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Mic mac «  Tu veux ou tu veux pas ?»   Irabiha Mint Abdel Wedoud

A Monsieur le Président du CMJD

Excusez mon audace, Mr le Raiss, mais je vous avoue qu'en ce moment, mes méninges bouillonnent, je ne sais plus où j'en suis, je ressens une profonde consternation;  vos discours de campagne me donnent le tournis, je ne comprends pas grand-chose à la subtilité de votre raisonnement.
Du coup, une vieille complainte me revient à l'esprit et je me mets à vous fredonner inlassablement, mais avec tout le respect dû à votre rang, « Tu veux ou tu veux pas?
C'est comme ci ou comme ça, un jour tu dis noir et après tu dis  blanc, ou tu veux ou tu veux pas ? …. ».
Mr le Raiss, la campagne rondement menée du référendum du « Oui » sans chichis,  est une chronique d'un plébiscite annoncé, et donc là on est dans du « Tu veux » sur toute le ligne ;
Bien qu'étant partie prenante de ce processus, vous défoncez  une porte grande ouverte avec l'allégeance de l'ensemble du microcosme politique, tout acquis à votre cause.
Le commandement territorial est en alerte, les moyens mis en œuvres colossaux, les medias courbent l'échine, les bonnes habitudes  de l'ancien régime reviennent au gallot….
Et les pauvres partisans du « Non » sont marginalisés, ridiculisés, réduits à des citoyens de second ordre.

Où sont la neutralité et l'impartialité ?
Où est l'équité dans cette campagne qui a perdu d'avance sa bipolarité, où les adversaires sont terrassés avant d'entrer dans l'arène?
C'est du « Tu veux » sans appel, et les moutons de panurge vous suivent docilement, comme d'habitude quoi.
 Cette attitude est-elle bien  correcte politiquement ?
Il existe un autre registre, oh combien, plus douloureux, dans lequel je suis tout autant  choquée et dubitative  c'est l'esclavage, là j'ai été victime d'une déprime carabinée.
Je sais pertinemment que l'irascible mouche Bzz-Bzz a fait des dégâts à Akjoujt, mais elle n'a pas atteint Rosso, la pauvre a du être terrassée par les puissants pesticides  de la vallée ou les incantations de quelques marabouteux féodaux .
A Rosso, j'étais aux premières loges , en alerte, guettant vos paroles qui devaient nous mener dans le voie de l'équité et de la dignité humaine, mais j'ai toute de suite déchanté, votre discours m' a assommée,c'était un tango endiablé , un pas en avant à Akjoujt, dix en arrière à Rosso, on dirait qu'un Teftaf malveillant nous a jeté un  gri-gri maléfique, nous avons été happés par une fièvre  de déjà vécu, les démons de l'ancien régime sont revenus ragaillardis et là c'était carrément «  Tu veux pas ! » .
Sniff, le rêve akjoujktois abolitionniste est aux oubliettes, il parait que la prochaine fois, certains prônent déjà que vous vous  arrêtiez  uniquement à El Asma pour un beau discours sur l'alphabétisation ; les ténors du pouvoir penseraient-ils que les droits de l'homme, c'est méchant politiquement ??
A Rosso, votre raisonnement bancal, a fait référence aux dates repères de l'abolition de l'esclavage ( 1901-1960-1983 -1991), la suite arithmétique  pourrait se continuer indéfiniment, le phénomène existera toujours si  on ne  le reconnaît pas et si on ne lutte pas  contre efficacement.
Votre argumentaire de taille, à première vue est cohérent, quant à la ratification des instruments internationaux relatifs à l'esclavage ;
 Mais, Mr le Président, là où  le bat blesse, c'est que ces conventions n'ont pas été incorporées dans notre droit interne, et nous sommes restés dans de vagues stipulations sans sanctions, ni aucune forme de mesures coercitives.
Là où j'ai été encore plus abasourdie, c'était ce critère là, de la peur injustifiée de reconnaître le phénomène de l'esclavage car « cela nuirait à notre image de marque » (sic) ;
Je trouve personnellement que cet argumentaire de cacher un fléau sous un prétexte de disign  relève de la politique de l'autruche.
En faisant fi de ces arguments fallacieux, en reconnaissant avec courage et sincérité  ce déni de la condition humaine, nous sortirons agrandis et auréolés aux yeux de la communauté internationale et nous seront en paix avec nous -même.
Au delà de ces considérations de  la condamnation des  pratiques esclavagistes et de la traite des personnes, on se réconcilierait avec les sacro -saints principes religieux qui interdisent l'esclavage, car tous les musulmans sont égaux devant Dieu  et ne sont appréciés qu'en fonction de leur piété, quelles que  soient leurs origines et leurs races.

Alors, notre Raiss respecté, à Rosso, un vent malveillant de féodalité  a  happé nos espoirs inchiriens, et je me dis méfiance, le puissant courant esclavagiste annonce la couleur et nous a jeté un sort sur les bords du  fleuve tranquille du Sénégal. Ainsi, le parcours du combattant abolitionniste à Akjoujt s'est soldé par l'échec féodaliste de Rosso et  le refrain a pénétré mon âme : « Tu veux ou tu  veux pas ». Je n'arrête pas de le fredonner…

Au meeting de Nouakchott, je me suis battue pour vous écouter aux premières lignes et ,  Mr le Président, j'avoue que j'en ai eu pour ma peine, quand vous avez déclaré  « Comment peut-on marginaliser les femmes qui représente plus de 51% ? ».
C'était un moment de béatitude pour la militante engagée que je suis, la totale, je me suis permis un youyou, vite étouffé par les sempiternels saffagas.

La réponse,  Mr le Raiss, est toute simple, seul vous avec les pouvoirs qui vous sont conférés par la Charte constitutionnelle et la Constitution , pourrez résoudre cette quadrature du cercle de la discrimination.
Vous avez un pouvoir discrétionnaire magique Mr le Président, alors pour vous réconcilier avec vous-même, faites un geste d'équité, de justice et de démocratie, usez, osez  de ce pouvoir en nommant au moins 50 % de femmes aux postes administratifs ; ce sera un geste salvateur, balayez du même coup les ripoux et les incapables de l'administration territoriale où les femmes brillent par leur absence.
De grâce, sauvez cette majorité silencieuse de citoyennes, qui souffrent du sexisme ambiant et de la discrimination, de la bataille électorale qui est indécise, éprouvante à tous pointe de vue.
Alors, on attend   de pied  ferme votre  décision courageuse, et le leitmotiv chantant sera  «  Tu veux » sans « Tu veux pas »  n'est ce pas, Mr le Raiss ?




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