OUEST FRANCE :Titre aujourd'hui
La fièvre de l'or noir touche la Mauritanie

Le tout nouveau ministère du pétrole, dans la capitale mauritanienne.
Le pays devrait profiter de la manne pétrolière ; pourtant de
nombreux habitants sont sceptiques quant à la redistribution des
recettes. MaxPPP




La Mauritanie entre dans le club des pays producteurs de pétrole. Les
Australiens de la Woodside Petroleum vont en effet pomper aujourd'hui
les premiers barils d'or noir du gisement de Chinguetti. Pour
l'économie mauritanienne, l'exploitation signifie une injection
annuelle de 350 millions de dollars.
NOUAKCHOTT (correspondance). - Un pétrole léger et de haute qualité,
provenant de gisements offshore situés au large de la Mauritanie,
devrait commencer à couler ce vendredi. Découverts il y a 5 ans, les
deux gisements (Chinguitti et Thiof à 15 km au nord) renfermeraient
des réserves de 150 à 225 millions de barils de pétrole. Pour les
autorités mauritaniennes, les perspectives sont prometteuses. Le pays
devrait, en effet, exporter 18,4 millions de barils cette année et
engranger 200 millions de dollars.

Ces revenus pétroliers, les travailleurs du public et du privé en ont
eu un avant-goût. Depuis janvier, leurs salaires ont été augmentés
de 50 % et les retraités verront leurs pensions s'accroître de 15 %.
Les Mauritaniens se prennent même à rêver que l'Ouguiya, la monnaie
nationale, retrouve sa vitalité d'antan. À sa création en 1973, il
avait la même parité que le Franc Cfa. Aujourd'hui, au cours
officiel, il vaut environ deux fois moins.

Chose certaine, les quelque trois millions de Mauritaniens sont tous
atteints par la fièvre de l'or noir. À Tevragh Zeina, l'un des
quartiers les plus cossus de Nouakchott, c'est l'effervescence. De
somptueuses villas sortent de terre. D'autres sont en train d'être
retapées après le refus des propriétaires de renouveler le contrat
des occupants précédents. « Beaucoup de maisons restent fermées, en
attendant de trouver preneur », révèle Namou Mouhamed, président
d'un regroupement d'agents immobiliers. Depuis le début de l'année,
le prix moyen de ces villas est passé de 400 000 francs Cfa à plus
d'un million. Une flambée des prix attribuée unanimement au pétrole.

Scandale offshore

Avant même que ne démarre l'exploitation du pétrole, des accusations
de corruption, suivies d'arrestations, ont fait les manchettes des
journaux. Zeidane Ould Hmeida, ministre de l'Énergie et du Pétrole
sous le régime Ould Taya (renversé l'an dernier), a ainsi été
arrêté le 23 janvier dernier. Le nouveau chef de l'État, le colonel
Ely Ould Fall, lui reproche d'avoir négocié des contrats « opaques
portant préjudice à l'intérêt national » avec la compagnie
australienne Woodside Petroleum chargée d'exploiter les puits de
Chinguitti. Initialement, Woodside devait céder 60 % de la production
pétrolière à l'État mauritanien, en plus des impôts qu'elle devait
lui payer, mais des avenants au contrat de partage de la production
signés en 2005 par l'ancien ministre du Pétrole spolieraient la
Mauritanie de tous ses droits et de 200 millions de dollars de recettes
annuelles. Le président Fall a, en conséquence, dénoncé
publiquement le contrat de partage de la production pétrolière signé
entre l'ancien régime et Woodside.

La bataille juridique s'est donc engagée avant même que le premier
baril ne soit pompé de Chinguetti. « Avec ce pétrole, il y a chaque
jour des rebondissements », s'offusque un fonctionnaire mauritanien
qui craint la réaction des autres entreprises européennes,
américaines et chinoises engagées dans la recherche pétrolière.

Cette fièvre de l'or noir n'enthousiasme pas tout le monde, loin de
là. « Depuis des décennies, nous vendons de grandes quantités de
fer et nous avons l'une des mers les plus poissonneuses au monde,
rappelle Mouhamed El-Hacen, un administrateur de sociétés. Ces
richesses nous ont-elles réellement profité ? »

« Nous ne profitons pas des profits des profits de la pêche. Juste de
l'odeur, raille Ismael Abdel Vetah, un habitant de Nouakchott. Avec le
pétrole, ce sera la même chose. Sauf que le pétrole, ça pue encore
plus. »

Alain LE GOFF (avec l'agence Syfia).
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