Les promoteurs du "d�bat public sur l'�cole" s'impatientent Au mur, Jean Jaur�s, poing lev�, harangue une Chambre des d�put�s aux rangs fournis. Ce 11 mars, dans la salle Colbert de l'Assembl�e nationale, l'immense toile de Ren� Rousseau-Decelle de 1907 ne suffit pas � donner le ton : le "d�bat public sur l'�cole", que cherchent � susciter les r�dacteurs du Manifeste �ponyme publi� en f�vrier (La D�couverte, 124 pages, 10,50 euros) ne prend pas corps. L'id�e est g�n�reuse, un brin id�aliste tant la r�flexion sur l'�cole semble exclue de l'air du temps - celui de la campagne �lectorale en tout cas.
La r�union du jour, � laquelle participent quelque deux cents personnes, a pour but de faire �merger un bouillonnement d'id�es destin� � gu�rir une �cole publique qui s'ab�me. A la tribune et dans la salle se trouve une poign�e des dix-neuf auteurs du Manifeste, qui viennent d'horizons divers (enseignants, parents d'�l�ves, syndicalistes, chercheurs...), tous de gauche. Pendant pr�s de trois heures, les �changes de vues succ�dent aux constats : "l'�cole qui fait semblant d'�tre �galitaire", "le terme d'efficacit� qui fait peur", "le blocage que constitue la d�finition du service des enseignants", "les textes qu'il faudrait d�j� commencer � appliquer"... La conviction qu'il faut changer est l�. Comme une �vidence. La question centrale s'impose : "Quelle �cole pour quelle finalit�, pour quelle soci�t� ?" La lassitude se fait jour aussi : "Tout cela, on en parle depuis vingt-cinq ans ! Mais o� est-ce qu'on place la bombe pour tout faire sauter !", lance, provocatrice, la vice-pr�sidente de la F�d�ration des conseils de parents d'�l�ves (FCPE). Mais les r�ponses ne viennent pas. Le discours demeure analytique. Quoique lucide. "On est l�, � l'Assembl�e nationale. Mais est-ce que cela se voit ?, s'interroge tout haut l'historien Claude Leli�vre. On a du mal � lier p�dagogie et politique. Nous sommes comme des autruches : d�s qu'il y a des choix � faire, on se met la t�te dans le sable." "On n'est pas suffisamment novateurs", reconna�t Philippe Meirieu, un des coauteurs. "Ceux qui parlent de l'�cole vivent sur une vieille image. Ceux qui souffrent de l'�cole s'expriment peu", ajoute Jacques George, qui a pilot� l'�criture du Manifeste. Avant de s'en remettre au politique : "Il nous manque non pas un Jules Ferry ou un Clemenceau, mais un Jean Zay [ministre de l'�ducation nationale sous le Front populaire] capable d'aller contre l'opinion dominante." En attendant, le d�bat reste � construire. Via Internet, peut-�tre, o� le collectif vient d'ouvrir un forum (www.occe.net/manifeste/). Marie-Laure Ph�lippeau . ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 29.03.02 ----- Pour vous desabonner : ecrivez a : [EMAIL PROTECTED] Pour obtenir de l'aide : ecrivez a : [EMAIL PROTECTED]
