Ceux qui croyaient que monsieur Saleh OULD HANENNA avait entrepris sa lutte meurtrière - entreprise qui a renforcé les pouvoirs et la légitimité interne et externe de OULD TAYA - pour conquérir la présidence afin d'instaurer un régime démocratique civil en sont aujourd'hui pour leur frais.
Ceux qui pensaient que la milice des cavaliers du changement ou les mutins du 08 juin avaient un projet politique pour diriger la Mauritanie, autre que celui d'éliminer l'ancien président, peuvent méditer la candidature des deux anciens chefs de cette milice, meneurs de ces mutins. Ceux qui juraient - j'en faisais partie - que les leaders du courant islamiste, arrêtés en 2004 et 2005, ne pourraient avoir de lien avec les cavaliers du changement ; sont aujourd'hui plongés dans la perplexité après le soutien de ces leaders au fondateur de cette milice dans sa course à la présidence. Les réformateurs centristes n'ont eu de cesse, à l'instar des autres composantes du CFCD, de demander le départ définitif du CMJD et la sortie de l'armée de la compétition politique. Cette exigence devrait être la même pour tous les militaires et particulièrement les putschistes encore fraîchement défaits. Serait-il cohérent d'autoriser aux mutins du 08 juin 2003 ce que l'on interdit aux membres du CMJD du 05 août 2005 ? Est ce la prime de l'échec ou la sanction de la réussite ? Les vies et biens détruits dans un cas et préservés intacts dans l'autre ? L'introduction de l'anarchie dans l'armée qui devrait désobéir à ses chefs et suivre des officiers moyennement gradés, voire des officiers radiés du corps? Le courant islamiste mauritanien a toujours dit son opposition à l'action armée pour régler les conflits internes ou pour défaire les dictatures installées dans les pays musulmans. Le discours fleuve légitimant les coups d'état comme « moyens ultimes pour mettre fin à la dictature » - selon l'expression des orateurs du meeting de OUAD NAGA du 18/02/2007 - occultant les morts et blessés, passant sous silence la constitution de milice équipée par les très démocratiques régimes libyen et burkinabé, rapprochent nos médians des pratiques « djihadistes » qui condamnent la violence et en usent sous prétexte qu'elle est l'unique moyen pour finir avec la dictature et l'injustice. Cette tendance à militariser la politique était perceptible dans les sous entendus du soutien de HAIDALLA en 2003 pour « sa capacité à assurer la neutralité de l'armée ». Si l'injustice de OULD TAYA et sa supposée dictature justifieraient d'y sacrifier la paix civile, qu'est ce qui nous garantira que l'opposition à un futur régime restera pacifique? Face à la pléthore des candidats nous devons rappeler que la présidence exige de la vision, de l'expériences, une accumulation des compétences par l'administration, avec au moins une réussite, des hommes et des organisations, et une sagesse suffisante pour prévoir et maîtriser les risques. Le respect des engagements crédibilise les hommes et les groupes politiques. Monsieur Saleh OULD HANENNA envisageait ses coups de forces pour « remettre le pouvoir aux civils », les réformateurs centristes interdisaient le recours à la violence armée pour mettre fin à une dictature. Si on a pas tenu sa parole en dehors du pouvoir, comment pourrait on convaincre que l'on va la respecter une fois installé dans le fauteuil attractif ? _______________________________________________ M-net mailing list [email protected] http://mauritanie-net.com/mailman/listinfo/m-net_mauritanie-net.com
