Escorté par plus de cent voitures Tout Terrain, Ahmed Ould Daddah, fit une entrée triomphante, vendredi après-midi, dans la capitale du Hodh Echarghi. Néma, la vieille ville et ses quartiers bambaras, ses ruelles sinueuses et ses montagnes couleur granit qui veillent comme une sentinelle sur sa pérennité, est restée malgré les ans, une cité rustique, pauvre et misérable. Le train du développement qui a aspergé Nouakchott et Nouadhibou, semble l'avoir oublié. Abandonné par ses fils, qui ont pourtant tout occupé au sein de la République, Néma et Guelb N'Gadi restent solidaires dans le désespoir.
C'est le siège central du RFD à Néma qui abritera l'ouverture officielle de la campagne présidentielle pour le candidat Ahmed Ould Daddah. Les deux cours de l'énorme bâtisse étaient archi-comble, ce samedi 24 février. Devant la porte, les voitures et les curieux se disputaient la préséance des lieux, à force d'affluence et de cacophonie. Ouverture Quelques minutes avant minuit, Ahmed Ould Daddah pénétra dans l'enceinte, accompagné de plusieurs hauts responsables, tels Baba Ould Sidi Abdallah (ex-commissaire de l'OMVS), Hamoud Ould Ely (ancien commissaire Sécurité Alimentaire) Plusieurs orateurs prendront la parole. Parlant au nom des femmes, la militante du parti au niveau local, Néné Guèye, a évoqué le long combat politique de Ould Daddah et ses qualités d'homme d'Etat. Elle sera relayée par l'ancien ministre et directeur adjoint de campagne de Ould Daddah, Cheikh Ahmed Ould Zahav. Après avoir salué la présence des notables et cadres de la Wilaya, il a apporté un démenti formel aux propos qui avaient été attribués à son candidat. «En véhiculant de tels ragots, ceux qui sont passés maîtres dans l'art de la manipulation et du mensonge, pensent que nous, gens du Chargh, nous sommes des idiots » entame-t-il, avant d'ajouter «ils pensent que nous ne pouvons distinguer entre celui qui veut notre bien et notre bien- être et ceux qui veulent nous maintenir dans les ghettos de la pauvreté. Ils pensent que l'on ne peut faire la différence entre un homme qui a passé 15 années de sa vie à combattre l'arbitraire, et ceux qui viennent pour perpétuer un système ». L'ancien commandant de l'armée, radié en 2004 suite à des rumeurs de coup d'Etat, Bakar Ould Sneïba, interviendra à son tour pour dire tout le bien que le peuple mauritanien pourrait attendre de Ahmed Ould Dadda, si le 11 mars, il votait pour lui. Il sera suivi du maître de la parole et du verbe, le poète Ahmedou Ould Abdel Ghader, qui tissa à l'honneur de Ahmed Ould Daddah, des rimes qui firent frémir l'assistance. D'autres apporteront leur témoignage sur les qualités du candidat, à l'image de Vatma Mint Neïni, responsable des Femmes du RFD au niveau de la Wilaya, Lebatt Ould Abdel Kader au nom des cadres, Jidou Ould Mini, Ely Ould Mohamed au nom des Jeunes, Mohamed Ould Ebnou, ancien parlementaire. Discours de Ould Daddah Sous le feu nourri des applaudissements, après une dizaine de minutes de coupure électrique, Ahmed Ould Daddah prit la parole. Après avoir salué la mobilisation des populations et notables de la Wilaya pour sa candidature, il a magnifié cette région de haute spiritualité et de brassage culturel, le Hodh des hautes valeurs islamiques et de l'Histoire nationale, chantera-t-il. Il rappellera que l'objet de ces élections à venir est le choix d'un serviteur de la République, celui d'un homme qui aura en charge la consolidation des institution, pour tâche, celui de bâtir l'homme mauritanien cultivé et armée du savoir et du savoir-faire. «Toutes ces charges, je les ai concentré en 200 actions d'actes et non de paroles » dira- t-il. Il rappellera que ce n'est nullement par ambition personnelle et amour du pouvoir qu'il brigue aujourd'hui les suffrages des Mauritaniens, mais seulement pour apporter son expertise et sa vision du développement, ainsi que sa modeste contribution à l'histoire contemporaine du pays. «L'état de délabrement socio- économique au niveau national et la dégradation des conditions de vie des populations m'interpellent », soulignera-t-il, avant d'ajouter «je veux sortir la Mauritanie de l'arriération et le hisser à la place qui lui sied dans le concert des nations modernes ». L'égalité des citoyens en droits et en devoir, loin des considérations d'ordre tribal, ethnique ou régional, la consolidation de l'unité nationale furent le point d'orgue de son intervention. «Je ne cherche pas à dépoussiérer le passé, ni à demander des comptes aux prédécesseurs dans une chasse à la sorcière contraire à ma conviction politique », clamera-t-il. Plus loin, Ahmed Ould Daddah argumente «nous sommes dans un monde qui se développe et qui avance rapidement. Nous avons besoin pour cela de la paix civile, de l'équité et de la lutte contre les disparités. Tel est mon programme politique et j'espère qu'il va vous convaincre» lancera-t-il au milieu de la ferveur populaire. Transporté par une vague d'applaudissements sonores et de youyous stridents, il lance, grisé : «je suis sûr que le temps du changement est venu, et que la crainte d'un retour aux pratiques antérieures est désormais impossible ». Sur ce, il annonça solennellement l'ouverture de sa campagne électorale pour les présidentielles, à l'intention de ses états-majors éparpillés sur l'ensemble du territoire national. Avant de clore son intervention, Ahmed Ould Daddah a fait ressortir l'importance des Hodhs dans le développement de la Mauritanie, regrettant que les nombreuses potentialités de ces régions n'aient jamais été exploitées, telles la possibilité de créer à partir de ses richesses agro-pastorales des industries exportatrice de viande, de lait, de peaux en cuir, d'installer des filières pour la production agricole. Sur l'armée et les forces de sécurité, Ould Daddah promet une politique de défense qui prendrait en compte les besoins de formation, de la qualité de l'armement et des conditions de vie des soldats. Cheikh Aïdara
_______________________________________________ M-net mailing list [email protected] http://mauritanie-net.com/mailman/listinfo/m-net_mauritanie-net.com
