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Journ�e compl�tement folle hier pour le
club rouge et noir. Commenc�e sous les insultes, les crachats et les jets de
pierres au si�ge de l'OGCN quand les licenciements de Paolo Taveggia et de tout
son staff technique furent confirm�s, elle s'acheva dans un calme relatif huit
heures plus tard � la mairie, mais toujours dans un grand flou. L'entra�nement
reprend lundi avec un pr�parateur physique. Un nouvel organigramme pr�vu
seulement pour mercredi....
Alors que l'Europe joue au football, Nice
s'est offert, hier, un de ces matchs dont elle a le secret, sans ballon
�videmment : en coulisses et � guichets ferm�s.
M�me si, en fin de journ�e, les italiens
ont consenti � entrouvrir la porte pour une conf�rence de presse aux propos qui
se voulaient rassurants.
Quant au s�nateur-maire, Jacques Peyrat,
que la situation doit agacer de plus en plus, surtout � la veille d'�lections
municipales, il s'est donn� jusqu'� lundi pour r�agir.
Hier donc , � moins de 48 heures de la
reprise de l'entra�nement, l'OGCN, d�capit� mais sous perfusion, a v�cu un
nouveau psychodrame. Avec l'apparition d'un ph�nom�ne nouveau : la
violence.
Film d'une journ�e compl�tement folle
avec ce qui est certain, ce qui ne l'est pas, ce qui est dit et ce qui est
d�menti.
10h30, parc des sports de l'Ouest, au
si�ge du club.
Une poign�e de supporters attend en
ruminant sa rage. "On est m�pris�s. Nous ne savons rien sur l'avenir de notre
club".
En fait on sait simplement que le manager
g�n�ral, Paolo Taveggia, a �t� remerci� la veille.
10h40.
Une partie du staff technique
arrive.
Guy David. Tendu. Roger Ricort. Le
portable coll� � l'oreille. Roberto Onorati. D�contract� (ou essayant de
l'�tre).
10h50.
L'�missaire de Rome, Fabrizio Lucchesi se
pr�sente � bord d'une Audi A8, immatricul�e � Monaco, conduite par un jeune
homme aux allures d'Alain Delon dans "Le Gu�pard". Les insultes pleuvent. Ils
ont le temps de les entendre, personne n'ayant pens� � ouvrir la barri�re, ils
doivent faire le chemin qui s�pare le parking du si�ge, � pied.
10h53.
Tout ce petit monde est r�uni dans
les locaux. Chaleur moite (la "clim" fait d�faut). Ambiance tendue.
Les italiens s'enferment dans la salle
des r�unions. La ronde des consultations peut commencer. Pendant ce temps,
tournent en rond Roger Ricort, Robin Huc, Christian Schmitt, Fr�d�ric
Gioria.
Plus calmes, Roberto Onorati et Guy David
attendent, assis dans un bureau.
L'ombre de Mario...
10h55.
Les premiers � �tre re�us sont les
membres de l'association, le pr�sident Ange Ferracci et le tr�sorier Franck
Lorino. Rapide. R�actions : "Nous sommes d�sol�s. Nous sommes l� pour parler
d'avenir, r�unis autour d'un projet qui a re�u l'aval des instances f�d�rales.
Ce projet est toujours d'actualit� autour d'un technicien digne de ce nom,
Christian Damiano", actuel patron du centre de formation et remerci� par
Taveggia en janvier apr�s un bref passage � la t�te de l'�quipe
pro.
Question : "On vous accuse de jouer
contre l'�quipe gagnante Taveggia-David, pr�sident-d�l�gu� et entra�neur, au
profit d'une �quipe nouvelle t�l�guid�e par un ancien pr�sident de l'OGCNice,
Mario Innocentini ?".
R�ponse : "N'en croyez pas un
mot".
Soit, mais rien n'en fera d�mordre les
supporters qui s'�chauffent de plus en plus.
Guy David : "Messieurs, je suis
licenci�".
Midi.
Guy David rentre et sort : "Messieurs, je
suis licenci�. Et je ne ferai aucun commentaire".
Il s'en va. Les supporters, toujours
mass�s en bas, lui voient des larmes dans les yeux. Le ton monte.
Roger Ricort sort � son tour. Licenci� .
"Je suis d��u pour M. Paolo Taveggia qui �tait all� contre l'ambiance locale et
avait obtenu des r�sultats sportifs".
L'embl�me du club est arrach� et vole �
travers une vitre pour �chouer dans un bureau : celui o� sont en discussion MM.
Ferracci, Lorino et Damiano. A quelques centim�tres pr�s, la lourde enseigne
percutait de plein fouet Christian Damiano.
A cet instant, l'OGCNice est en
lambeaux.
Les autres membres du staff techniques
sont, un � un, cong�di�s.
13h.
Restent au si�ge, les dirgeants italiens,
Christian Damiano, les responsables de l'association, le directeur g�n�ral,
Jean-Luc Bailet, qui se dit effondr� par la tournure des
�v�nements.
Portes closes. Rien ne filtre. Les
portables sonnent.
La "l�gion" pour les
Romains.
14 h.
Une r�union est annonc�e en mairie entre
le s�nateur-maire, MM. Lucchesi et son ami qui s'av�re �tre le nouvel homme de
confiance de Francesco Sensi, F�d�rico Pastorello. (voir par
ailleurs).
Il faut partir. Probl�mes. Les supporters
sont d�cha�n�s.
Le v�hicule des italiens, laiss� sans
surveillance, a �t� taggu�, recouvert de pl�tre et coiff� d'une
poubelle.
14h20.
Sortie. Les insultes et les crachats
fusent.
Onze voitures de police -municipale et
nationale- et six motards de la P.M. prot�gent la fuite des Romains et de leurs
alli�s ni�ois.
Les supporters : "On ne leur laissera pas
tuer le club. On le tuera nous. C'est le n�tre. Mais on ne se laissera pas
humilier sans cons�quences, on va porter les comptes chez le procureur De
Montgolfier..."
Guy David ressucit�.
14h30 - 18h.
R�union en mairie. Le maire refusera de
parler. Les Italiens, comme ils l'avaient promis le matin, organisent la
conf�rence de presse.
Rien ne va. On a perdu la clef de la
salle des mariages (!) o� la conf�rence devait se tenir. On �choue �
l'�tat-civil, l� o� l'on na�t et o� l'on meurt.
Tout un symbole. Et que dire lorsque les
Italiens ressucitent Guy David et une partie du staff technique (voir par
ailleurs).
Dans la cour de l'h�tel de ville, on
pr�pare le festin pour marquer la fin des journ�es de l'identit� ni�oise
!
Mais c�t� football, il y a longtemps que
la salade du m�me nom, ne fait plus rire personne...
Fran�ois Rosso.
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