscale de 60 % des dons pour une entreprise (réduction d’impôt sur le revenu ou d’impôt sur les sociétés dans la limite de 5 ‰ du chiffre d’affaires hors taxes, reportable sur cinq ans en cas de dépassement de ce plafond) vers les associations d’intérêt général ou reconnues d’utilité publique ;
    • fiche pratique ServicePublic.fr : « À noter : l’organisme peut être en France ou dans un État membre de l’Union européenne : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lituanie, Lettonie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède, en Islande, en Norvège ou au Liechtenstein. S’il n’est pas agréé, vous devez justifier qu’il a un objectif et des caractéristiques similaires aux organismes situés en France et pouvant bénéficier du dispositif. »
    • loi n° 2021-1109 du 24 août 2021 : « Art. 222 bis.-A l’exception de ceux mentionnés au 3 de l’article 200, les organismes qui délivrent des reçus, des attestations ou tous autres documents par lesquels ils indiquent à un contribuable qu’il est en droit de bénéficier des réductions d’impôt prévues aux articles 200,238 bis et 978 sont tenus de déclarer chaque année à l’administration fiscale, dans les délais prévus à l’article 223, le montant global des dons et versements mentionnés sur ces documents et perçus au cours de l’année civile précédente ou au cours du dernier exercice clos s’il ne coïncide pas avec l’année civile ainsi que le nombre de documents délivrés au cours de cette période ou de cet exercice. »

    Exemple pour un particulier : je suis imposable et donne 99 € à l’association XYZ bénéficiant de la déductibilité des dons à hauteur de 66 %. Mon don me coûte en fait (au final) 33 €, j’ai temporairement avancé 66 € qui seront ensuite déduits de mon imposition fiscale (dit autrement, j’ai choisi l’attribution de 66 € du budget de l’État).

    Soutenir Framasoft

    Autres infos :

    Les dons en France (tiré de l’épisode 11 mais mis à jour)

    « +1% de dons en 2022 : progression qui ne compense pas l’effet de l’inflation (…) En faisant l’analyse de l’évolution des dons en euro constant, la générosité baisse de 3,9% en 2022 par rapport à 2021.
    En 2022, 41 % des dons en valeur sont réalisés sur les 3 derniers mois de l’année (-1 point par rapport à 2021). »

    (Baromètre de la générosité 2022)

    « l’augmentation des investissements est aussi due à des coûts d’acquisition en hausse (+ 28%) en raison d’une concurrence accrue pour atteindre 33 € de coût d’acquisition moyen par donateur sur les campagnes de fin d’année (CFA) 2022 du panel de l’étude mais pour un don moyen de 172 € (+ 10%). »
    (Baromètre Orixa Fundraising 2023)

    « L’étude de Recherches & Solidarités montre une progression de 6,3% du montant total des dons déclarés au titre de l’IR en 2022 par rapport à 2021.
    L’étude de Recherches & Solidarités montre une progression de 3,9% du nombre de foyers fiscaux donateurs en 2022 par rapport à 2021. »
    (Étude 2023 sur les dons déclarés 2022 – Recherches & Solidarités)

    « en 2022 : en moyenne, les donateurs de 35-54 ans correspondent à une pénétration de 5,5% des Français de cette tranche d’âge. Soit le plus faible taux comparé aux autres tranches d’âge. » (Étude sur le don des 35-54 ans – France)

    Admincal indique que « seulement 4,61 % des entreprises assujettis à l’Impôt sur les Sociétés (IS) déduisent des dons du mécénat ».

    Selon Infodon.fr (via une enquête Ifop pour France générosités, réalisée sur un échantillon représentatif de la population française (4031 personnes) – Mai 2023)
    « _69% des Français déclarent soutenir financièrement assos et fondations
    , « 46 % donnent au moins une fois par an ». À comparer avec les chiffres donnés en 2022 (72% 48%), 2021 (58%, 45%) et 2020 (52%, 40%).

    Petit rappel sur les impôts d’autres pays (tiré de l’épisode 10 mais mis à jour)

    Forcément, je connais mieux le sujet pour la France, mais voici néanmoins quelques infos glanées pour d’autres pays (et je ne doute pas que les visiteurs compléteront dans les commentaires) :

    Exemple de dons (source)

    Ou un autre exemple via Mon super abonnement Internet à 30,99€/mois.

    Exemple de dons financiers et parfois de temps

    « Sacrifier une partie de son revenu pour faire un don à une association, c’est une affaire sérieuse. » (patrick_g)
    Liste non exhaustive de dons financiers ou de temps à des associations du Libre ou pour libérer quelque chose :

    Pour les exemples plus ou moins exhaustifs sur les 11 premières années de cette série de dépêches, voir la section de l'année passée

    Exemple de dons de matériel ou ressources

    Pour les exemples plus ou moins exhaustifs sur les 11 premières années de cette série de dépêches, voir la section de l'année passée.

    Johann « nojhan » — CC-BY-SA-fr, LAL, GFDL

    Diffusion des idées et questionnements autour du don

    Pour les exemples plus ou moins exhaustifs sur les 11 premières années de cette série de dépêches, voir la section de l'année passée.

    Lettre au Père Noël — Clément Clem Quaquin — Licence Art libre

    Don à une entreprise ? (tiré de l’épisode 11 mais mis à jour)

    Une question un peu annexe ici vu le titre « dons aux associations » mais qui a déjà été posée ici ou sur LinuxFr.org : peut‐on faire un don (sans contrepartie) à une entreprise ? Pour prendre quelques sites que j’aime bien : Next.ink anciennement Next INpact (SARL de presse) a opté pour un mélange de comptes premium (avec contrepartie, donc), publicités et dons. Voir les appels à dons 2023 pour le Fonds pour une presse libre ou Next.ink par exemple). Tandis que Reflets.info (SAS) accepte les dons.

    Lors d’une recherche rapide précédente, j’avais vu évoquer l’utilisation du compte 7713 « libéralités perçues » du plan comptable, d’un justificatif clair pour la comptabilité (un expert comptable et/ou un notaire sont évoqués), d’une exonération de TVA si aucune vente de bien ou de service n’est associée. Bref, la question des taxes et impôts à payer pour le donateur (60 % entre non‐parents ?) et l’entreprise n’est pas forcément claire. Cela reste assez flou et hypothétique, et ça mériterait une question aux impôts.

    « Oups, j’ai procrastiné sur mes dons » généré avec https://framalab.org/gknd-creator/.

    Logiciels libres pour gérer les dons (tiré de l’épisode 11 mais mis à jour)

    La question avait été posée lors de l’épisode 3 de cette série de dépêches : quel(s) logiciel(s) libre(s) utiliser pour faire les dons ? Ou pour les gérer ? En général, pour les faire, un navigateur fait l’affaire : paiement en ligne, réception de l’éventuel reçu fiscal, réception d’un éventuel message de remerciement.

    Pour les reçus fiscaux, il convient de les conserver avec les documents des impôts pendant le temps nécessaire (suivant la législation locale).

    Pour les dons via des intermédiaires, par exemple Liberapay ou HelloAsso, il faut conserver soigneusement les identifiants du compte créé pour l’année suivante.

    Si vous avez opté pour l’adhésion à une structure plutôt que le don, vous allez recevoir des identifiants aussi et probablement une lettre interne ou des choses du genre, ainsi que certainement une convocation à une assemblée générale annuelle.

    Et si vous avez opté pour versement régulier (virement ou prélèvement), ça ne change pas fondamentalement les choses ; éventuellement, l’organisme qui prélève vous prévient un peu avant chaque prélèvement par courriel.

    Il existe aussi dans le Libre des logiciels ou des événements spécialement prévus pour les dons :

    À ma connaissance, le site HelloAsso, structure ayant obtenu son agrément « Entreprise solidaire d’utilité sociale », évoqué dans un commentaire de 2015, n’utilise pas une plate‑forme libre, contrairement à Liberapay.

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    Des nouvelles de Fortran n°5 - Décembre 2023

    Fortran joue aux échecs avec la Mort depuis des décennies (j’aurais aussi pu me référer au film Le Viager avec Michel Serrault :-)). Ces trois dernières années, il a été présent 23 mois dans le Top 20 de l’indice TIOBE, atteignant même la 11e place en juillet et septembre 2023. Simple bruit dans un classement controversé ou regain d’activité d’une communauté habituellement trop discrète, à vous de juger. Voyons ce qu’il s’est passé dans le monde du Fortran depuis notre dépêche n°4 d’octobre 2022.

    Sommaire

    Fortran 2023

    La norme ISO/IEC 1539-1:2023 a été publiée le 17 novembre. Le document de John Reid The new features of Fortran 2023 résume ses apports. La version officielle de cette norme ISO est payante, mais le comité de normalisation met toujours à disposition le PDF de son « document d’interprétation », très proche de la version finale de la norme. Reste bien sûr à attendre que les compilateurs intègrent progressivement ces nouveautés. Le compilateur Intel inclut entre autres déjà le mécanisme de réduction ajouté aux boucles parallélisables do concurrent ainsi que les fonctions trigonométriques fonctionnant en degrés.

    La 6e édition du Metcalf, prévue pour le 7 décembre, comporte deux nouveaux chapitres sur cette norme (et une couverture orange) :

    Le 3 décembre, jour dionysiaque

    Cette quatrième norme du XXIe siècle est sortie à peu de choses près 70 ans après que John Backus (1924-2007) ait proposé à son supérieur de créer un langage de calcul simple et rapide avec son compilateur optimiseur, pour s’affranchir du langage machine. La date exacte est inconnue, lui-même ne s’en souvenait pas, mais son anniversaire étant le 3 décembre, célébrons à la fois les 99 ans du père du langage et les 70 ans du lancement du projet FORTRAN !

    Ce facteur économique a été l’une des principales motivations qui m’ont amené à proposer le projet Fortran dans une lettre adressée à mon supérieur, Cuthbert Hurd, à la fin de 1953 (la date exacte n’est pas connue, mais d’autres faits suggèrent que décembre 1953 est une date probable). Je pense que la nécessité économique d’un système comme Fortran est l’une des raisons pour lesquelles IBM et mes supérieurs successifs, Hurd, Charles DeCarlo et John McPherson, ont répondu à nos besoins en constante augmentation au cours des cinq années suivantes sans jamais nous demander de projeter ou de justifier ces besoins dans un budget formel.
    (Traduction DeepL pour l’essentiel)

    Backus, J. « The history of Fortran I, II, and III ». IEEE Annals of the History of Computing 20, nᵒ 4 (décembre 1998): 68‑78. https://doi.org/10.1109/85.728232.

    Sur le front des compilateurs

    Avis de décès

    Deux compilateurs Fortran ont disparu : le Absoft en septembre 2022, puis le Lahey en décembre. Inutile de chercher le site web de ces entreprises quadra ou quinquagénaires, tout a disparu. À ma connaissance, les codes source de ces compilateurs propriétaires n’ont pas été libérés… Ces disparitions pourraient être une conséquence de la mise à disposition gratuite des compilateurs Intel depuis décembre 2020.

    Parmi les compilateurs opérationnels

    En décembre 2022, après cinq ans d’efforts, le compilateur Intel ifx basé sur LLVM a atteint la parité avec son prédécesseur ifort, en implémentant intégralement la norme Fortran 2018. La version actuelle est la 2024.0. Intel a annoncé qu’ifort ne sera en conséquence plus maintenu à partir d’octobre 2024, y compris pour les macOS>13. Pas de chance pour les fans du mac, Intel ne prévoit pas de leur fournir ifx… À noter également qu’ifx ne gérera pas les architectures 32 bits.

    GFortran, compilateur Fortran de la GCC, en est à la version 13.2. La page GFortran du Fortran Wiki a été entièrement mise à jour. Elle présente en particulier des informations pour les personnes qui voudraient contribuer au développement du compilateur.

    En gestation

    Il faut compter au minimum cinq ans de travail pour écrire un nouveau compilateur Fortran (la dernière norme fait 674 pages). Le développement du nouveau Flang pour LLVM, soutenu en particulier par NVIDIA, continue. Le rapport de liaison présenté au J3 en octobre indique qu’il peut « compiler et exécuter correctement des programmes Fortran 77 (passe la suite de tests FCVS), la quasi-totalité des programmes Fortran 95 et de nombreux programmes qui utilisent les fonctionnalités modernes de Fortran 2003+. »

    Quant au compilateur LFortran, Il a été décidé qu’il passerait en version bêta quand il serait capable de compiler dix bibliothèques Fortran matures. Il en est pour l’instant à 4/10 : il peut compiler par exemple MINPACK, une bibliothèque permettant de résoudre des équations non linéaires et des problèmes de moindres carrés non linéaires.

    Communauté Fortran-lang

    La communauté Fortran-lang poursuit sa croissance avec plus de 1300 utilisateurs inscrits sur son Fortran Discourse depuis le 5 mai 2020. La dépêche d’octobre 2022 parlait de « plus de 850 utilisateurs inscrits ». Vous en croiserez sûrement un certain nombre à l'Advent of Code 2023, du 1er au 25 décembre !

    Médias

    Un article en français qui résume l’histoire du langage, les apports des normes successives, les projets de la communauté, vient d’être publié dans le Bulletin 1024 de la Société Informatique de France :

    • Vincent Magnin, José Alves, Antoine Arnoud, Arjen Markus, Michele Esposito Marzino, « Fortran… et puis quoi encore ? », Bulletin 1024, n°22, p. 143–161, novembre 2023, DOI:10.48556/SIF.1024.22.143, licence CC BY-NC-ND 4.0.

    Il est en cours de traduction dans la langue de Shakespeare (ou plutôt Backus).

    Le podcast Code for Thought du 5 septembre 2023 est intitulé « Hello Fortran! » Quatre développeurs sont interrogés pendant les 40 minutes de l’émission : Thomas Clune (NASA, US), Wim Vanderbauwhede (Uni. Glasgow, UK), Milan Curcic (Uni. of Miami, US) et Ondrej Certik (GSI Technologies, US). Les deux derniers sont les fondateurs de Fortran-lang.

    Financement

    Fin 2022, l’organisme allemand Sovereign Tech Fund du ministère fédéral de l’économie et du climat a accordé l’équivalent de trois temps pleins pour travailler six mois sur le projet d’un dépôt centralisé pour le gestionnaire de paquets fpm, ainsi que sur le compilateur LFortran.

    La candidature de Fortran à l’organisation américaine à but non lucratif NumFOCUS a été acceptée. NumFOCUS est une organisation caritative publique 501(c)(3) aux États-Unis qui promeut les pratiques ouvertes dans la recherche, les données et le calcul scientifique en sponsorisant les projets open source et en organisant des programmes éducatifs.

    Enfin, trois étudiants ont participé au Google Summer of Code 2023 :

    • amélioration de LFortran pour aller vers une compilation de SciPy,
    • optimisation dans le projet neural-fortran, un cadriciel de deep learning,
    • développement de http-client, une bibliothèque fpm permettant d’effectuer des requêtes HTTP avec une API conviviale. Elle dépend des bibliothèques stdlib et fortran-curl.

    Projets

    Le tutoriel Python Fortran Rosetta Stone publié par Ondřej Čertík en 2012 sur le site https://www.fortran90.org/ a été importé et révisé sur Fortran-lang : https://fortran-lang.org/fr/learn/rosetta_stone/
    Comme son nom l’indique, il donne les correspondances entre syntaxes Python et Fortran, en particulier pour le calcul scientifique.

    Le gestionnaire de paquets Fortran et système de construction fpm est disponible en version 0.9 depuis juin 2023. Il est même désormais disponible sur PyPi. Il peut être également utilisé pour compiler des projets C et C++. Il peut gérer des dépôts de paquets locaux ou distants, l’objectif étant à terme de créer un dépôt officiel. Enfin, l'intégration avec OpenMP permet non seulement de compiler de façon parallèle un projet mais également de gérer des projets utilisant OpenMP.

    La bibliothèque standard stdlib est sortie en version 0.3 au mois d’août et peut désormais être utilisée comme une dépendance fpm.

    Autres projets

    FortLS, une implémentation du Language Server Protocol (LSP) pour Fortran, est disponible en version v3.0.0rc1. Parmi les éditeurs de code pris en charge, on peut citer Visual Studio Code, Atom, Sublime Text, (Neo)Vim, et Emacs.

    La communauté Fortran explore les modèles de langage, avec par exemple le projet fastGPT qui est un modèle GPT-2 : « L’utilisation d’un langage comme Fortran, orienté vers les calculs de tableaux les plus rapides possibles, permet d’écrire un code très performant, mais toujours lisible ». Il y a également un modèle de langage LLaMA2. Et le projet ForOpenAI permet d’accéder à l’API de ChatGPT.

    Le travail de modernisation des bibliothèques FORTRAN se poursuit, avec par exemple FITPACK pour l’ajustement de courbes et de surfaces, désormais traduit en Fortran moderne et disponible sous forme de paquet fpm.

    Le générateur FORD (FORtran Documentation) est disponible en version 7.0.

    La communauté fait feu de tout bois et tenir à jour la liste des codes Fortran disponibles sur GitHub est un travail de fond. Mais citons encore quelques projets récents :

    • Fortran-regex est un port de la bibliothèque tiny-regex-c pour les expressions régulières.
    • Dans le domaine du retrocomputing, fc8 est un interpréteur CHIP-8 (un langage des années 70 pour faciliter l’écriture de jeux vidéo 8 bits).
    • ForColormap est une bibliothèque pour gérer les « cartes thermiques » pour la visualisation scientifique.
    • FSparse offre une API orientée objet pour les matrices creuses.
    • rklib est une nouvelle bibliothèque Runge-Kutta pour les équations différentielles du premier ordre.
    • feq-parse permet d’évaluer une fonction mathématique stockée dans une chaîne de caractères.

    Le mot de la fin : l’antique oracle

    Dans un de ses derniers entretiens en 2006 pour le Computer History Museum (voir la vidéo), Backus répond :

    Interviewer : « Le monde est-il meilleur grâce à tous les logiciels qui ont été écrits au cours de votre vie, ou non ? »

    Backus : « Eh bien, en termes humains, probablement pas. Parce que cela nous éloigne de plus en plus des affaires humaines. Mais pour ce qui est de l’économie et du bien-être, ça a fait beaucoup de bien. C’est donc un bilan mitigé.
    […]
    Mais je ne vous envie pas, j’en ai peur. Je pense que nous devenons de plus en plus technologiques et de moins en moins orientés vers l'humain. »

    (Traduction en français basée sur DeepL)

    Ou si vous préférez l’original :

    Interviewer: “Is the world a better place because of all the software that’s been written in your lifetime, or not?”

    Backus: “Well, in human terms, probably not. Because it just takes us further and further away from human affairs. But as far as economic, and welfare, it’s done a lot of good. So it’s a mixed bag. […] But I don’t envy you, I’m afraid. I think that we’re getting more and more technological and less and less human oriented.”

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    Proxmox Backup Server 3.1 est disponible

    Proxmox Server Solutions GmbH a annoncé la version 3.1 de sa solution libre de sauvegarde des serveurs Proxmox Backup Server. C’est une solution logicielle pour la sauvegarde et la restauration de machines virtuelles, de conteneurs et d’hôtes physiques. Il prend en charge les sauvegardes incrémentielles, entièrement dédupliquées, la compression et le cryptage authentifié.

    Principales nouveautés de la version 3.1

    • Le serveur de sauvegarde Proxmox est basé sur Debian 12.2 Bookworm, mais utilise noyau Linux (6.5), et inclut ZFS 2.2.0 avec des certains correctifs apportés par la 2.2.2 avaient été rétroportés dans la 2.2.0.
    • Cette version est compatible avec le système Secure Boot. Cela permet d’installer Proxmox Backup Server dans des environnements auxquels le Secure Boot est activé.
    • Prise en charge des tâches de synchronisation locale (en anglais : local sync jobs): Une tâche de synchronisation locale permet de synchroniser les sauvegardes entre les centres de données locaux. Les tâches de synchronisation peuvent désormais extraire des contenus non seulement des instances distantes de Proxmox Backup Server, mais aussi des datastores locaux.
    • Le système de sauvegarde sur bande permet de copier facilement le contenu du datastore sur des bandes. Cette version améliore la compatibilité avec les bandes LTO 9 et avec certaines bibliothèques de bandes.

    Proxmox Backup Server s'intègre dans la plate-forme Proxmox Virtual Environment - les utilisateurs n'ont qu'à ajouter le stockage du Proxmox Backup Server en tant que nouvelle cible de sauvegarde dans Proxmox VE. Le logiciel est publié sous la licence GNU AGPLv3.

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    Fin de compilation de la liste linuxfr-news - sam., 02 d�c. 2023
    

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