La Francia.

La France ne contrôle plus ses données : Microsoft les remettra aux États-Unis 
“si nous y sommes contraints”

Par 
Aymeric Geoffre-Rouland

Lors d’une audition publique au Sénat, Microsoft France a confirmé qu’elle ne 
pouvait empêcher la justice américaine d’accéder aux données hébergées en 
France. Un aveu glaçant, qui révèle l’ampleur du décalage entre les promesses 
de souveraineté numérique et la réalité contractuelle de l’État français.

Le 10 juin 2025, la commission d’enquête sénatoriale sur la commande publique a 
reçu Microsoft France pour une audition très attendue. Ce qui s’y est dit n’a 
laissé aucune place à l’ambiguïté : le droit américain s’impose, même lorsque 
les données sont hébergées à Paris ou Marseille. Et l’aveu n’est pas venu d’un 
militant ou d’un expert extérieur, mais du directeur juridique de Microsoft 
France lui-même.
Cloud Act : Microsoft ne peut pas empêcher l’accès du gouvernement américain 
aux données françaises
Face aux sénateurs, Anton Carniaux, directeur juridique de Microsoft France, 
n’a pas tourné autour du pot. À la question de savoir si Microsoft pouvait 
protéger les données françaises d’une injonction américaine, il a répondu, sans 
détour :
 
"Si nous sommes contraints par une décision de justice américaine, nous devons 
remettre les données."

Sénat, 10 juin 2025, vidéo à 1 h 18 m 35 s

Le Cloud Act, adopté aux États-Unis en 2018, oblige toute entreprise américaine 
à répondre à une réquisition judiciaire, y compris pour des données stockées à 
l’étranger. Microsoft, bien que disposant de centres en France, reste 
juridiquement soumise à ce cadre. Le lieu de stockage ne fait donc pas barrière 
au droit.Ce qui trouble davantage, c’est que l’État français continue d’acheter 
massivement des services Microsoft via l’UGAP, notamment par le marché 
“multi-éditeurs logiciels”, dans lequel Microsoft Ireland agit en tant que 
fournisseur. Des milliers d’administrations, d’hôpitaux ou de collectivités 
utilisent ainsi Microsoft 365 ou Azure, souvent sans conscience des 
conséquences juridiques. Même si l’hébergement est local, le risque reste 
transatlantique.

Et le problème ne vient pas seulement de Microsoft. Lors de la même audition, 
la DINUM (Direction interministérielle du numérique) a reconnu que les 
exigences de souveraineté définies par l’État ne sont pas encore appliquées de 
manière complète. Autrement dit, les marchés publics continuent de passer par 
des solutions non conformes, malgré la doctrine officielle.
 
Les conditions de souveraineté, telles qu’elles ont été définies dans la 
doctrine de l’État, ne sont pas encore appliquées de manière complète.

DINUM, Sénat, 10 juin 2025

Microsoft, de son côté, met en avant des garde-fous : contestation des demandes 
abusives, rapports de transparence, chiffrement avancé, projet de cloud 
souverain avec gouvernance européenne. Mais même ces dispositifs, aussi sérieux 
soient-ils, s’effacent dès lors qu’un tribunal américain prononce une 
injonction.
Lyon : passage à l’acte pour la souveraineté numérique
En réaction à ces failles, la ville de Lyon a décidé de rompre avec la suite 
Microsoft Office. Selon la mairie, cette décision s’inscrit “dans un contexte 
de prise de conscience croissante des enjeux de souveraineté numérique ”. Elle 
adopte la suite libre Territoire Numérique Ouvert, développée avec le SITIV, 
hébergée dans des datacenters régionaux, et remplaçant progressivement 
Microsoft par OnlyOffice, Linux et PostgreSQL.Lyon fait office de cas d’école : 
une collectivité publique qui met en œuvre des solutions localisées, libres et 
maîtrisées, afin d’échapper au poids des lois extraterritoriales.

<https://www.lesnumeriques.com/societe-numerique/la-france-ne-controle-plus-ses-donnees-microsoft-les-remettra-aux-etats-unis-si-nous-y-sommes-contraints-n240010.html>

Source : 
Sénat – Compte rendu de la commission d’enquête sur la commande publique 
numérique (10 juin 2025)
<https://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20250609/ce_commande_publique.html>



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