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Un vent de démocratie souffle sur la Mauritanie
le journal hebdo du 06-07-2006
 
Il y avait un unique bulletin : sur fond vert, comme le drapeau mauritanien, avec "oui" écrit dessus. Etes-vous pour une modification de la Constitution de 1991 ?
C'est, en substance, la question à laquelle environ un million de Mauritaniens, sur une population totale de 3 millions, devaient répondre. Quelque 75% des électeurs se sont rendus aux urnes. Et 96% d'entre eux se sont prononcé pour des amendements à la Constitution. De tels résultats font penser à ceux des élections sous les dictatures ou dans des républiques bananières ! Mais les observateurs du scrutin, notamment ceux envoyés en Mauritanie par l'Union africaine, se sont félicités du "déroulement du référendum". Ils assurent que les élections se sont passées "conformément aux principes (…) d'élections libres, fiables et transparentes". Les autorités ont donc eu le vote massif qu'elles attendaient. C'est sans surprise, puisque la majorité des trente formations politiques existantes avait défendu le projet de modification de la Constitution. Cela a tout l'air d'un plébiscite du Conseil militaire pour la Justice et la démocratie (CMJD), la junte au pouvoir depuis presque un an, depuis le coup d'Etat qui a renversé le régime d'Ould Taya, le 3 août, sans effusion de sang. Ce conseil semble avoir convaincu les Mauritaniens qui ont participé en masse au référendum avant même l'ouverture des bureaux de vote. La présidence, elle, a parlé d'un "véritable sursaut national".

Reprise de la coopération
En dix mois à Nouakchott, le colonel Ely Ould Mohamed Vall a donné des gages de bonne volonté, tendant à prouver qu' il veut démocratiser la Mauritanie. Voici deux exemples forts. D'abord les adversaires au référendum ont pu faire campagne à leur guise. Et puis, une nouvelle loi supprime pour les journaux l'obtention obligatoire d'un récépissé du ministère de l'Intérieur comme préalable à leur publication. Un point en moins pour la censure. Outre les Mauritaniens, le nouveau régime a convaincu la communauté internationale qui était mal à l'aise après le coup d'Etat. L'Union européenne a repris fin mai sa coopération avec la Mauritanie et débloqué son programme d'aide, en partie gelé depuis août dernier. Les engagements pris par les autorités mauritaniennes "aideront à renforcer le respect des principes démocratiques, les libertés et les droits fondamentaux, l'état de droit et la bonne gouvernance dans le pays", a indiqué l'Union. Avec ses voisins, Vall entretient pour le moment des rapports plutôt équilibrés : il a des contacts réguliers avec Mohammed VI mais il s'est aussi rendu chez le voisin algérien en mai. En Mauritanie, Vall assure vouloir adopter un style différent du précédent régime. "Il est inacceptable qu'un système perdure pendant 20 ans et plus, que des générations vieillissent sous la direction du même système politique et économique", a-t-il martelé pendant la campagne pour le référendum. Il faisait allusion au régime d'Ould Taya, arrivé au pouvoir après un coup d'Etat, en décembre 1984, alors qu'il était chef d'Etat-major. Ce dernier a ensuite été élu à la présidence en 1992, réélu en 1997 et encore en 2003. Chacun des scrutins a été vivement contesté. L'objectif annoncé du CMJD est au contraire d'amener le pays vers la démocratie et l'alternance au terme d'une transition qui devra s'achever en 2007. Il dit vouloir empêcher les dirigeants de s'éterniser au pouvoir. La Constitution sera amendée en ce sens. Six articles vont être amendés. Le mandat présidentiel est limité à 5 ans, renouvelable une fois, alors que l'ancienne Constitution ne posait pas de limite au nombre de mandats. Le président devra par ailleurs avoir entre 40 et 75 ans. Le texte instaure un régime présidentiel qui octroie au chef de l'Etat d'importantes prérogatives, dont la désignation du Premier ministre, mais donne au Parlement le droit de voter la défiance ou la censure du gouvernement. La nouvelle Constitution est bien verrouillée : le président doit s'engager "devant Dieu" à ne pas soutenir tout projet de constitution qui viserait, à nouveau, à changer la durée du mandat présidentiel et les conditions de son renouvellement.

« Un vrai partage du pouvoir entre les ethnies »
Quelques voix se sont tout de même fait entendre dans l'opposition, comme celle de Armya Dem, interrogé par le Journal Hebdo. M. Dem est responsable du journal "l'Eveil hebdo" et milite dans le parti PLEJ (Parti pour la liberté, l'égalité et la justice). Le taux de participation au référendum "ne veut pas dire grand-chose", selon Armya Dem. « En Mauritanie, c'est comme dans tous les pays africains : la population soutient le régime en place sans vraiment le contester », assure-t-il. « La Constitution ne prend pas en compte la cohabitation entre les ethnies arabe et négro-africaine, or la Mauritanie n'est pas seulement arabe », déplore-t-il. « Nous voulons un vrai partage du pouvoir entre les ethnies. Nous voulons également que les différentes langues deviennent langues officielles au même titre que l'arabe ». Armya Dem critique également le fait que « les changements soient uniquement constitutionnels », soulignant qu'il y a « aussi les lacunes économiques et les problèmes sociaux ». La Mauritanie faisait en effet partie, en 2005, des 18 pays les plus pauvres du monde. « Peut-être que le pétrole va avoir des effets positifs », espère-t-il. « Les revenus de l'or noir sont très attendus. Les gens sont optimistes et pensent qu'il y aura des créations d'emploi. Mais le système est opaque et il faut rester vigilant », assure Armya Dem. Les réserves de pétrole mauritanien sont estimées à 500 000 tonnes environ. Les recettes attendues en 2006 dépassent les 300 millions de dollars. C'est une aubaine pour Vall et ses compagnons en ce temps de transition. Ils ont promis de gérer ces revenus avec transparence. De même, ils ont assuré que le pouvoir serait remis en 2007 à des civils. Les chefs de la junte se sont en effet engagés à ne pas se présenter aux élections présidentielles prévues en mars 2007. Cela fait beaucoup de promesses qui, si elles étaient tenues, pourraient révolutionner la Mauritanie en douceur.
Les chefs de la junte se sont engagés à ne pas se présenter aux élections présidentielles prévues en mars 2007.



 
 
 



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