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Une pensée pour nos frères déportés
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Cent jours d’esquisse de gouvernement, et c’est déjà l’heure du compte à 
rebours. Le premier ministre est sommé de répondre de son bilan sans détour. 
Pour le peshmerga embarqué, c’est l’ouverture de la chasse à courre. Le grand 
retour. Et les vautours de se défouler à leur tour. Tout un mercenariat 
éditorial au long cours: toujours contre et jamais pour. Sans scrupules ni 
déontologie, la volonté de nuisance lui tient lieu de discours.

Dealers de calembours 
A subir cette presse de caniveau, le président doit opérer une urgente mise à 
jour. Car son premier ministre se serait subitement vidé de ses atouts et 
atours. Il est devenu « guignard » pour les dealers de calembours. Comme dans 
l’histoire éternelle du maître qui veut noyer son chien ou la parabole de 
l’hyène bredouille qui beurre l’œil de maman en guise de plat du jour. On 
apprend vite et partout que ces cent jours de soif qui décime la capitale et 
ses alentours, c’est le premier ministre qui en a ourdi les contours. De même 
pour les longues nuits sans jour, c’est encore lui qui abuse de ses mauvais 
tours. Pour s’en convaincre, les plus superstitieux y vont de leurs flash-back  
sur son sinueux parcours. Certains n’hésitent pas à lui imputer la 
responsabilité des tragiques événements dont il fut une victime sans véritable 
secours (1989 au Sénégal). Pour les dévots de la gabegie, l’ancien dictateur 
fut déchu pour avoir eu le malheur de solliciter son concours. 
Que penser d’un tel acharnement sinon qu’il déploie une artillerie éditoriale à 
laquelle la dictature et l’anarchie doivent leurs plus beaux jours. Qu’il 
risque de compromettre la réconciliation nationale en cours. Si l’on ne désarme 
pas les cercles ordonnateurs de cette inculte basse cour. Cette mafia au passif 
lourd. Ces forces de haine et de discorde qui rêvent de transformer le pays en 
inextinguible Darfour. 
Peut-on croire que ce n’est pas de la présidence que viendraient les premiers 
secours. En choisissant d’encourager les «excès de liberté», le chef de l’état 
ne prend pas la mesure de l’acharnement sans précédent que subit son chef de 
gouvernement. Si la liberté d’expression peut exacerber le manque d’eau et 
d’électricité, l’excès de liberté peut être si nocif et débordant qu’il n’en 
épargne même plus…le président. Voilà pour dire que l’avenir de la presse n’est 
ni dans l’excuse officielle de ses débordements ni dans la promotion de faux 
griots sans art ni talent.

Excès de liberté
Pourtant cette suite de fumeuses coïncidences doit alarmer tout esprit rassuré 
et/ou rassurant. A peine investie, cette jeune équipe n’a-t-elle pas du 
affronter un redoutable trafic de stupéfiants ? Une circonstance aggravée en 
l’occurrence par le prestige des pointures sociopolitiques et systémiques de 
ses présumés dirigeants. Parallèlement, les recrues gouvernementales ne peuvent 
cesser de guerroyer contre la hausse des prix et les pénuries de tous les 
instants.  Sans le moindre répit dans la fronde des « partisans » du président. 
Avec le cortège de rumeurs et conjectures à tout bout de champ que leur 
recyclage démocratique implique et sous-entend. En tirs groupés, ils font 
porter au seul premier ministre le poids de leur mécontentement et la charge de 
tous les  dysfonctionnements. La gloire et le prestige étant de tous temps 
réservés à leur sacro-saint superprésident… Le jeune premier peut bien veiller 
ses nuits et multiplier les courageuses déclarations, le grand public n’en 
saura jamais rien. Pour cause de médias déformants.
Le temps est venu de plier les résistances conspiratrices au sein même des 
autorités du changement. Les ennemis de la démocratie semblent s’être ligués 
contre un cadre promu et socialisé en leur temps et dans « leurs rangs ». Qui 
s’est imposé à la tête de leur gouvernement. En indépendant. La république est 
réputée pour être fatale aux faibles : en se risquant au rapport de force 
démocratique, le bienheureux outsider de la présidentielle en est sorti 
gagnant. Au mieux, il peut forcer le système au partage ou au changement. Au 
pire, il s’est donné les moyens d’en précipiter l’ébranlement. En tout cas, la 
mécanique du pouvoir ne pourra plus faire sans… sinon en l’affaiblissant. Par 
le sabotage de son action et la récupération de son bilan. Histoire surtout de 
le dépouiller de ses « quinze pour cent » et brouiller un retour des déportés 
que - en tant qu’ancien réfugié et témoin des événements- il pourrait défendre 
et comprendre plus…intimement !

Cheikh Touré
http://contre-x.blogspot.com/
Article paru dans La Tribune N°360 du 31 juillet 2007



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