Trois passagers en provenance de l'Arabie cueillis par la DES
Nouakchott Info du 10-02-2006
Nouakchott Info du 10-02-2006
Trois passagers qui étaient sur les lignes de la RAM mercredi, vers deux heures du matin, ont été cueillis sur le tarmac de l'aéroport de Nouakchott par des éléments de la Direction de la sûreté d'Etat (DES). Les trois passagers, un mauritanien du nom de Abdellahi Ould Bouna et deux étrangers, ressortissants du royaume chérifien, ont été arrêtés par la DES, sous le couvert de la lutte contre le terrorisme dans ce qui semble être une opération de pistage téléguidée depuis l'extérieur.
Aucune information n'a encore filtré sur le lieu de détention des trois passagers, aujourd'hui entre les mains de la DES. Aucun lien apparent n'existe entre les trois hommes sauf qu'ils reviennent tous les trois d'un voyage en Arabie Saoudite où les autorités de ce pays mènent une lutte acharnée contre les cellules dormantes du réseau "Al Qaeda" d'Oussama Ben Laden. Selon les rares informations que nous avons sur la personnalité de notre compatriote, Abdellahi Ould Bouna, celui-ci, poête à ses heures, n'aurait pas, à priori, de penchant pour la politique, encore moins pour le combat violent. Ceux qui le connaissent le définissent comme un homme d'affaires, investi dans le leasing, et qui réside depuis quelques années aux Emirats Arabes Unis où on ne lui connaît pas de " relents extrémistes ".
Quant aux deux ressortissants du Royaume du Maroc, pays qui fait face aussi à la résurgence de l'islamisme intégriste, leurs noms ne sont pas encore connus. Quels liens ont-ils avec Abdellahi Ould Bouna ? Sont-ils des boucs émissaires d'une campagne de lutte contre le terrorisme qui s'apparente à de l'Islamophobie, à la faveur des graves atteintes aux croyances des musulmans dans le monde par la publication de caricatures blasphématoires contre le prophète par quelques journaux occidentaux sous le prétexte fallacieux de la liberté d'_expression_?
La seule certitude dont on dispose aujourd'hui, dans cette affaire, est le fait que les services de renseignement mauritaniens ont été mis à contribution par les autorités d'un pays tiers dans l'arrestation des trois hommes. L'Arabie Saoudite ? Les Etats-Unis ? Ces derniers dont une mission de grande envergure visite actuellement notre pays seraient les plus intéressés par une éventuelle arrestation dans le cadre de leur lutte contre le terrorisme, puisque l'Arabie Saoudite aurait pu les arrêter pendant qu'ils étaient encore sur son sol. Cependant la grande interrogation réside dans la raison de ces arrestations? L'opacité avec laquelle les autorités gouvernementales de plusieurs pays, parmi lesquelles de vieilles démocraties occidentales, entourent les opérations de lutte contre ce qu'ils définissent comme des " groupes terroristes dangereux " n'est plus exempte, à la lumière des dépassements enregistrés, de critiques.
Les nouvelles autorités mauritaniennes, qui avaient essuyé la crainte d'avoir l'Administration Bush sur le dos, ont ici une occasion de faire la preuve de " leur disponibilité à coopérer profondément " comme leur prédécesseur d'ailleurs. Et pour cela, ils ont, par ailleurs, de bonnes raisons de le faire depuis l'attaque perpétrée le 4 juillet 2005 par le GPSPC contre le poste militaire de Lemgheyti, dans la région frontalière avec l'Algérie. Néanmoins, rien n'indique aujourd'hui, en l'absence de preuves irréfutables, que les trois personnes arrêtées soient des terroristes présumés. Et si c'était le cas, se posera également le problème de leur audition par les services spécialisés dans la lutte anti-terroriste américains. Vont-ils alors être extradés vers la tristement célèbre base de Guantano Bey ? La Mauritanie a-t-elle le droit de livrer des citoyens marocains à l'Administration américaine?
A moins que l'interpellation des trois hommes ne finisse comme une délation comme beaucoup de personnes en ont souffert, en violation du droit et de la dignité humaine, depuis un 11 septembre 2001.
Quelque soit la nature de ce qui est reproché aujourd'hui à ces trois hommes, l'opinion publique et leurs proches ont le droit de savoir, le lieu de leur détention, comme ils ont droit à des avocats.
Les nouvelles autorités portent encore en étendard les pratiques qu'elles ont décriées sous l'ancien régime. Font-elles aujourd'hui l'apprentissage que les principes sont une chose, et que la pratique en est une autre?
JD
Aucune information n'a encore filtré sur le lieu de détention des trois passagers, aujourd'hui entre les mains de la DES. Aucun lien apparent n'existe entre les trois hommes sauf qu'ils reviennent tous les trois d'un voyage en Arabie Saoudite où les autorités de ce pays mènent une lutte acharnée contre les cellules dormantes du réseau "Al Qaeda" d'Oussama Ben Laden. Selon les rares informations que nous avons sur la personnalité de notre compatriote, Abdellahi Ould Bouna, celui-ci, poête à ses heures, n'aurait pas, à priori, de penchant pour la politique, encore moins pour le combat violent. Ceux qui le connaissent le définissent comme un homme d'affaires, investi dans le leasing, et qui réside depuis quelques années aux Emirats Arabes Unis où on ne lui connaît pas de " relents extrémistes ".
Quant aux deux ressortissants du Royaume du Maroc, pays qui fait face aussi à la résurgence de l'islamisme intégriste, leurs noms ne sont pas encore connus. Quels liens ont-ils avec Abdellahi Ould Bouna ? Sont-ils des boucs émissaires d'une campagne de lutte contre le terrorisme qui s'apparente à de l'Islamophobie, à la faveur des graves atteintes aux croyances des musulmans dans le monde par la publication de caricatures blasphématoires contre le prophète par quelques journaux occidentaux sous le prétexte fallacieux de la liberté d'_expression_?
La seule certitude dont on dispose aujourd'hui, dans cette affaire, est le fait que les services de renseignement mauritaniens ont été mis à contribution par les autorités d'un pays tiers dans l'arrestation des trois hommes. L'Arabie Saoudite ? Les Etats-Unis ? Ces derniers dont une mission de grande envergure visite actuellement notre pays seraient les plus intéressés par une éventuelle arrestation dans le cadre de leur lutte contre le terrorisme, puisque l'Arabie Saoudite aurait pu les arrêter pendant qu'ils étaient encore sur son sol. Cependant la grande interrogation réside dans la raison de ces arrestations? L'opacité avec laquelle les autorités gouvernementales de plusieurs pays, parmi lesquelles de vieilles démocraties occidentales, entourent les opérations de lutte contre ce qu'ils définissent comme des " groupes terroristes dangereux " n'est plus exempte, à la lumière des dépassements enregistrés, de critiques.
Les nouvelles autorités mauritaniennes, qui avaient essuyé la crainte d'avoir l'Administration Bush sur le dos, ont ici une occasion de faire la preuve de " leur disponibilité à coopérer profondément " comme leur prédécesseur d'ailleurs. Et pour cela, ils ont, par ailleurs, de bonnes raisons de le faire depuis l'attaque perpétrée le 4 juillet 2005 par le GPSPC contre le poste militaire de Lemgheyti, dans la région frontalière avec l'Algérie. Néanmoins, rien n'indique aujourd'hui, en l'absence de preuves irréfutables, que les trois personnes arrêtées soient des terroristes présumés. Et si c'était le cas, se posera également le problème de leur audition par les services spécialisés dans la lutte anti-terroriste américains. Vont-ils alors être extradés vers la tristement célèbre base de Guantano Bey ? La Mauritanie a-t-elle le droit de livrer des citoyens marocains à l'Administration américaine?
A moins que l'interpellation des trois hommes ne finisse comme une délation comme beaucoup de personnes en ont souffert, en violation du droit et de la dignité humaine, depuis un 11 septembre 2001.
Quelque soit la nature de ce qui est reproché aujourd'hui à ces trois hommes, l'opinion publique et leurs proches ont le droit de savoir, le lieu de leur détention, comme ils ont droit à des avocats.
Les nouvelles autorités portent encore en étendard les pratiques qu'elles ont décriées sous l'ancien régime. Font-elles aujourd'hui l'apprentissage que les principes sont une chose, et que la pratique en est une autre?
JD
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Arrestation de trois présumés terroristes en Mauritanie
PANA 10 février 2006
PANA 10 février 2006
La direction de la Sûreté d'Etat (DES, police politique mauritanienne) a procédé, tôt jeudi matin, à l'arrestation trois passagers - un Mauritanien répondant au nom de Abdallah Ould Bouna et deux Marocains - soupçonnés de mener des activités terroristes alors qu'ils embarquaient sur un vol de la Royal Air Maroc, a appris la PANA vendredi de sources concordantes.
Une source policière a confirmé ces arrestations à la PANA.
Dans son édition de ce vendredi, le quotidien " Nouakchott Info " croit savoir que les trois personnes mises sous les verrous ont été appréhendées " dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans ce qui semble être une opération de pistage depuis l'extérieur ".
De son côté, le quotidien " Authentique " précise que les trois individus ont été placés en garde-à-vue au commissariat de Police d'El Mina, une commune de la proche banlieue de Nouakchott, ajoutant que le groupe s'apprêtait à se rendre en Irak à l'issue de plusieurs réunions qui ont permis de collecter des fonds.
On rappelle qu'un autre groupe d'une vingtaine d'islamistes salafistes est détenu à titre préventif depuis plus de 9 mois à la prison centrale de Nouakchott. Ce groupe n'a pas bénéficié de la loi d'amnistie décrétée en Mauritanie par la conseil militaire qui a renversé le régime du président Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya le 3 août dernier.
Une source policière a confirmé ces arrestations à la PANA.
Dans son édition de ce vendredi, le quotidien " Nouakchott Info " croit savoir que les trois personnes mises sous les verrous ont été appréhendées " dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans ce qui semble être une opération de pistage depuis l'extérieur ".
De son côté, le quotidien " Authentique " précise que les trois individus ont été placés en garde-à-vue au commissariat de Police d'El Mina, une commune de la proche banlieue de Nouakchott, ajoutant que le groupe s'apprêtait à se rendre en Irak à l'issue de plusieurs réunions qui ont permis de collecter des fonds.
On rappelle qu'un autre groupe d'une vingtaine d'islamistes salafistes est détenu à titre préventif depuis plus de 9 mois à la prison centrale de Nouakchott. Ce groupe n'a pas bénéficié de la loi d'amnistie décrétée en Mauritanie par la conseil militaire qui a renversé le régime du président Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya le 3 août dernier.
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