Les tenanciers et les idéologues du système au sortir
de leur conclave; auquel ont été conviés les artisans et autres auteurs,
également co-auteurs, tout aussi les architectes et maîtres d’œuvres
de l’ouvrage devant parachever la citadelle du mal, version beydan de
l’apartheid; viennent de définir leurs actions à venir, après avoir
regardé à la loupe celles passées. La technologie étant l’étude de toute
technique visant à la base tout sauf l’humain; eh bien pour que
l’homme nègre soit l’objet de cette toute nouvelle discipline des
sciences d’extermination humaine; celle-ci allait être associée à une
idéologie. Ainsi donc devait naître tout une panoplie de terminologies du genre
amnistie, oubli, et passif humanitaire, grappe de mots dont même les équivoques
sont d’avance peaufinées et policées pour que le profit soit grand ;
tellement grand qu’il porte ombrage à nos maux. Ces maux
infligés depuis pratiquement toujours au point que certains parmi nous au nom
d’un droit divin, certainement pas preneur de nos valeurs négroïdes
croient que les maîtres aussi longtemps n’auront pas octroyé la qualité
de victimes ; eh bien nous n’avons le droit de crier nos souffrances et
dire nos maux, en somme de nous assumer en humains adultes et responsables. Le
danger de l’esclavage est que la mémoire est aussi bien altérée qu’
aliénée et les victimes à s’y méprendre passent pour n’être
qu’un ensemble de conséquences doué d’instincts à défaut de
n’être que des automates agissant au gré des seigneurs enturbannés.
Un nombre important des nôtres s’est inscrit sur ce cynique registre,
amnésiques qu’ils sont ; ils en oublient les premières victimes, que sont
leurs géniteurs, nos géniteurs arrachés, prélevés et traités comme du bétail.
Nos géniteurs sous terre doivent se retourner en réalisant ne pouvoir se
reconnaître dans nos gênes ; se reconnaître en nous. Est il nécessaire de
s’ingénier pour se sortir de cet enfer?
Sans doute pas ! Il nous suffit tout simplement de singer les jouisseurs
heureux d’une vie digne d’un homme, nos contemporains qui vivent
dans ce même monde et sur la même planète que nous. Et seulement après quoi
nous nous ingénierons à conserver la reconnaissance des nôtres et le respect de
nos semblables. Force est de reconnaître que nous en sommes loin.
L’espoir est tout de même permis.
Des personnages, par tactique, modestes et effacés ont été incarnés et ont
joué leur partition. Pour ne pas se compromettre, on use plus des défauts et
méthodes n’étant plus admis aux normes actuelles du monde trop regardant
sur les formes et gestions d’accession à la suprématie. En conformité les
beydans viennent de rassembler, fondre et uniformiser à travers une simple
formalité électoraliste ; de passer à la phase supérieure. Qu’en est-il
d’une élection qui exclut de la représentation le grand nombre, sinon la
quasi-totalité de la population ?
Le corporatisme et la collaboration d’une certaine classe au sein des
structures aux allures démocratiques ne doivent en aucun cas nous détourner de
l’essentiel, l’idéal qui se résume en une adhésion au
rassemblement, vecteur d’un état responsable ; à l’opposé
d’un état raciste, pur de tout germe de décadence et expurgé de toute
impureté qui pourrait compromettre l’intégrité de l’homme et de
l’état beydan. La politique raciale est bien au cœur du système, les
autres aspects et rigueurs coercitives, qu’il convient d’appeler
génocide et non passif humanitaire, ne sont en réalité que des moyens au
service d’une tangible fin.
Maïkor Niokor DIOUF
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