dimanche, août 05, 2007    Un officier qui s'insurge contre certaines pratiques 
  
      

  L’événement est assez rare pour susciter l’intérêt de l'opinion publique. Un 
officier de l'armée qui prend le risque et la peine d'écrire au chef de l'Etat 
mauritanien témoigne d'un profond malaise et d'un laisser aller au sein de 
l'armée. La corruption, les détournements de biens de l'armée depuis des années 
et qui se poursuivent actuellement sont la goutte qui a fait débordé le vase.
Des soldats affamés, mal soignés qui vivent dans des zones désertes risquent à 
tout moment de se rebeller. Alors que les officiers qui se reconnecteront, 
volent trafiquent sans être inquiétés.
C'est tout en son honneur, un officier qui s'élève pour dénoncer tout ce qui se 
trafique en bas en brisant la loi du silence. Ce blog lui est ouvert pour 
dénoncer haut et fort et mettre à jours les dossiers sensibles cachés au peuple 
mauritanien.

  Dr KLEIB 
  

  voici l'intégral de la lettre adressée par cet officier:
  
LETTRE OUVERTE A SON EXCELLENCE MONSIEUR
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE


03 août 2007 : La situation de l'armée mauritanienne
  
Notre très chère Mauritanie, comme vous le savez et vécu, a passé par plusieurs 
crises et secousses qui n’ont de communs que l’origine de leurs auteurs et « 
sauver le pays de la situation dans laquelle il est plongé » comme objectif 
déclaré.
Sans trop entrer dans les détails de ces événements je préfère, à mon tour et 
manière, attirer votre attention sur la situation dans laquelle était et est 
plongée notre armée nationale, formatrice des acteurs des ces secousses.
Monsieur le président
Notre armée vivait et continue à vivre aujourd’hui les plus mauvais moments 
jamais connus de son existence, une armée souffrante d’une fragilité ressentie 
sur le plan des juridictions, la mauvaise gestion, la détérioration de son état 
opérationnel et la division au sein de son commandement.
Monsieur le président
Etant donné que le règlement militaire est le pilier central de toute armée, 
malheureusement dans notre armée ce pilier est dans un état délabré.
En effet, les responsabilités, les devoirs et droits sont résumés en la 
personne du chef, lequel à son tour pourra se retrouver réduit au néant devant 
un autre non par le poids de la juridiction sinon par celui de la chaine 
hiérarchique, si ce n’est par une influence politique ou tribale. L’absence 
d’une entité législative tout à fait préparée académiquement, autonome dans 
l’élaboration et l’application des textes, soumet la juridiction à la merci de 
l’humeur et intérêts du chef, aux mauvaises intentions et ou incompétences du 
personnel dans ce cadre.Pour en avoir une idée sommaire sur cet état, il suffit 
de savoir que la dernière édition du RETAL (Recueil des Textes Administratifs 
et Législatifs) sur laquelle travaillent les différentes unités militaires y 
compris le 1er Bureau de l’Etat Major National date de Juillet 1991.
Monsieur de président
Cette absence d’un cadre juridictionnel bien élaboré et appliqué a crée une 
atmosphère favorable à toutes sortes d’irrégularités vue qu’elles ne se 
contredisent pas avec les intentions et intérêts du chef. C’est de là que 
plusieurs militaires tous grades confondus se sont livrés à des pratiques de 
mauvaises gestions des ressources financières et matérielles. Ces pratiques se 
manifestent essentiellement en l’achat du matériel de mauvaise qualité aux prix 
exorbitants, l’achat des équipements ne répondant pas aux besoins de l’armée ou 
inadaptés à la nature de notre terrain, la vente d’armes et des munitions 
destinées à l’instruction, la vente et gaspillage des hydrocarbures, l’absence 
de la maintenance des équipements et un parc automobile non entretenu ni suivi.
Au niveau des droits des militaires c’est le comble, les salaires de certains 
déserteurs ou de retraités continus à apparaître sur les listings pour finir 
leur parcours dans les poches des comptables si ce n’est de celles des 
commandants de formations, l’alimentation, les dépôts de vivres, les fonds 
d’intérêt commun et social (remboursement des ordonnances) des troupes 
constituent la propriété privée des chefs.
Monsieur le président
En plus des deux premiers points évoqués, s’ajoute et comme conséquence le 
mauvais état opérationnel des unités. Le manque d’entrainement de nos unités de 
combat, l’absence d’une doctrine d’emploi cohérente, la formation peu homogène 
du personnel et une composante logistique inexistante, font de notre armée une 
institution handicapée et incapable de remplir ses missions ordinaires 
définies, par la loi n° 60.189 du 25 novembre 1960 portant création des forces 
armées nationales, comme étant « assurer la défense du territoire nationale, le 
maintien de l’ordre et le respect des lois ».
A ces points s’ajoutent, le vieillissement du personnel non officier, le taux 
de désertion élevé dans les rangs des soldats et le mécontentement de plus en 
plus manifesté par les officiers.
Monsieur de président
Comme si les points précédents n’étaient pas suffisants, s’ajoute pour 
conséquence et cause en même temps la division de la chaîne de commandement 
donnant ainsi plusieurs sources de prise de décision à notre armée.
Une division qui ne date pas d’aujourd’hui, mais elle s’aggrave du jour au 
jour, elle est due essentiellement à la recherche d’intérêts particuliers des 
barrons, formant ainsi des groupuscules dont la loyauté est pour tel ou tel et 
non à la mère patrie.
Sans se retarder à chercher des exemples, il suffit de voir les derniers 
conflits entre certains colonels et l’ex chef d’Etat Major sur le mouvement 
d’officiers, conflit qui finira par le limogeage ou la démission de ce dernier.
Monsieur le président
Tous ces points réunis feront de notre armée la première et plus grande menace 
du pays au lieu d’en être la protection. Une armée ne doit qu’être 
républicaine, bien encadrée, bien entretenue, sinon elle constituera une bombe 
à retardement.
Cette lettre ne vous demandera pas de résoudre ce problème à plusieurs sources 
sinon elle attire votre attention sur votre devoir de le faire et d’exercer 
votre droit de président de la république.
Monsieur le présidentEn fin de cette lettre, il serait souhaitable de savoir 
qu’un jour l’histoire vous jugera et que sûrement dieu vous jugera sur vos 
responsabilités envers la Mauritanie.

  Le Capitaine Sid Ahmed Ould Sidha
  Direction de La Marine Nationale
  [EMAIL PROTECTED] 
  source CRIDEM
  
  

    Publié par Dr kleib ahmed salem blog: http://docteurkleib.blogspot.com/
   
  
  



       
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