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Petit floril�ge des
�e-canulars�
Fortune. Cinq dollars, juste pour faire
suivre le message � un ami. Et un dollar � chaque e-mail re�u. Selon ce
canular tr�s en vogue il y a quelques mois, Microsoft r�compensait ainsi
les gentils internautes qui l'aidaient � tester son �nouveau syst�me de
tra�age des e-mails�. D�menti de la firme de Bill Gates en mai 1999.
Espionnage. Tr�s virulente en ce moment, la rumeur court sur le
Web que la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libert�s) a
autoris� les �diteurs de logiciels � fouiner dans les disques durs des
internautes pour y rep�rer d'�ventuels programmes pirat�s. D�mentis de la
Cnil en mars 1999 puis en f�vrier 2000.
D�sinformation. En pleine affaire du
naufrage de l'Erika, un message transcrivant un �change d'e-mails entre
dirigeants de TotalFina a galvanis� les internautes r�volt�s par la mar�e
noire. On y d�couvrait des cadres pr�ts � faire appel aux RG pour faire
taire les contestataires. Aucune des pr�tendues adresses indiqu�es n'�tait
r�elle.
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'est un
e-mail aguicheur. Au destinataire, il promet un t�l�phone portable gratuit
capable d'acc�der � l'Internet. La bonne affaire facile et en quelques
clics. �Ceux qui renverront ce message 25 fois ou plus recevront le
Nokia 7 110�, explique en anglais ce message sign� d'un certain James
Dorfeld, qui se pr�sente comme vice-pr�sident de Nokia Communications. Une
campagne marketing rus�e? M�me pas. L'adresse �lectronique indiqu�e pour
le P�re No�l finlandais n'existe pas. Et au si�ge de Nokia, en Finlande,
on d�ment formellement �tre � l'initiative d'une telle op�ration de
promotion. Personne ne sait d'o� �mane cet e-mail. Seule certitude: le
message s'est propag� sur toute la plan�te, de bo�tes �lectroniques en
bo�tes �lectroniques.
D�menti officiel. �En deux jours, je l'ai re�u cinq fois, d'amis
australiens, fran�ais et allemands�, raconte Laurent, un Fran�ais qui
travaille dans une soci�t� high-tech californienne. Rep�r� il y a quelques
semaines aux Etats-Unis, l'e-mail de Nokia s'est doubl� la semaine
derni�re d'un autre tout aussi douteux, mouillant l'autre grand fabricant
de mobiles, Ericsson : �Cher client, notre principal concurrent,
Nokia, offre des t�l�phones portables via Internet. [...] Nous
avons donc d�cid� d'offrir nous aussi des t�l�phones�, proclame le
message, qui circule � plein r�gime en France depuis quelques jours.
J�r�me, employ� d'une soci�t� de biotechnologies, l'a eu par un coll�gue,
qui lui-m�me l'avait re�u d'un ami espagnol. M�mes ficelles que pour le
bidonnage de Nokia: l'internaute doit faire suivre le message � 20 de ses
amis pour b�n�ficier de l'offre. Et surtout, exp�dier une copie � Anna
Swelund, �executive production manager d'Ericsson Marketing�,
charg�e d'envoyer les combin�s offerts.
Bien entendu, tout est faux. �Cette Anna Swelund n'existe m�me
pas�, dit St�phanie Vanoye, responsable de la communication externe
chez Ericsson France. Responsable du site web fran�ais de l'entreprise,
elle croule depuis lundi sous les demandes d'explication d'internautes
r�clamant leur d�, par t�l�phone ou e-mail. �Quand je suis arriv�e au
bureau lundi, j'avais des dizaines de messages me demandant si c'�tait
vrai ou faux. Dans les d�ners, � la chorale, � mon cours de danse, on me
harc�le de questions.� Devant l'ampleur du ph�nom�ne, l'entreprise
su�doise s'est fendue lundi d'un d�menti officiel : �Cet e-mail
est une imposture et Ericsson ne donne pas ses t�l�phones
gratuitement�, lit-on sur le site.
Faux virus. Les deux fabricants de t�l�phone nordiques sont les
derni�res victimes en date d'un ph�nom�ne courant sur le Net, les
hoaxes (canulars). Fausses cha�nes de solidarit�, pr�tendues
loteries miracles, alertes � l'espionnage sur les portables: tout y passe
et les bobards les plus r�ussis (lire ci-dessous) parcourent toute la
plan�te, engorgeant les bo�tes. �Quand ils re�oivent un e-mail, les
gens ne se posent pas trop de questions�, explique Guillaume Brossard,
32 ans, un des fondateurs du site Hoaxbuster.com (casseur de canulars),
qui se charge de r�pertorier les plus r�pandus des e-mails bidons. ��a
demande tellement peu d'efforts de le faire suivre, alors on ne sait
jamais...�
Lass� de recevoir des courriers �lectroniques douteux, il a mont� son
site en mars avec deux amis. �Comme tout le monde, au d�but, on y a
cru�, dit-il. Aujourd'hui, il s'�chine � v�rifier les rumeurs
signal�es par les visiteurs de son site. Au palmar�s des hoaxes, le
faux virus informatique arrive de loin en t�te. �Ils sont toujours
�crits de la m�me fa�on: ils restent vagues sur les d�g�ts caus�s, et
surtout, la pr�tendue alerte �mane toujours d'un grand groupe, comme ATT
ou IBM. Les gens croient bien faire et font suivre.� Certains de ces
canulars promettent des gains faciles. D'autres rappellent les classiques
cha�nes postales et menacent le destinataire des foudres divines s'il ne
fait pas suivre le courrier. Un vieux truc � l'efficacit� d�multipli�e par
la simplicit� et la rapidit� du Web.
D�stabilisation. Bien s�r, les auteurs ne sont quasiment jamais
identifi�s et la source de ces mystifications se perd dans les m�andres du
r�seau. Mais surtout, entre blague de potache et guerre �conomique, il est
difficile de conna�tre les motivations des �hoaxeurs�. �Ils veulent
v�rifier jusqu'� quel point ils peuvent d�stabiliser un grand groupe�,
estime St�phanie Vanoye, d'Ericsson. En attendant que la fr�n�sie
�lectronique se calme, les deux fabricants de mobiles enqu�tent pour
tenter de d�couvrir l'origine des canulars.
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