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Karadzic demande à Paris de l'aider à se défendre devant le TPIY

LE MONDE | 25.08.09 | 16h00  •  Mis à jour le 25.08.09 | 16h52 

                

La Haye, correspondance

Radovan Karadzic a demandé, lundi 24 août, aux juges du Tribunal pénal 
international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) d'émettre une ordonnance à 
l'encontre du gouvernement français. L'ancien chef politique des  
<http://www.lemonde.fr/sujet/7ee0/serbes-de-bosnie.html> Serbes de Bosnie 
espère la coopération de Paris pour contrer les accusations de "génocide, 
crimes contre l'humanité et crimes de guerre" dont il devra répondre à 
l'ouverture de son procès, prévue en septembre.

http://pubs.lemonde.fr/5/EUROPE-LEMONDE/articles_europe/exclu/915974057/Frame1/OasDefault/mia_autopromos_edabo_lientexte/consultez_les_dossiers.html/64346336633838323461393561336330?&_RM_EMPTY_incarcéré
 depuis juillet 2008 dans la prison du tribunal à La Haye, aux Pays-Bas, il 
accuse plusieurs Etats d'avoir utilisé la Force des Nations unies (Forpronu), 
déployée en Bosnie-Herzégovine durant la guerre (1992-1995), pour armer les 
forces bosniaques, en violation de l'embargo décidé par le Conseil de sécurité 
de l'ONU.

Parmi les documents demandés à la France,  
<http://www.lemonde.fr/sujet/8e8c/radovan-karadzic.html> Radovan Karadzic cite 
deux rapports du général  
<http://www.lemonde.fr/sujet/7d45/bertrand-de-lapresle.html> Bertrand de 
Lapresle, alors commandant de la Forpronu, adressés au représentant du 
secrétaire général des Nations unies,  
<http://www.lemonde.fr/sujet/81c6/yashushi-akash.html> Yashushi Akash. Selon 
l'accusé, M. de Lapresle aurait, par la suite, "été sous la pression 
d'officiers américains pour retirer ces rapports".

L'ex-chef des Serbes de Bosnie veut éclaircir plusieurs points : l'infiltration 
d'agents secrets français au sein d'organisations internationales ou 
humanitaires en Bosnie ; mais aussi une réunion tenue, début mars 1995 à  
<http://www.lemonde.fr/sujet/cd1e/key-west.html> Key West, en Floride, au cours 
de laquelle les ministres de la défense français, américain, britannique et 
allemand auraient "discuté de la possibilité de fournir un soutien direct au 
gouvernement bosniaque". Enfin, il souhaite interroger le trafiquant d'armes 
belge,  <http://www.lemonde.fr/sujet/f6f3/jacques-monsieur.html> Jacques 
Monsieur, actuellement incarcéré en France.

Radovan Karadzic a adressé des demandes similaires à d'autres pays, dont 
l'Allemagne, l'Italie, l'Egypte et le Pakistan. Se basant sur des rapports 
établis dans ces pays ainsi que par le Congrès américain, Radovan Karadzic 
estime que ces livraisons d'armes, via des soldats de la Forpronu ou sous 
couvert d'action humanitaire, justifiaient la prise en otage de casques bleus, 
dont il est tenu pour responsable.

Comme au temps de la guerre, Radovan Karadzic dénonce dans les documents 
adressés à la Courles forces qui auraient cherché à établir un "Etat islamique 
en Europe". Il demande ainsi au Caire de fournir "les rapports concernant les 
relations des Frères musulmans avec  
<http://www.lemonde.fr/sujet/6cd3/alija-izetbegovic.html> Alija Izetbegovic 
(alors président de Bosnie-Herzégovine)". Il évoque des "transactions 
financières entre différents groupes terroristes islamiques", dont était 
"parfaitement informé le président bosniaque". L'organisation  
<http://www.lemonde.fr/sujet/e875/third-world.html> Third World  
<http://www.lemonde.fr/sujet/1c44/relief-agency.html> Relief Agency (TWRA), 
alors dirigée par le  <http://www.lemonde.fr/sujet/16b4/soudanais-elfaith.html> 
Soudanais Elfaith Hassanein, aurait servi, selon lui, de couverture aux 
livraisons d'armes. Pour l'heure, Paris n'a pas répondu aux demandes de Radovan 
Karadzic. Conformément à la procédure classique, les juges devraient, dans les 
jours à venir, "inviter" la France à coopérer avec l'accusé.

Stéphanie Maupas

 

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