Bonjour, R�pondant sur la liste �coles � la demande de Thierry Fran�ois, j'avais soulign� l'int�r�t au plan intellectuel du livre de Britt Mari Barth, mais je m'�tais gard� de parler de l'abstraction. Je m'�tais cantonn� au probl�me de la m�tacognition d'un point de vue assez pragmatique.
Sur l'abstraction, Luc est p�t � entendre des avis divergents, mais je n'ai pas l'esprit contrariant et encore moins une tr�s bonne connaissance th�orique du probl�me. Juste un souvenir donc, �volutif s'il en fut. On nous r�p�tait jadis cette formule magique mais ambig�e : "Il faut partir du concret pour en sortir". Dans le discours que j'entendais, il n'�tait pas question d'abstraction, mais de r�alisme. Si je d�veloppe, c'�tait � peu pr�s : "Le m�tier est difficile, les gosses r�fractaires � l'apprentissage, et on ne peut s'en sortir qu'en partant ou en revenant du/au concret. C'�tait en quelque sorte du Freinet vulgaris�, style "calcul vivant", anti-livresque, anti scolastique. On parlerait plut�t aujourd'hui de "situations-probl�mes", de "faire du sens � l'�cole", m�me si la superposition n'est pas totale. Apr�s d�cantation, le discours m�moris� n'est plus tout � fait le m�me. Le temps a pass�. Le sens des mots, avec le temps, prend parfois du jeu, et j'entends ainsi aujourd'hui deux variantes : 1) Pour arriver aux notions difficiles et � l'abstraction, il faut partir du concret. Le sens reste tr�s proche du pr�c�dent : faisons du concret, on s'en sortira. Plus on sera concret, mieux cela ira. 2) Autre lecture, assez divergente : Conc�dons qu'il faut partir du concret mais n'oublions surtout pas d'en sortir. Du concret, oui, mais pas trop, l'important est ailleurs. Quelques �chos maintenant dans le message de Luc : ----- Original Message ----- From: <[EMAIL PROTECTED]> To: <[EMAIL PROTECTED]> Sent: Friday, March 01, 2002 8:29 AM Subject: Re: [pmev] Re: M�tacognition, abstraction LBTL - Britt Mari lors de son ouvrage suivant a sembl� mettre un peu d'eau du robinet dans son Vitel relativisant un peu ce qui apr�s moultes lectures (je m'�tais m�me fait il y a dix ans une cassette enregistr�e de son livre) continuait � m'appara�tre comme de l'abstraction sur l'abstraction. ** MM : de l'abstraction sur l'abstraction, oui, ce qui n'est pas n�cessairement p�joratif. On peut lire : de la r�flexion sur l'abstraction. C'est bien la moindre des choses et rel�ve bien de la r�flexion sur la cognition. Pas si abstrait que �a le bouquin. Je ne l'ai pas sous la main, j'ai quand m�me souvenir de quelques exemples concrets illustrant sa d�marche. Interessants, un peu lourds � mettre en oeuvre sans lourde pr�paration quand mais pas d�lirants. Une forme particuli�re de "le�on" ou de "cours", dont j'imagine que des PIUFM pourraient faire leurs choux gras. J'aurais aim� avoir le temps d'y r�fl�chir plus pour concr�tiser. LBTL : Personnellement j'en suis venu � croire que l'abstraction �tait un lieu o� l'on rangeait les concepts en attente d'exp�riences perceptives. ** MM - Si je comprends bien ou si, d�lib�r�ment, je diverge un peu : engrangeons des concepts, qui ont du sens par eux m�mes mais pas encore pour celui qui les stocke : leur sens apparaitra apr�s. Un peu comme un ordinateur a besoin de donn�es pour travailler, et aussi du programme qui lui permettra de les traiter.. Quand un cerveau humain �clair� et �claireur d�couvre une chose nouvelle et encore inconnue, un mot vient ensuite d�signer cet objet ou ce savoir nouveau. Quand un autre cerveau humain, ni �clair� ni �claireur, veut s'approprier � son tour ce savoir nouveau, il s'empare d'abord du mot et essaye ensuite de comprendre le sens que les inventeurs ont mis en �vidence. Pour �tre moins remarquable que le pr�c�dent, ce cerveau l� peut "apprendre" en quelques minutes ce que le premier a mis beaucoup de temps � mettre � jour. Il a gagn� un temps pr�cieux et pourra �ventuellement aller plus loin, faire avancer � son tour le savoir humain. On peut penser que la d�marche du premier est importante et m�rite donc d'�tre "enseign�e" pr�cocement au m�me titre que d'autres "comp�tences trasversales". Certainement. Au risque d'y passer tant de temps que cela se fera au d�triment des donn�es engrang�es ? Et donc de la possibilit� de les traiter ? Puis de celle d'augmenter le capital commun de donn�es ? Simples questions �videmment, qui ne veulent pas induire un doute mais un questionnement. R�ponse toute provisoire et non pol�mique de la PMEV : un mode d'apprentissage qui ne se revendique pas de la p�dagogie de la red�couverte mais n'y �chappe cependant pas. Pas de parti pris de lenteur argant de l'importance de ce que Freinet appela le "t�tonnement exp�rimental", mais pas de d�ni non plus : on apprend en se trompant, on apprend en t�tonnant, mais mieux vaut rep�rer plus vite les erreurs, plus vite les chemins productifs. Une pens�e maigre qui chasse son gibier, mais bien �tay�e, en terrain giboyeux. LBTL - La division par exemple reste une abstraction par exemple pour tous ceux qui n'ont pas acc�d� � une intimit� suffisante avec "la question de la division" ** MM : J'abdique. Mais tu as raison. de m�me pour certains (et c'est bien plus grave) "l'autre" reste une attraction ** MM. Tu ne peux si bien dire. On attend un mot, tu nous en fourgue un autre, et les "lecteurs rapides" n'y auront vu que du feu. Serais tu inspir� par la r�cente b�vue dans le sujet de l'agreg de lettres qu'un candidat d'ici a contribu� � faire annuler ? Les deux formulations avaient du sens, m�me si l'auteur avait choisi le sien, que la dactylo du MEN avait d�tourn�. Mais tu montres par l� que l'alt�rit� c'est d�cid�ment un vaste programme ! Mais comment appelle t on cette mani�re de discourir dans laquelle tu excelles ? cela semble par exemple le cas de Bill Gates qui a su dire (!!!) <<Il se pourrait, on ne sait jamais, que l'univers n'existe que pour moi. Si c'�tait vrai, je dois admettre que cela me ferait plaisir !>> MM. Oublierai-t-il ce qu'il doit � ses pr�decesseurs dans l'Univers ? Voil� une signature que je ne revendique pas, et j'ai d�j� la mienne. Michel MONOT P�dagogie de Ma�trise � Effet Vicariant : www.offratel.nc/magui/ "Nous ne vous demandons pas de r�p�ter nos formules, mais de vous en servir pour d�couvrir ce que nous n'avons pas encore d�couvert" (Gaston BERGER) Pour vous abonner � la liste PMEV : rendez-vous a l'adresse http://www.lebulletinpmev.com/test_ml.html et completez le formulaire Pour aller sur le FORUM de la PMEV : http://www.lebulletinpmev.com/list.php?f=1 --------------------------------------------------------------------- Pour vous desabonner : ecrivez a : [EMAIL PROTECTED] Pour obtenir de l'aide : ecrivez a : [EMAIL PROTECTED]
