A propos des nouveaux programmes

Lire, �crire, compter,
et maintenant

Parler et Vivre ensemble

30 Mars 2002

Si la PMEV a �t� con�ue � l'origine pour lutter contre l'absent�isme
et contribuer � une meilleure r�ussite scolaire des �l�ves
cal�doniens, il est vite apparu que ce projet apportait plus qu'on ne
l'avait imagin�. La PMEV avait int�gr� le projet national de la
r�forme des cycles sur la base d'une option forte visant explicitement
� utiliser et renforcer le professionnalisme du ma�tre en mati�re de
guidage et � prendre en compte le probl�me du rythme et des
possibilit�s de chaque �l�ve.

Elle avait tenu son engagement sur tous ces points mais aussi mis en
�vidence, par ses initiatives propres, quelques pistes plus
inattendues.


Pour ce qui concerne les objectifs traditionnels de l'�cole et l� o�
elle a pu �tre appliqu�e avec une certaine continuit�, la PMEV a
contribu� � retrouver les ambitions du "lire, �crire, compter",
d�passant en outre les contraintes de l'h�t�rog�n�it� pour donner aux
�l�ves "lents" ou retard�s l'occasion de mieux rentabiliser leur temps
d'apprentissage.

Elle a confirm� dans le m�me temps sa capacit� � stimuler le
d�veloppement langagier, cela par le jeu d'�changes r�gul�s
r�tablissant la priorit� sur les contenus des programmes et apportant
m�me une pr�paration efficace aux exigences de la vie sociale, un
cadre pour "apprendre � vivre ensemble".

Ces diff�rents aspects sont plus qu'appr�ciables au regard des
nouveaux programmes et privent d'arguments leurs d�tracteurs. La PMEV
les a parfois anticip�s et doit ici, par souci de v�rit� et de clart�,
le pr�ciser.

Apprendre � Parler..

La ma�trise de la langue est indispensable � la r�ussite scolaire et,
au del� de l'entr�e au coll�ge, pour la poursuite d'�tudes longues.
C'est dire si, dans les temps difficiles que traverse l'�cole et face
aux probl�mes rencontr�s au lyc�e, cet apprentissage est important.

Tous les efforts engag�s dans le pass� pour d�velopper l'expression
orale, des m�morables "tableaux d'�locution" aux modernes "micro
dialogues", ont eu et ont encore peut �tre leur int�r�t, mais cela
n'est pas moins vrai des propositions plus r�centes des chercheurs ou
des praticiens qui ont montr� leur capacit� � pouvoir y contribuer.

Pour sa part, le moment de bilan, instaur�  en PMEV dans une
perspective de construction de sens, est �galement sur un autre plan
un exercice continu de verbalisation. Il pr�sente toutefois des
particularit�s originales qui m�ritent justification et mise au point.

Non sans paradoxe, cet .exercice relativement difficile est le plus
souvent bien accueilli par les �l�ves lorsqu'il est correctement
conduit et dos�. Plus particuli�rement ax� sur le langage sp�cifique
de l'�cole et du m�tier d'�l�ve, qu'il contribue � consolider, ce
moment peut para�tre aust�re et laisse souvent perplexes les
observateurs mal inform�s. Mais il r�pond aux crit�res r�cemment mis
en �vidence par les linguistes � propos de l'in�galit� des chances et
les enfants eux m�mes semblent le comprendre. Comme s'ils en avaient
pris conscience � travers leur premier "d�collage", ils en arrivent �
aimer l'�cole pour cette s�quence particuli�re mise au service de leur
besoin d'accomplissement.

Mais ces aspects d�j� essentiels apportent avec eux d'autres raisons
de prendre la mesure de toutes les possibilit�s de la PMEV, comme
l'ont bien compris un nombre croissant d'enseignants conscients de
leur responsabilit�.

Apprendre � vivre ensemble ..

Savoir vivre ensemble ne se d�cr�te pas ni ne s'improvise. Apprendre �
vivre ensemble est une exigence de nos temps difficiles qui ne peut ni
se contenter d'exhortations ni fuir la r�alit� des probl�mes
pratiques, en particulier p�dagogiques.

Dans une Europe qui a vu na�tre les camps de concentration et
l'�puration ethnique, dans une France o� le communautarisme semble
pouvoir ranimer les vieux d�mons de haine, des questions inattendues
ont surgi. Comment ces �v�nements peuvent-ils na�tre dans un milieu
marqu� par 2000 ans de valeurs chr�tiennes ?  Comment l'�cole
pourrait-elle pr�venir l'�mergence de sentiments aussi �loign�s de ses
id�aux et de la morale civique �l�mentaire ?

Questions simplistes ? Evitons en effet de porter un jugement
inconsid�r� sur une situation qui pr�sente bien d'autres traits de
complexit�, mais convenons qu'une conclusion s'impose aux p�dagogues :
le discours moral, religieux ou civique ne suffit pas, aussi souvent
ressass� soit il, m�me si nous pensons qu'il reste indispensable.

Il ne peut y avoir de morale d�sincarn�e, coup�e d'une pratique qui en
fixe les points forts et aussi les limites. Apprendre � vivre ensemble
impose donc � l'�cole d'aujourd'hui un travail permanent sur les
mani�res de vivre et d'�tre en classe. L'�cole en est tout � fait
consciente mais elle s'interroge : comment conduire ce travail, au
demeurant difficile, sans porter pr�judice au bon d�roulement des
programmes ?
Ce probl�me pr�occupant sugg�re de traiter ces objectifs
simultan�ment, de conduire cette initiation � la vie sociale � partir
des programmes eux m�mes. C'est l�, depuis maintenant dix ans, un des
points forts de la PMEV.
Une pratique int�gr�e

La PMEV, de par sa logique m�me, r�pond en effet � cette exigence de
traitement simultan� des objectifs notionnels et comportementaux,
contribuant par l� � la fois � l'instruction et � l'�ducation.

Son parti pris de retour aux processus originels de l'apprentissage,
fond�s sur l'observation des savoirs faire en vue de leur
appropriation, conduit � "faire du sens" en d�veloppant une comp�tence
dont l'absence peut �tre � l'origine de la violence : la comp�tence
langagi�re, la ma�trise de la parole.

Ces processus - originels plus qu'originaux bien que pouvant para�tre
tels - vont s'appliquer par d�finition � la ma�trise du programme
officiel, conform�ment � l'exigence d'instruction, tout en d�veloppant
pour y parvenir des comportements d'�changes et donc de n�cessaire
civilit� correspondant aux objectifs d'�ducation, �pur�s cependant -
particularit� de la PMEV - des exigences mal �valu�es qui faisaient
barrage � l'acte d'appendre et � la n�cessit� d'instruire.

Une efficacit� raisonn�e

En d�pit de sa complexit� d�lib�r�e, au sens syst�mique du terme, la
PMEV n'est pas une vue de l'esprit et fonctionne effectivement dans un
certain nombre de classes o� elle peut �tre observ�e. Sa formule s'est
r�pandue avec succ�s, soumise au contr�le de l'inspection et aux
investigations des jurys professionnels, validant ainsi les pratiques
n�es des suggestions encore tant ignor�es de Maurice Reuchlin.

Il se passe quelque chose avec la PMEV qui, �trangement, d�range
encore, mais ne rel�ve en rien du myst�re et clairement du calcul. Une
r�habilitation m�thodique des processus naturels d'apprentissage et
leur adaptation syst�mique aux exigences sp�cifiques des
apprentissages scolaires suffit � expliquer l'efficacit� d'un
dispositif qui en outre renouvelle l'exercisation.

1) Apprentissage par prises de rep�res sur "ceux qui savent" et donc
exploitation d'une h�t�rog�n�it� d�sormais n�cessaire, qui cesse
d'�tre un pur handicap pour devenir fonctionnelle.

2) Affinement des rep�rages par le jeu d'�changes qui d�veloppent la
fonction langagi�re, primordiale pour les apprentissages scolaires
mais aussi pour acc�der � une communication sans violence.

3) Exercisation intensive mais �tay�e et renforc�e, avec entra�nement
permanent � l'analyse et au raisonnement hypoth�tico-d�ductif, dont le
fonctionnement intellectuel a besoin pour acc�der � une v�ritable
INSTRUCTION, antidote indispensable de la violence.

4) Entra�nement quotidien � l'�coute attentive mais bienveillante, et
par l� au respect, dont la vie sociale, le "vivre ensemble" sans
violence, vont pouvoir concr�tement tirer profit.



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