Le Monde Diplomatique appena uscito ha un articolo intitolato
«Une multinationale contre Salvador Allende»
https://www.monde-diplomatique.fr/2023/08/MOROZOV/65981
di Evgeny Morozov "auteur de The Santiago Boys, ... , et dont s’inspire
cet article"
Maurizio
DEUX semaines après l’élimination de Salvador Allende et de la
démocratie chilienne par le coup d’État sanglant d’Augusto Pinochet, le
New York Times reçut tard dans la nuit un appel anonyme. « Notez,
recommanda la voix au téléphone, car je ne répéterai pas. » En cette fin
septembre 1973, quelque chose d’inouï était sur le point de survenir. «
Dans quinze minutes, une bombe explosera dans l’immeuble d’International
Telephone & Telegraph. » La cible, connue sous son sigle ITT, n’était
pas choisie au hasard : « C’est en représailles des crimes commis par
ITT contre le Chili (1). »
À l’époque, ce géant de la technologie devenu un conglomérat
tentaculaire compte au nombre des plus grandes multinationales de la
planète. À son illustre conseil d’administration siègent un ancien
directeur de l’Agence centrale de renseignement américaine (CIA) et un
ex-président de la Banque mondiale — un casting idéal pour propulser
l’un des plus gros contractants de l’armée américaine parmi les
principaux profiteurs de la guerre du Vietnam. La compagnie affiche
fièrement sa position au sein du complexe militaro-industriel. « Pour
voir dans l’obscurité, voyez ITT. La nuit a cessé d’appartenir à la
guérilla », proclame une publicité pour ses appareils de vision nocturne
diffusée en 1967, l’année même où Ernesto« Che » Guevara est assassiné
en Bolivie. La compagnie fait l’objet d’appels au boycott, comme celui
dirigé contre le pain industriel produit par une filiale du groupe. «
Achetez du pain, achetez des bombes : ITT au Vietnam », titre alors un
journal de gauche. La redéfinition du sigle en Imperialism, Treason and
Terror (« impérialisme, trahison, terreur ») se répand dans les milieux
militants. Mais de là à déposer une bombe en plein Manhattan...
L’engin explose finalement à 5 heures 40 du matin au 437 de l’avenue
Madison, siège de la branche latino-américaine d’ITT. C’est la troisième
attaque perpétrée contre la multinationale en moins de deux semaines,
après Rome et Zurich. Et la série ne fait que commencer...
À la différence du techlash actuel — terme à la mode pour décrire
l’hostilité que provoque la Silicon Valley —, les actions menées contre
ITT en 1973 occasionnent plus de dégâts que des tweets indignés. Pour
ses détracteurs, le groupe incarne non seulement le capitalisme
multinational mais également une puissance autonome, dotée de sa propre
politique étrangère, de son propre service d’espionnage et même de son
propre personnel politique, un attelage d’anciens militaires, de
barbouzes, de diplomates et de journalistes lauréats du prix Pulitzer
reconvertis en chargés de relations publiques. ITT semble détenir toutes
les prérogatives d’une puissance étatique. D’où le titre du livre paru à
son sujet en 1973 : L’État souverain (2).
Un jeune avocat nommé Fidel Castro
Les accusations de techno-féodalisme qui pleuvent aujourd’hui sur les
géants de la Silicon Valley (3) — dépeints comme des seigneurs médiévaux
qui décident du sort de leurs usagers — réactualisent en réalité des
griefs vieux d’un demi-siècle : même un ouvrage à la gloire d’ITT, paru
au début des années 1980 (4), convoquait l’imagerie seigneuriale en
invitant ses lecteurs — dès la première page ! — à remonter jusqu’à «
l’Europe médiévale des
années 1200 » pour inscrire les opérations de la multinationale dans un
« contexte féodal ». La comparaison n’est certes pas infondée. Mais elle
souffre d’une erreur d’analyse majeure : tous les États ne se
ressemblent pas. Et tous n’entretiennent pas les mêmes relations avec
les géants de la technologie. Or il suffit d’examiner l’histoire d’ITT
pour comprendre que la métamorphose d’un humble opérateur de lignes
téléphoniques en mastodonte planétaire fut la conséquence directe de la
domination militaire, financière et technologique exercée par un seul et
même pays : jamais ITT — ni la Silicon Valley — n’aurait bénéficié d’une
croissance aussi phénoménale sans le soutien inconditionnel des États-Unis.
Les frères Hernán et Sosthenes Behn fondent ITT en 1920 à New York. À
l’origine, l’entreprise leur sert de devanture pour gérer les
installations téléphoniques qu’ils détiennent à Porto Rico et à Cuba.
Nés à Saint-Thomas, dans les actuelles îles Vierges britanniques, les
deux frères connaissent bien les Caraïbes et s’emploient à y attirer les
capitaux américains. Les Behn possèdent une petite fortune familiale
mais surtout une ambition dévorante. Avant de s’installer à Porto Rico,
Sosthenes a travaillé quelques années à Wall Street, où il a noué avec
JP Morgan et ce qui deviendrait plus tard la Citibank des liens qui
s’avèrent fructueux.
Au cours des années 1920, ITT se propage au Mexique, en Uruguay, au
Brésil, au Chili, en Argentine et en Espagne. En 1929, elle contrôle les
deux tiers des téléphones et la moitié des câbles en Amérique latine
(5). Cette extension fulgurante repose sur l’endettement obtenu grâce
aux connexions des Behn avec Wall Street. Elle coïncide avec l’effort
des États-Unis, alors en pleine ascension comme puissance planétaire,
pour évincer les intérêts britanniques d’Amérique latine. Comme le
reconnaît l’ancien ministre de la guerre Elihu Root devant un comité du
Congrès en 1921 : « Il y a une lutte à mort pour le contrôle des
communications sud- américaines. » Sans surprise, les États-Unis la
remportent, avec l’aide d’ITT. Selon un compte rendu fascinant publié en
1930, la compagnie des frères Behn « a fait davantage en neuf ans pour
briser le monopole britannique sur les communications mondiales que tous
les autres groupes et gouvernements réunis durant un demi-siècle (6) ».
Ceux qui, plus tard, interpréteront le « i » d’ITT comme l’initiale d’«
impérialisme » n’auront pas totalement tort.
Dans l’ensemble, la guerre de conquête se déroula sans accroc. Pour
s’attirer les faveurs de Washington, de nombreux pays sud-américains
déroulèrent le tapis rouge à ITT, l’exemptant même des engagements
coûteux généralement demandés aux opérateurs étrangers : investir dans
les infrastructures ou éviter toute hausse unilatérale des tarifs. C’est
seulement durant la seconde guerre mondiale que les liens entre ITT et
Washington commencent à inquiéter certains gouvernements.
Le premier souci concerne la sécurité des communications. L’autre tient
à la montée du nationalisme économique. Ses représentants les plus
fervents, comme Juan Perón en Argentine ou Francisco Franco en Espagne,
congédient ITT, non sans lui verser un dédommagement confortable.
Devenue entre-temps un fournisseur important de la défense américaine,
la multinationale sait que ses jours comme opérateur de lignes
téléphoniques sont comptés. Mais elle entend bien céder ses actifs au
meilleur prix. En attendant une offre intéressante, ITT presse la poule
aux œufs d’or, fait grimper ses tarifs et bloque les investissements. De
sorte que le service devient à la fois plus médiocre et plus coûteux.
Les populations locales enragent, mais ITT paraît intouchable. Qui
oserait nationaliser une entreprise américaine aussi puissante ?
Un homme a cette audace. Au début des années 1950, un jeune avocat
cubain traîne le groupe devant un tribunal, l’accusant d’avoir trahi ses
engagements. Son cabinet gagne le procès, mais le dictateur qui tient
alors les rênes de Cuba, Fulgencio Batista, ignore le jugement du
tribunal. Le jeune avocat s’appelle Fidel Castro. Il n’oubliera jamais
cette humiliation : la filiale cubaine d’ITT sera l’une des premières
sociétés étrangères nationalisées au lendemain de la révolution
castriste de 1959. Le geste sonnera comme une gifle pour ITT — et comme
un présage.
Lorsqu’en 1962 le gouverneur d’un État brésilien prend le contrôle d’une
de ses filiales locales, la compagnie mobilise ses liens avec Washington
contre ce qu’elle présente comme un épisode de la guerre froide — un
thème qui refera surface deux ans plus tard à la faveur du coup d’État
militaire. Sa campagne de lobbying se révèle fructueuse, puisque le
Brésil souffre l’humiliation de devoir payer une compensation
exorbitante pour la filiale nationalisée.
À la fin des années 1960, l’empire ITT réinvestit les énormes profits
tirés de la revente de ses biens en Amérique latine dans des
acquisitions de toutes sortes — compagnies d’assurances, hôtels, et même
une société de location de voitures. La plupart sont domiciliées sur
place et ne courent aucun risque de nationalisation. Au tournant de
1970, les seuls réseaux téléphoniques encore aux mains d’ITT se situent
à Porto Rico, base arrière historique de la compagnie, ainsi qu’au
Chili, où elle s’était installée en 1927.
Les engagements d’ITT auprès de l’État chilien brillent par leur
imprécision, en vertu d’un contrat exceptionnellement avantageux pour la
compagnie (7). Dans les années 1960, le gouvernement d’Eduardo Frei, un
chrétien-démocrate élu en 1964, tente de régler le problème sans faire
de vagues, grâce à un plan prévoyant de racheter petit à petit les parts
de la filiale locale d’ITT. Mais, pour les opposants de Frei, c’est à la
fois trop peu et trop. Le socialiste Allende remporte l’élection
présidentielle de 1970 en promettant de nationaliser ITT, d’y remplacer
les managers par des ingénieurs et d’étendre le réseau téléphonique dans
les zones les plus pauvres du pays.
ITT craignait une présidence Allende bien avant 1970. Six ans plus tôt,
déjà, l’un des membres de son conseil d’administration, l’ex-directeur
de la CIA John McCone, avait pesé de tout son poids pour empêcher
l’élection du socialiste chilien. Quelques mois avant le scrutin de
1970, ITT se met en relation avec la CIA et lui propose de l’argent pour
faire obstacle à une possible victoire de la gauche. La CIA refuse,
n’étant jamais à court de liquidités, ce qui ne décourage pas la
compagnie d’arroser copieusement les opposants d’Allende.
Après la victoire-surprise de ce dernier, c’est la CIA qui prend langue
avec ITT. La compagnie ne pourrait-elle pas mettre l’État chilien sous
pression, en refusant par exemple de fournir des pièces détachées ou du
personnel de maintenance ? L’objectif de l’Agence consistait, selon les
mots de Richard Nixon, à « faire crier l’économie chilienne » pour
inciter les militaires à sortir de leurs casernes avant même qu’Allende
ait le temps d’inaugurer son mandat.
Entre espionnage et finance
Cette stratégie tourne court. Une fois au pouvoir, Allende préfère
négocier avec la compagnie plutôt que de la nationaliser sur-le-champ,
alors que sa base — dont les syndicats de travailleurs d’ITT — réclame
des mesures plus radicales. Comble de l’ingénuité, il demande même à
l’entreprise de détecter d’éventuels micros au palais présidentiel... En
septembre 1971, Allende se ravise et prend le contrôle de la filiale
chilienne d’ITT, dont les dirigeants sont arrêtés pour avoir siphonné
des profits indus via des sociétés fictives. En retour, la
multinationale lance une virulente campagne à Washington. Ayant ses
entrées chez le secrétaire d’État Henry Kissinger, elle lui suggère
dix-huit mesures à prendre pour déstabiliser le président chilien dans
un délai de six mois. Et continue par ailleurs d’encourager la CIA à
financer El Mercurio, le principal journal de l’opposition.
Au sein même de la compagnie, certains commencent à s’interroger. La
presse publie des communications entre sa direction et des membres de
l’administration Nixon, poussant le Sénat à mener des auditions pour
clarifier l’influence d’ITT sur la politique étrangère américaine (8).
Mais l’enquête ne parvient pas à mettre en cause les responsables et nul
n’est condamné. Trois mois après, Allende perd la vie dans le coup
d’État de Pinochet.
Pour ITT, la nationalisation ne fut pas un choc trop rude : peu de temps
après le coup d’État, la compagnie reçut 125 millions de dollars de
Pinochet en guise d’indemnités, ainsi que
30 millions de la part de l’administration Nixon. En dépit — ou,
peut-être, en raison — du rapport non concluant du Sénat américain, les
soupçons au sujet du rôle d’ITT au Chili ne cessèrent de croître. Il
n’était donc pas illogique que la multinationale représentât une cible
toute trouvée pour de nombreux militants. L’inconnu qui avertit le New
York Times de la présence d’une bombe au siège d’ITT se revendiquait du
Weather Underground, une organisation clandestine d’extrême gauche. Au
bout du compte, cette publicité négative
indisposa même Porto Rico, foyer historique de la compagnie : en 1974,
le territoire décida de racheter la filiale. La compensation massive qui
lui fut accordée ne calma pas les esprits : son siège sauta quelques
mois après la transaction.
Au cours de la majeure partie de son existence, ITT fut le laboratoire
d’un modèle d’expansion appelé à faire école, fondé sur les liens avec
Wall Street et le Pentagone. Elle fut également pionnière de la
mondialisation avec sa vision d’emblée globale et sa maîtrise du
conglomérat — même si les synergies entre les filiales les plus
hétéroclites relevaient surtout d’astuces comptables. De plus en plus
obsédés par les profits à court terme et le cours des actions, ses
dirigeants négligèrent les investissements à long terme dans ses
services-clés. Là encore, elle fut en avance sur son temps : la plupart
des autres compagnies américaines ne succomberaient à pareille tentation
qu’à partir des années 1980. ITT, elle, embrassa la financiarisation dès
le milieu des années 1960. À l’époque, il pouvait paraître étonnant
qu’un manutentionnaire du téléphone travaillant pour la défense préférât
racheter des compagnies d’assurances plutôt que d’investir dans la
recherche et le développement. Encouragés par leurs amis de la banque
Lazard, ses dirigeants réussirent à convaincre Wall Street que leur
gloutonnerie s’inscrivait dans une ingénieuse stratégie de diversification.
Mais son désir de croissance exponentielle marqua également le début de
la fin : elle ne vit pas l’intérêt des recherches longues et coûteuses
qui commençaient à fleurir dans la Silicon Valley. Le coup d’État au
Chili abîma son image de manière irréversible pour les décennies à
venir. Paradoxalement, la proximité d’ITT avec l’État américain et Wall
Street — à laquelle elle dut sa prodigieuse croissance initiale — causa
son déclin. De cette erreur, les actuels géants de la Silicon Valley,
pareillement pris en étau entre espionnage et finance, ne paraissent pas
avoir tiré toutes les leçons.
EVGENY MOROZOV
Auteur de The Santiago Boys, [https://the-santiago-boys.com/] une série
de podcasts en neuf épisodes basée sur plus de deux cents entretiens,
produite par Chora Media et Post-Utopia, et dont s’inspire cet article.
Il 23/07/23 10:25, [email protected] ha scritto:
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Message: 1
Date: Sun, 23 Jul 2023 08:51:56 +0200
From: "J.C. DE MARTIN"<[email protected]>
To: Nexa<[email protected]>
Subject: [nexa] The Santiago Boys
Message-ID:<[email protected]>
Content-Type: text/plain; charset="utf-8"; Format="flowed"
E' online The Santiago Boys, il nuovo, splendido progetto di Evgeny Morozov:
https://the-santiago-boys.com/
Qui sotto l'annuncio.
Inoltre, oggi "La Lettura" dedica quattro pagine (!) all'iniziativa e
ieri il Guardian da pubblicato un articolo a uno dei protagonisti della
storia, Stafford Beer:
https://www.theguardian.com/world/2023/jul/22/stafford-beer-chile-allende-technology-cybernetics
Bravo, Evgeny!
juan carlos
/
//The podcast that took 2+ years and 200+ interviews to produce is
finally online!//
//
//You can listen to it on the main podcasting platforms (including
Spotify and Apple Podcasts). //
//
//The website of the Santiago Boys offers plenty of extra materials for
those of you who want to dig deeper: footnotes, backgrounders, sources,
videos, a glossary, and so much else. //
//
//And we are also publishing the interviews with the many people we
interviewed (check out, for example, this interview with Brian Eno where
he talks about Stafford Beer and his own fascination with cybernetics). //
//
//Many thanks to dozens of people who worked on this ambitious project;
you can see all their names here. //
//
//I hope you take a break from the Barbenheimer hyper and spend some
time with the Santiago Boys instead! //
//
//Evgeny Morozov/
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Message: 2
Date: Sun, 23 Jul 2023 10:07:13 +0200
From: "Federico Guerrini"<[email protected]>
To:[email protected]
Subject: [nexa] Artificial Intelligence: A New Frontier for
Surveillance Capitalism?
Message-ID:<[email protected]>
Content-Type: text/plain; charset="utf-8"
"If you ask Alexa, Amazon’s voice assistant AI system, whether
Amazon is a monopoly, it responds by saying it doesn’t know. It
doesn’t take much to make it lambaste the other tech giants, but
it’s silent about its own corporate parent’s misdeeds. When Alexa
responds in this way, it’s obvious that it is putting its
developer’s interests ahead of yours. Usually, though, it’s not so
obvious whom an AI system is serving. To avoid being exploited by
these systems, people will need to learn to approach AI skeptically.
(...) As a security expert and data scientist, we believe that people
who come to rely on these AIs will have to trust them implicitly to
navigate daily life. That means they will need to be sure the AIs
aren’t secretly working for someone else. Across the internet,
devices and services that seem to work for you already secretly work
against you. Smart TVs spy on you. Phone apps collect and sell your
data. Many apps and websites manipulate you through dark patterns,
design elements that deliberately mislead, coerce or deceive website
visitors. This is surveillance capitalism, and AI is shaping up to be
part of it."
"Imagine asking your chatbot to plan your next vacation. Did it choose
a particular airline or hotel chain or restaurant because it was the
best for you or because its maker got a kickback from the businesses?
As with paid results in Google search, newsfeed ads on Facebook and
paid placements on Amazon queries, these paid influences are likely
to get more surreptitious over time.
If you’re asking your chatbot for political information, are the
results skewed by the politics of the corporation that owns the
chatbot? Or the candidate who paid it the most money? Or even the
views of the demographic of the people whose data was used in
training the model? Is your AI agent secretly a double agent? Right
now, there is no way to know."
https://theconversation.com/can-you-trust-ai-heres-why-you-shouldnt-209283
Ciao,
Federico
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Message: 3
Date: Sun, 23 Jul 2023 10:24:58 +0200
From: "J.C. DE MARTIN"<[email protected]>
To: Nexa<[email protected]>
Subject: [nexa] RFC "Reflections on Ten Years Past the Snowden
Revelations"
Message-ID:<[email protected]>
Content-Type: text/plain; charset="utf-8"; Format="flowed"
RFC 9446
*Reflections on Ten Years Past the Snowden Revelations**
*
Stream:
Independent Submission
RFC:
9446
Category:
Informational
Published:
July 2023
ISSN:
2070-1721
Authors:
S. Farrell
Trinity College, Dublin
F. Badii
Digital Medusa
B. Schneier
Harvard University
S. M. Bellovin
Columbia University
*Abstract**
*
This memo contains the thoughts and recountings of events that
transpired during and after the release of information about the United
States National Security Agency (NSA) by Edward Snowden in 2013. There
are four perspectives: that of someone who was involved with sifting
through the information to responsibly inform the public, that of a
security area director of the IETF, that of a human rights expert, and
that of a computer science and affiliate law professor. The purpose of
this memo is to provide some historical perspective, while at the same
time offering a view as to what security and privacy challenges the
technical community should consider. These essays do not represent a
consensus view, but that of the individual authors.
https://www.rfc-editor.org/rfc/rfc9446.html
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Subject: Digest Footer
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End of nexa Digest, Vol 171, Issue 63
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quanti nella loro vita / si fecero custodi delle Termopili, /
sono degni di più grande onore / se prevedono (e molti lo prevedono) /
che all’ultimo comparirà un Efialte / e comunque i Persiani passeranno
Kostantinos Kavafis, Termopili
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Maurizio Lana
Università del Piemonte Orientale
Dipartimento di Studi Umanistici
Piazza Roma 36 - 13100 Vercelli
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nexa mailing list
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