Superficie : 1 025 520 km2.
Population : 3 069 000.
Langues : arabe, français.
Chef de l'Etat : Ely Ould Mohamed Vall.

Mauritanie - Rapport annuel 2007

*En deux ans, la liberté de la presse a connu des avancées spectaculaires
dans l'ancien "domaine privé" du président déchu Maaouiya Ould Taya,
aujourd'hui en exil. Après son départ forcé, en août 2005, une junte
militaire a engagé un processus de transition démocratique, qui doit
culminer en mars 2007 avec une élection présidentielle. Parmi les promesses
tenues jusque-là par les nouveaux maîtres du pays : l'abolition de la
censure.*

S'il fallait une preuve que la pression internationale finit par donner des
résultats positifs sur les libertés civiles et politiques, le cas de la
Mauritanie fournirait un exemple instructif. Après la "révolution de palais"
d'août 2005, la junte militaire qui a détrôné le président Maaouiya Ould
Taya a promis de rétablir la démocratie et, notamment, la liberté de la
presse. Fin 2006, cette promesse était tenue.

Une nouvelle loi, dépénalisant les délits de presse et instituant des
mécanismes de régulation démocratique, a été élaborée par une commission
spécialisée composée de journalistes indépendants de Nouakchott, de juristes
et de hauts fonctionnaires, en collaboration avec Reporters sans frontières.
Achevée en mars, légèrement amendée par la profession après sa présentation
au public, la nouvelle législation a été promulguée début octobre par le
Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD). Par la
négociation et avec l'appui vigilant de la communauté internationale, la
censure a donc été abolie. Une Haute Autorité de la presse et de
l'audiovisuel (HAPA) a été chargée de réguler le secteur. Et les
journalistes mauritaniens peuvent enfin respirer, après une vingtaine
d'années d'oppression, de surveillance permanente et d'autoritarisme
policier.

Certes, le paysage audiovisuel est toujours entre les mains de l'Etat et les
promesses de libéralisation du CMJD tardent à se concrétiser. Mais les
principaux médias publics ont été confiés à des journalistes responsables,
qui ont ouvert leurs antennes et leurs colonnes à l'ensemble des
sensibilités politiques du pays. Ainsi, le referendum constitutionnel de
juin et les élections municipales et législatives de novembre se sont
déroulés dans de bonnes conditions, garantissant la diversité de la parole
publique et l'accès du plus grand nombre à l'ensemble des discours. Comme
l'élection présidentielle prévue en mars 2007, ces scrutins avaient donné
lieu à des concertations préalables entre le gouvernement et les mouvements
politiques, de manière à contenter tout le monde, y compris les mouvements
les plus radicaux. De plus, la diffusion dans la capitale de la station
publique française Radio France Internationale (RFI), suspendue en novembre
2000 par l'ancien régime, a été rétablie et des négociations ont été
engagées avec la direction de la chaîne pour l'étendre à Nouadhibou (Ouest).

*De nouveaux objectifs*

De nombreux défis attendent toutefois les journalistes mauritaniens,
notamment pour s'affranchir des pressions claniques ou tribales. Ainsi,
Khalil Ould Jdoud, rédacteur en chef du quotidien arabophone Al Akhbar, a
été agressé le 15 février 2006 à Nouakchott. Une dizaine d'hommes armés, aux
ordres de l'ancien colonel Mohamed Mahmoud Ould Deh, l'un des hommes
influents de l'ancien régime reconverti dans les affaires, ont fait
irruption dans les locaux de son journal à sa recherche. Le même jour, la
voiture dans laquelle circulait le journaliste a été percutée par un
véhicule tout-terrain, dans le centre de la capitale. Après être parvenu à
prendre la fuite sans avoir été blessé, il a porté plainte et est
immédiatement entré en clandestinité, craignant pour sa sécurité.
L'intervention du gouvernement a permis de punir les coupables, mais le
journaliste a choisi de retirer sa plainte, pour des raisons demeurées
obscures.

Par ailleurs, le phénomène de la presse "peshmerga" - ces publications
irrégulières, au professionnalisme douteux, et favorisées sous l'ancien
régime pour disqualifier la presse indépendante - continue de poser
problème. Chasseurs de "petits cadeaux" et avides de rendre service aux plus
offrants, les responsables de ces journaux continuent d'être invités aux
conférences de presse et aux événements officiels, provoquant la colère des
journalistes attachés au respect des règles déontologiques de leur métier.

Mais l'expérience de quinze ans de censure a imprégné ces derniers d'un
optimisme leur permettant de faire face. "Nous avons déjà affronté des
autorités politiques disposant de tous les pouvoirs. Je ne vois pas pourquoi
on se dégonflerait devant d'autres. La seule menace qui pèse désormais sur
la presse ne peut venir que d'elle-même. Elle doit s'organiser, se
professionnaliser, s'unir, faire preuve de solidarité pour affronter ses
nouveaux prédateurs", a ainsi déclaré à Reporters sans frontières Ahmed Ould
Cheikh, directeur de publication du Calame, l'un des journaux les plus
censurés avant 2005.

--
http://www.rsf.org/article.php3?id_article=20630







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