CASAMANCE : RUPTURE DE LA CHAINE DE TRANSMISSION MERE ENFANT DU VIH/SIDA

Les religieux invités à plaider
Par Moussa DRAME Mis en ligne le 2011-03-07 03:16:12
Une caravane de sensibilisation des religieux sur la problématique du vih/sida 
a 
sillonné les trois régions administratives du sud du Sénégal. De Ziguinchor à 
Kolda en passant par Sédhiou, la SWAA/Sénégal (society for women and aids in 
Africa) qui en est l’initiateur en collaboration avec l’ANCS et le fonds 
mondial, entend, par cette campagne, amener les religieux à prêcher en faveur 
du 
conseil dépistage des couples. L’objectif est de soutenir la prévention de la 
transmission mère enfant du Vih/sida. Partout, les participants se sont engagés 
à porter loin le message pour briser cette chaîne de la contamination virale.
La succession des enquêtes démographiques de santé (EDS) au Sénégal révèle une 
prévalence faible qui cache bien des disparités. Globalement, la prévalence, 
tous sexes confondus, du VIH est de 0,7% mais reste particulièrement élevée 
chez  les populations clés les plus exposées à l’infection au VIH.  La 
surveillance sentinelle du VIH (Bulletin épidémiologique N°13), montre que la 
prévalence du VIH est plus élevée chez les femmes avec 0,9%, alors que, chez 
les 
hommes, elle est l’ordre de 0,4%.  Elle affiche une prévalence moyenne estimée 
à 
1,7% chez les femmes enceintes. Les écarts de prévalence sont plus prononcés 
entre 20 et 29 ans indiquent les statistiques. C’est dans cette tranche d’âge 
relève -t- on, que les femmes ont des taux beaucoup plus élevés que les hommes. 
De plus, la prévalence maximale est observée dans la tranche d’âge de 25-29 ans 
chez les femmes (1,5%) et plus tard dans celle de 35-39 ans pour les hommes 
(0,7%) [EDS IV, 2005].

Les résultats de la dernière enquête démographique de santé (EDS IV) démontrent 
que  les régions les plus touchées par le VIH sont respectivement Kolda et 
Sédhiou à hauteur de 2,8%, Ziguinchor 2,3%  et Tambacounda 2,6%. D’après les 
données de la surveillance sentinelle chez la femme enceinte, ces données chez 
les femmes enceintes sont souvent utilisées comme un indicateur de la 
prévalence 
dans la population générale. Suivant les données du bulletin épidémiologique N° 
14, les tendances de la prévalence du VIH chez les femmes enceintes dans les 
sites sentinelles confirment les taux de prévalence les plus élevés dans les 
zones situées dans le Sud du Pays (Kolda, Sédhiou et Ziguinchor).  

Les religieux sur le terrain du plaidoyer

Ce Contexte susmentionné a conduit  la SWAA/Sénégal à organiser des plaidoyers 
pour amener les leaders d’opinion à renforcer leurs interventions dans les 
zones 
du Sud. C’est ainsi que des ateliers de plaidoyer sont organisés dans les 
régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda en faveur des leaders religieux pour 
partager les inquiétudes sur la prévence du VIH chez les femmes enceintes et 
les 
convaincre à s’investir dans la recherche des solutions notamment dans leurs 
prêches pour le conseil dépistage volontaire  du couple. Le docteur Hambarukize 
Simon le chargé des programmes à la SWAA/Sénégal explique que « Centrer le 
conseil et le dépistage du VIH sur le couple faciliterait en leur sein la 
communication sur le statut sérologique et l'adoption de comportements 
préventifs. Une fois le couple dépisté positif, il sera possible d’éviter la 
transmission du virus à leur enfant qui naitra de leur union ».  A Ziguinchor, 
suite à l’exposé du médecin chef de région les religieux ont lu la motion 
d’engagement pour des prêches allant dans le sens de convaincre les couples à 
faire le dépistage en vue de la prévention de la transmission mère enfant du 
vih.

A Sédhiou, les explications du médecin chef Kalidou Konté docteur en chirurgie 
a 
convaincu plus d’un sur l’urgence de la riposte contre la maladie. « si la 
prévalence est de l’ordre de 0,7% au niveau national, elle est à 2% dans notre 
région avec une plus grande vulnérabilité chez les sujets féminins. Nous sommes 
entrain de décentraliser la prise en charge des victimes. Toutefois, on 
constate 
des réticences au dépistage des femmes enceintes qui souhaitent à priori l’avis 
de leur époux. Certaines, après avoir démarré le traitement, disparaissent. 
Nous 
demandons aux religieux de nous en appuyer » conclut Dr Konté.  Communication 
analogue à Kolda où le docteur  Chérif Ousmane Sy représentant le médecin chef 
de région a invité les religieux à jouer leur partition dans la sensibilisation 
des communautés en faveur de la prévention de la transmission mère-enfant du 
Vih.

L’engagement solennel des hommes de Dieu

A chacune de ces trois étapes de la caravane de sensibilisation de la 
SWAA/Sénégal, des engagements solennels sont prononcés par les religieux, 
musulmans comme chrétiens. A Sédhiou, c’est le suivant immédiat de l’imam ratib 
de la grande mosquée Abdourakhmane Diallo qui a lu la motion d’engagement, 
laquelle motion est appuyée par les propos de Abdou Khadre Sylla l’imam de 
Bounkiling, Souleymane Guèye guide religieux à Goudomp et le curé de la commune 
de MArsassoum. En substance, ces hommes s’engagent à  jouer leur partition dans 
la sensibilisation de leur communauté respective à faire le dépistage du 
vih/sida leur permettant de connaitre leur statu sérologique afin d’avoir 
conséquemment un comportement responsable. Kolda la capitale du Fouladou, 
troisième étape de cette caravane ne s’est pas moins engagée à porter le 
message. Imam Abdoulaye Zoubayrou Bâ et Abbé Gérard Tendeng, ont, à l’exemple 
de 
leur collègue de Sédhiou et de Ziguinchor, noté que les prêches se feront dans 
toutes les cérémonies qu’ils dirigent au sein des communautés.

Sous ce rapport, Mme Rokhya N’guer la directrice de la SWAA/Sénégal est 
largement revenue sur le contexte et les attentes de l’implication des 
religieux 
« le vih/sida a fini de gagner les ménages, les couples stables  pour plusieurs 
raisons dont le lévirat et le sororat. Le dépistage du couple présente 
plusieurs 
avantages et prévient la transmission de la mère à l’enfant ». Lui emboîtant le 
pas, Dr N’dèye Sène directrice associée de FHI (Family Health International) 
note qu’ « il n’ya rien a perdre dans ce dépistage, si vous êtes séronégatif 
vous renforcer de vigilance et si vous êtes infectés, des médicaments sont 
disponibles et gratuitement pour le traitement ». L’adjoint au gouverneur de 
Kolda chargé des affaires administratives Amadou Lamine Guissé qui présidait 
l’ouverture des travaux conforte cet argumentaire par l’exemple des gens qui 
portent le virus depuis 1989 mais qui n’ont pas fait la maladie car connaissant 
le statu sérologique et prenant des médicaments anti-rétroviraux souligne-t-il 
avant d’exhorter les religieux à porter loin le message du conseil dépistage 
volontaire anonyme. 
Paul AVOUGOU NDILA 

Premier Vice Président du Comité Exécutif 

REMASTP 

+241 06212115 

+241 07580173 

[email protected] 

[email protected] 

[email protected]
 
"Le Fils du PERE dont le Fils est en moi"



      

-- 
Vous recevez ce message, car vous êtes abonné au groupe Google Groupes REMASTP.
Pour envoyer un message à ce groupe, adressez un e-mail 
à [email protected].
Pour vous désabonner de ce groupe, envoyez un e-mail à l'adresse 
[email protected].
Pour plus d'options, consultez la page de ce groupe : 
http://groups.google.com/group/remastp?hl=fr

Répondre à