-
Bonjour Jemal Cela fait une éternité. Je profite de cette réponse aux «
évidences du moment », à la pauvreté du « présent », au bannissement de la
« pusillanimité » et à « l’argument de la nécessité » pour te dire bonjour
et commenter avec toi cette situation que tu déclines en 11
points. ………………………………………………………………………………………………… J'invite mon ami,
Abderrahmane Ngaïdé, auteur de l'article dessous, àconsidérer les
évidences du moment:1 - Le CMJD n'écoute pas les conseillers sans
complaisance ; il enentend d'autres, plus enclins à la gentillesse et
c'est un euphémisme. Tu relèves toi même l’euphémisme. La complaisance est
une donnée permanente de la politique de tous nos gouvernants : du père de
la nation à l’homme du 3 août 2005. Avec ce constat désarmant, l’arme la
plus fatale atteint ceux d’entre nous qui pensent sincèrement que les
choses doivent changer. Mais malheur à nous autres qui ne pouvons à l’
heure actuelle qu’user de notre encre et de
refuser qu’elle se coagule ou que notre plume crache. Le buvard n’étant
plus d’usage, j’ai opté sérieusement pour la plus indélébile des encres :
ma conviction. Ma voix, certes, ne compte pas pour ceux qui nous
gouvernent, mais je ne fais qu’un partage avec ceux d’entre nous qui
tentent de trouver des solutions à la crise multidimensionnelle que le
peuple mauritanien vit depuis quatre décennies. Ce ne sont là que
propositions destinées plus à nous qu’à eux. Je penche certes pour la
morale, mais suis intransigeant devant les faits têtus. Je ne m’abreuverai
pas à la soupe immonde d’une morale immorale. Ma gentillesse sera défaite
devant l’opprobre qu’on nous sert comme tagine. Je ne braderai jamais mon
engagement au point de devenir complaisant. Mon intransigeance défie tous
les euphémismes. 2- Le CMJD consent infiniment plus de considération à un
cadre del'ancien régime; la parole de ce dernier lui est
audible,intelligible, commune. Ceci est une évidence avec laquelle nous
devons malheureusement flirter au détriment des pertinences de vues d’un
certain Breideley dont tu apprécies à juste titre les analyses et leçons.
Leurs amours sont longues (cadre de l’ancien régime et membres du CMJD),
leurs étreintes mortelles. Mais nous assistons à la scène comme des cocus
dépités devant la perversité immonde de leurs ébats. Cette image,
bien qu’elle nous déplaît, a fini par s’imposer à chaque fois que l’espoir
pointe son nez. 3- Le CMJD respecte bien davantage un chef de tribu, un
notable villageois, un marabout ; ils
représentent une réalité familière,malléable. Bon là la discussion peut d’
étendre sur la longue durée et nous conduire sur des chemins tortueux,
microscopiques à telle enseigne que la lassitude peut nous prêter son
dévouement. La résurgence et partout des notabilités est un fait
extrêmement têtu au point qu’elles déroute les analystes les plus férus et
les politiciens les plus engagés pour la combattre. A quoi cette réalité
est-elle due ? Ou prend-elle sa source de légitimité ? Il me semble que
deux éléments de réponses peuvent être avancés : d’abord le manque d’
ancrage (ou plutôt leur ancrage ???) de nos politiciens sur l’échiquier
social (technocrates…), ensuite le large fossé qui existe entre leur
discours et les réalités sur le terrain. Il me semble que notre discours,
alimenté à une philosophie modernisante ou moderne, a voulu balayer au
fond de la case sans que nous-mêmes nous n’ayons réussi à nous départir
des lourdeurs qui ont façonné nos différentes personnalités ; et qui sont
puisées au fond de cette même case. Beaucoup d’entre-nous pensent avoir
franchi les frontières de l’ancrage socioculturel alors qu’ils traînent
encore avec eux leur supposée origine au
point de ressembler à des miraculés de leur société. Mais dès qu’ils
reprennent contact avec le terroir tout ce bagage leur revient comme s’il
les attendait aux aguets. C’est un constat, amer constat qui nous gangrène
tous. Je dis tous et risque cette généralisation au point de défier l’
exception ; si elle existe bien sûr. Les ethnies, les tribus, les régions,
les castes, les origines modestes, les oulad khaïma kbireu fonctionneront
tant bien que mal dans notre univers symbolique au point que le symbole
est devenu incontournable. C’est dommage, mais la réalité du terrain s’
exprime ainsi et presque partout dans ce monde. Cela n’exprime pas mon
échec ni ma démission devant le combat que je mène contre ces réalités,
mais m’interroge chaque jour et me surprend chaque instant devant cette
incapacité de comprendre le pourquoi de cette chose. Je lisais il y a
quelques semaines deux rapports écrits par feu mon père, l’un en 1972
(Akjoujt) et l’autre en 1975 (Aïoun El Atrouss) où il
décrit cette chose malléable qui revient toujours quand on la renvoie : la
chefferie traditionnelle malgré la volonté du parti unique qui nous
gouvernait. En 1972 il disait ceci : « … jusqu’à présent aucun texte
législatif ou réglementaire n’est encore intervenu pour supprimer cette
institution sociale… les fils et les veuves des chefs traditionnels
héritent leurs salaires, et c’est dans de rares cas seulement où les
héritiers d’un chef ne continuent pas à bénéficier de cet avantage, parce
que n’ayant pas de personnes influentes auprès des milieux de la
capitale ». Même si les chefs « acceptent malgré eux les transformations
ainsi imposées se sont tournés vers les postes politiques en lesquels, ils
veulent poursuivre d’une manière déguisée cette politique » de continuité
et de re-encrage. Constats amers faits il y a plus de trente ans et nous
vivons encore
aujourd’hui avec ces réalités. Toutes les tribus, toutes les ethnies,
toutes les castes, toutes les régions ont aujourd’hui un personnage
influent dans la capitale. Il sert de courroie de transmission entre le
pouvoir (l’opposition) et les structures malléables. Ce ne sont pas les
structures qu’il faut incriminer, mais les hommes qui tentent de la
restructurer afin de les rendre encore plus efficaces dans leur ascension
sociale, politique et économique. « Réalité malléable ? ». Je ne suis
pas sûr à 100%. Et par qui ? Ce n’est pas seulement les tenants du pouvoir
qui la sollicitent, mais aussi les opposants. Elle même fonctionne à
merveille en braconnant entre les deux. Elle feint la malléabilité pour s’
immiscer partout, s’imposer, sophistiquer son jeu, je veux dire «
politiquer » comme les autres structures (associations de la société
civile, partis politiques, syndicats…). Je prends le risque de l’appeler
« syndicat social » (pas seulement bassin électoral). Elle reconnaît les
politiciens, affine sa tactique et s’introduit dans nos consciences avec
merveille. « Il faut lui donner sa part, il faut compter avec elle. Mais c
’est nos réalités non » ; diront quelques politiciens structurés dans les
partis et autres tribunes revendicatives. Ce constat me mortifie, mais la
« réalité malléable » est devenue tellement habile à cause de ses
ressources humaines qu’elle tend à vouloir nous rendre tous fous ou
amoureux d’elle.
Je pense que c’est bien sa malléabilité qui fait sa force et sa motricité.
La seule question que je me pose aujourd’hui est de savoir comment la
re-restructurer, l’investir pour la faire imploser. Nous avons besoin d’un
catalyseur. Mais à chaque que nous trouvons ce dernier, il est vite broyer
par la « réalité malléable » ; comme pris entre les rets d’une colle
(crazy glue). Je jure que je suis dérouté devant sa vitalité, son
rajeunissement et toute la jouissance qu’elle offre à ses partisans. Je m’
excuse d’avoir été un peu long sur ce sujet, mais il me passionne
tellement que je ne me détourne jamais du débat qu’il nous impose. Il y a
quelques semaines seulement que k’en débattait dans un workshop (Gender,
ethnicity and culture). 4- Le CMJD pense au présent de l'indicatif, le
temps le plus pauvre dela conjugaison. Non là je ne suis pas d’accord. Je
te connais croqueur du verbe et de la subtilité qui alimente sa sève. Le
CMJD, conjugue au passé tout en pensant au futur. Ah que si car il utilise
encore la subtilité du présent en faisant croire que ce temps est pauvre
tout en profitant de sa clameur. Il conjugue au futur car c’est bien pour
conjurer l’obligation de répondre à la justice que ses membres le font. Le
présent pour eux n’a aucun sens, ils l’utilisent pour se cacher. Mais,
pour moi, le présent est un temps riche et incontournable. C’est ma
conviction. Tous les autres temps dérivent de lui et reviennent à lui car
il reste le temps qui nous échappe car nous sommes des mortels. Le présent
est dans la tête et y reste comme un vestige, une momie. N’entend-on pas
quelqu’un nous dire, de manière symbolique, j’y pense comme si c’était
aujourd’hui !!! Et la tragédie mauritanienne se vit toujours au présent ;
ce temps pauvre durant lequel notre pauvre humanité a été surprise par son
dessein conjugué à un futur appauvri par la négativité de sa charge
morbide. Celle que quelques membres du CMJD ne veulent plus vivre. Voilà
pourquoi le présent pèse de sa lourde charge ; et qu’il me semble
approprié et riche. Sans ce temps la conjugaison allait être, me
semble-t-il, insipide. Elle l’est déjà car difficile à maîtriser. Peux-tu
imposer au CMJD « la nécessité » en ne conjuguant pas au présent que tu
vis, qui découlent de ton passé et à partir duquel tu tentes de tracer des
perspectives pour l’avenir ? Les évidences du moment dont tu me parles se
conjuguent au présent. Nous vivons notre temps et ils veulent nous faire
oublier leur passé tout en espérant vivre tranquillement dans notre futur.
Le présent est un passé composé conjugué au futur ; je
crois. 5- Le CMJD considère, in petto, que les élites Négro-africaines et
lesHratines doivent rester à leur place et faire preuve de
patriotisme;ici, le concept, consiste à respecter et composer avec
l'hégémonieethnique. Bon là encore, je suis dépité comme toi. Mais il me
semble que les deux entités sont envahies par un ver étranger à tel point
qu’elles ne voient plus la pourriture en leur sein. Leurs causes ont été
tellement galvaudées, malmenées, manipulées, mordues à la racine au point
qu’elles s’y accommodent pour s’accrocher à la vie (survie?). Fatalité !
Je ne sais pas, mais trop d’acteurs nous servent des sermons, en profitant
de cette situation de visibilité, sans que leurs convictions ne soient
fondées sur des principes de justice. Là la roublardise étrangle les
fondements de nos engagements. Ils sont animés par la récolte des oscars
et autres embellies furtives qui dénaturent leur démarche et renseignent
sur leurs desseins inavoués. C’est cela ma conviction. Et dire que « l’
hégémonie ethnique » profite de leurs
actions serait un euphémisme de ma part. Je reste convaincu que toute
notre incompréhension –dans la reproduction du même- découle de leur
attitude névrotique qui relève du sensationnel et de la convention devenue
naturelle de dénoncer tout et rien, partout et nulle part. Je me risque à
dire que c’est devenu une sorte de cheval de bataille pour tous au point
que nos tympans ne discernent plus les échos que nous renvoient nos voix.
Nos esprits aussi peinent à comprendre si les dénonciations servent le
commun des mortels ou profitent à ceux qui se frayent un passage dans le
monde de la modernité. Il y a là beaucoup de questionnements : c’est
pourquoi, quelquefois je me dis est-ce que nous ne profitons pas du
malheur des autres en restant loin de leurs réalités quotidiennes. Là un
sacrifice s’impose : vivre dans leur univers. 6- Le CMJD veut,
sincèrement, conduire des élections libres ettransparentes mais sans
toucher au rapport des forces social, lequel,fatalement, reproduira le
système de domination. En total accord avec cette réalité troublante. Elle
gouverne notre présent et nous fait frémir quand nous pensons à notre
futur et le plus immédiat d’entre eux. Le système de domination ou les
systèmes de domination perdurent depuis le temps précolonial, colonial et
se revivifie à la sève pourrie de l’Etat postcolonial. Ceci est un abcès
presque incurable
( ?). 7- Le CMJD constate que les principaux partis et les organisations
dela société civile ne se mobilisent pas en faveur de la réparation
etdu retour organisé des réfugiés. Alors, il se dit qu'il existe, dansce
pays, une opinion majoritairement indifférente à l'urgence duproblème. C’
est ce que je dis, tout le temps, à mon entourage. Bien sûr qu’il existe,
malheureusement, une majorité indifférente à cette tragédie car ceux qui
devaient porter le discours au peuple s’occupent d’autres choses : leur
ventre et le petit espace de parole qu’on leur offre et basta mon cher. Je
caricature certainement, mais je suis presque sûr que si les partis
politiques d’opposition avaient joué leur rôle de gardiens du temple, le
CMJD allait, peut être, se trouver devant
l’impasse : soit accepter soit réprimer. Mais notre malheur est réside
dans cette tactique rodée de reconversion des hommes politiques
mauritaniens (voire le peuple). Ils s’adaptent à tout et à rien. Il faut
conjurer à la Mauritanie (pays pétrolier, aujourd’hui) les spectres du
Libéria et de tous les autres pays qui ont connu la guerre. Nous avons
peur de la guerre civile, mais celle que nous vivons est plus insidieuse.
Elle se passe dans les salons et dans les structures verticales et
horizontales qui décident de notre avenir. 8- Le CMJD a reçu, sur la
question du passif humanitaire et desdéportés, une masse considérable de
propositions, parfois écrites ettrès élaborées, dont la modération et la
précision rivalisent. Ellesont été lues et rangées Dieu sait où, peut-être
dans les toilettes dupersonnel subalterne de la Présidence. Non s’il te
plaît penses aux tiroirs de la présidence –afin que celui qui occupera le
siège dans quelques mois puisse se pencher sur ces deux « avenants »
(comme pour les avenants de Woodside)- et non aux toilettes des
subalternes. Ce qui veut dire que les rapports ne sont pas arrivés à
destination ( ?). Ils sont passés directement à la « chasse » ou ont été
bouffés par les ânes qui tirent fébrilement leur cargaison d’eau ou par la
gwera du coin. Nous pouvons administrer à ces sales bêtes du veulajit
(falayel en pulaar) afin de récupérer toutes ses « propositions, parfois
écrites et élaborées ». Les remettre, sans se lasser, sur la table du CMJD
est notre devoir. Cet acte doit alimenter notre audace. 9- Le CMJD a pris,
en conséquence, des résolutions de règlementconsensuel, devant des
partenaires extérieurs ; il s'est engagé auprèsd'eux parce qu'il n'avait
pas le choix, face à la consistance et à ladensité des pressions. Oui cela
m’étonne à plus d’un titre, car le présent est plus important qu’un
processus
qui ne finit pas de se dérouler au point de nous lasser. Il compte
beaucoup sur notre lassitude. Pourtant cette attitude contredis de manière
symptomatique les propos de Ely. Je l’ai écouté lors de son passage à
Dakar s’exprimant dans un hassanya approximatif. Il disait ceci : si
jamais il y a des problèmes en Mauritanie, ils doivent être réglés par les
Mauritaniens et en Mauritanie. Il n’acceptera jamais qu’un autre Etat
intervienne. Bon je pense qu’il parle là du Sénégal -où il y a crise d’
essence et de gasoil- et d’autres pays qui nous environnent et non des
puissances occidentales. Je suis pour un règlement consensuel de tous nos
problèmes. Mais sur quoi doit reposer ce consensus social et politique ?
Sur quoi ? Et qui sont les parties convoquées pour statuer sur ce
consensus ? Faut-il passer par un référendum ? Ou bien rassembler tous les
acteurs de la sociétés : partis politiques, ONGs, marabouts, imams,
tribus, ethnies, régions ??? Je pense qu’aujourd’hui une commission
nationale doit être mise sur pied afin de recenser région par région
toutes les doléances sociales afin de diagnostiquer notre mal et proposer
une prophylaxie adéquate pour l’avenir et pour l’ensemble de la société
mauritanienne sans distinction aucune. Là j’invite tous les intellectuels
: sociologue, juriste, historien et tous les autres « ogues », « istes »
et « iens » à se servir de leur clavier pour « pondre » chacun
d’entre eux une feuille de route. Après cela les politiciens seront
chargés d’appliquer leurs recommandations et leurs directives. Mais bon
comme le présent est pauvre ; attendons tranquillement le futur, lui seul
peut nous sauver et nous permettre de conjuguer nos efforts, présentement,
très dispersés. Je ne compte plus et je n’ai jamais compté sur la «
densité des pressions » extérieures. Elles s’adaptent vite au présent
pourvu qu’elles engrangent les dividendes. L’arrivée ces derniers jours d’
une délégation espagnole en Mauritanie pour endiguer la migration vers l’
Europe et les garanties offertes par le gouvernement du CMJD nous offrent
des grilles de lecture sur ce que les Etats exigent de leurs partenaires.
Voilà pourquoi toutes les pressions me semblent se détourner des réalités
de nos peuples. 10- Le CMJD peut décevoir les attentes, ignorer les
promesses etparvenir à gagner du temps jusqu'en mars 2007 où prendra fin
laparenthèse des dupes. Les puissances qui se sont accommodées de OuldTaya
n'insisteront pas ; le trait majeur des diplomaties occidentaleset le
souci du court terme, de la stabilité immédiate ; lesdémocraties, à force
de vouloir la paix à tout prix, ont fini parériger la pusillanimité au
rang de doctrine. Admettons qu’il ne déçoive pas : par la transparence des
élections, le règlement de tous les « passifs », l’installation de la
nouvelle équipe gouvernementale, leur retrait sans avoir à manipuler la
constitution en leur faveur, la restructuration de l’armée et de la
police, la discipline des fonctionnaires et la gestion efficace des
ressources du pétrole … Et après ? Eh bien oui, le monde a fonctionné,
fonctionne, et fonctionnera comme ça, malgré nous. Je
souhaite bien inverser l’ordre du monde, mais comment ? Par l’audace ?
Nous avons perdu cette vertu car usés que nous sommes par le temps et
surtout par un discours devenu tellement statique qu’il pourrit sur pied.
Et l’occident en profite largement au détriment de nos peuples affamés et
qui n’ont comme seule source de tranquillité que le retour à la case
départ : la tribu, l’ethnie et les autres structures de sécurités sociales
considérées comme archaïques. Nos Etats se sont accommodés à ces principes
et nous mêmes sommes victimes de la pusillanimité car nous employons nos
claviers. 11- En conclusion, le CMJD n'osera rien que ne lui dicterait la
nécessité; c'est à nous de créer celle-ci, autrement que par l'argument
duclavier. Là l’action s’impose, mais n’oublies pas une chose que le
clavier est une action, car l’écriture est une arme et détermine un
engagement, un sacrifice de soi et un dépassement. Je ne prétends point te
l’apprendre. Je me rappelle de ton interview - dans une revue scientifique
(Migrations Internationales, je crois) consacrée au rôle de l’Internet -
où tu soutenait que c’était un outil intéressant de lutte et je pense que
tu en as fait usage et que tu continues d’en faire une aubaine. J’ai pris
conscience de ce fait depuis et laisse moi lutter avec mon clavier, c’est
la seule arme que je possède
aujourd’hui. Je suis sur un autre champ de lutte et j’exerce sur mon
terrain : le clavier. Ce champ n’est point différent du tien ; mieux ils
se complètent. Pour créer tout, je pense comme je le soutiens à qui veut m
’entendre que la solution c’est d’être sur le terrain en prenant tous les
risques qui peuplent cette attitude que je trouve audacieuse. Je reste
convaincu que la lutte à l’extérieur va connaître un essoufflement à cause
de la prochaine vieillesse des militants, le manque de relève (car nos
enfants s’en détournent car nés ailleurs et ayant opté pour d’autres
pays), par la lassitude, etc. Il en restera bien sûr qui seront encore
très actifs et toujours déterminés, mais il me semble que l’efficacité du
discours à l’extérieur va s’émousser, les années à venir. Il faut faire
ses armes et revenir sans ses bagages, mais n’oublions jamais nos
claviers.  Je conclue en empruntant une phrase tirée du livre olfactif de
Patrick Süskind (Le Parfum) : « Tout le malheur de l’homme vient de ne
pouvoir rester seul dans sa chambre, là où est sa place. Dixit Pascal »
(p. 74).
J’ entre ouvre mon clavier pour sortir de ma chambre, c’est la seule porte
qui me reste.  A bientôt




--~--~---------~--~----~------------~-------~--~----~
You received this message because you are subscribed to the Google Groups 
"Mauritanie-Net" group.
To post to this group, send email to [email protected]
To unsubscribe from this group, send email to [EMAIL PROTECTED]
For more options, visit this group at 
http://groups.google.com/group/Mauritanie-Net
-~----------~----~----~----~------~----~------~--~---
_______________________________________________
M-net mailing list
[email protected]
http://mauritanie-net.com/mailman/listinfo/m-net_mauritanie-net.com

Répondre à