Pour r�flexion en vue d'un article du bulletin sur le journal de
classe en PMEV :

Jules FERRY
Circulaire aux Recteurs
14 Octobre 1881



Objet : Registres et �critures scolaires


Monsieur le Recteur,

J'ai l'honneur de vous adresser une ampliation d'un arr�t� dat� de ce
jour, d�terminant  les registres et �critures scolaires dont la tenue
sera seule obligatoire d�sormais pour les instituteurs, les
institutrices et les directrices des �coles maternelles.
Comme vous le remarquerez,  cet arr�t�, qui rapporte celui du 17 avril
1866, simplifie consid�rablement les �critures auxquelles �taient
tenus les fonctionnaires de l'enseignement primaire.
(.)

Tous les renseignements dont peuvent avoir besoin MM les Inspecteur
Primaires se trouvent dans le registre matricule et les �tats
r�capitulatifs qui l'accompagnent.

(.)
Enfin et sur la demande presque unanime de M les Inspecteurs
d'Acad�mie r�unis r�cemment � Paris en conf�rence, j'ai d�cid� la
suppression du journal de classe.

La tenue de ce journal avait sa raison d'�tre alors que, pour beaucoup
d'instituteurs, la n�cessit� de pr�parer consciencieusement leur
classe n'�tait ni clairement d�montr�e ni imp�rieusement sentie. Mais
nous n'en sommes plus l� aujourd'hui : cette v�rit� p�dagogique qu'il
n'est pas de bonne classe sans une bonne pr�paration est reconnue et
proclam�e par les ma�tres eux-m�mes ; l'habitude de cette pr�paration
journali�re des le�ons est heureusement entr�e dans les mours
scolaires.

On semblerait donc manifester � l'�gard du corps enseignant une
m�fiance qu'il ne m�rite pas, et on lui imposerait sans profit un
surcro�t fastidieux  d'�critures en exigeant plus longtemps la
constatation mat�rielle de ce travail pr�alable.
Les bons instituteurs n'en continueront pas moins de faire chaque jour
eux-m�mes, avec le m�me soin, avant d'entrer en classe, le choix des
textes, des exemples, des exercices qu'ils comptent donner, de lire
d'avance les morceaux qu'ils devront expliquer, de rassembler les
objets dont ils sauront besoin pour les le�ons de choses, de r�gler
enfin la marche de leur enseignement ; quant aux autres, ce ne serait
pas en les obligeant � jeter � la h�te quelques lignes sur un registre
pour simuler une pr�paration qu'ils n'auraient pas faite, qu'on
parviendrait � am�liorer leur enseignement.

Tout au plus, le journal de classe a-t-il cet avantage de permettre �
l'inspection de s'exercer plus rapidement et plus s�rement, par la
comparaison des indications qu'il contient, avec le programme de
l'enseignement et les cahiers des �l�ves.

Mais si, comme ils est � d�sirer, et comme nous le recommandons une
fois de plus en cette occasion, les ma�tres ont pris soin de remplacer
les cahiers multiples qui ont �t� si longtemps et si malheureusement
en honneur dans les �coles, par le cahier unique de devoirs
journaliers, et si chacun des devoirs consign�s porte exactement la
date du jour o� il a �t� fait, l'examen de ces devoirs et du registre
de pr�sence suffit amplement � contr�ler la r�gularit� des exercices
et leur sage distribution.

J'ajoute que, si je ne suis pas touch� par les m�rites du journal de
classe, je suis frapp� au contraire des avantages que pr�senterait
dans les �coles l'introduction du carnet de correspondance  avec les
familles.  U  p�re a le droit se savoir ce que fait son fils �
l'�cole, et un instituteur doit �prouver le besoin d'appuyer son
autorit� sur celle du chef de famille. Un �change de communications
qui s'�tablirait aussi r�guli�rement que possible et qui serait
inspir� par un sentiment de confiance r�ciproque, tournerait au profit
de l'�ducation et de l'instruction des �l�ves ; se sentant en quelque
sorte surveill� � l'�cole par son p�re, et � la maison paternelle par
son ma�tre, comment un enfant ne redoublerait-il pas de vigilance ? Je
ne voudrais pas toutefois faire de cette correspondance avec les
familles, quels que soient les r�sultats heureux qu'� mon sens elles
doivent produire, une obligation rigoureuse pour les ma�tres ; je me
contente de leur signaler ce moyen p�dagogique, d�j� employ� avec
succ�s par l'�lite de nos instituteurs.

(...)

Fait � Paris le 14 Octobre 1881

Le Pr�sident du Conseil, Ministre de l'Instruction Publique et des
Beaux Arts

Jules FERRY

Le scan du texte original et complet, tir� du Tome XXIV du Bulletin
Administratif du Minist�re de l'Instruction Publique et des
Beaux-Arts, �tait disponible � l'adresse suivante :
http://www.ecolebizu.org/Freinet/journalDeClasse/index.htm




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