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--- En date de : Lun 9.4.12, Noel Kokou TADEGNON <[email protected]> a écrit :

De: Noel Kokou TADEGNON <[email protected]>
Objet: [REMASTP] La longue crise politique a gravement exposé les adolescents 
au SIDA
À: "REPMASTP" <[email protected]>
Date: Lundi 9 avril 2012, 11h40

Chers tousvoici un article de l agence IPS
 COTE D’IVOIRELa longue crise politique a gravement exposé les adolescents au 
SIDA
Fulgence Zamblé

ABIDJAN, 6 avr (IPS) - Les adolescents ont été sérieusement exposés au SIDA 
durant près d’une décennie de crise sociopolitique en Côte d’Ivoire, entre 2002 
et 2011, avec environ 50 pour cent d’entre eux qui sont déjà touchés par
 le virus sur les 19.000 nouvelles infections enregistrées dans le pays en 
2011. 

Selon une étude menée par le gouvernement ivoirien et les partenaires de lutte 
contre le SIDA, publiée le 2 avril à Abidjan, la capitale économique du pays, 
100 pour cent des jeunes de 15 à 24 ans sont aujourd’hui exposés à la pandémie, 
tandis que 3,2 pour cent sont déjà séropositifs. 

"La crise a affecté ce groupe d’âge en raison de l’oisiveté, et certains jeunes 
étaient des belligérants" qui combattaient dans différents groupes armés 
pendant la rébellion, déclare à IPS, Juma Kariburyo, administrateur du VIH/SIDA 
au bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Abidjan et un des 
rédacteurs du rapport de l’étude. "Les déplacements de populations ont aussi 
constitué une raison d’autant plus qu’il y a eu une modification du mode de vie 
avec l’appât du gain facile, notamment chez les
 adolescentes". 

Selon l’étude, 82 pour cent de ces jeunes exposés sont vulnérables et 43 pour 
cent sont très vulnérables. Les jeunes vulnérables sont essentiellement les 
filles de 20 à 24 ans, en milieu rural, pauvres vivant en union libre. Ceux qui 
sont très vulnérables sont les garçons ayant un niveau d’étude secondaire ou 
supérieur. 

Le dernier recensement de la population en 1998 indique que les jeunes de 20 à 
24 ans représentent plus de 34 pour cent de la population ivoirienne, soit 
environ sept millions de personnes. La population de Côte d’Ivoire a été 
estimée en 2011 à environ 20 millions d’habitants par l’Institut national de la 
statistique. 

"Il y a une forte féminisation de l’épidémie chez les filles de 20 à 24 ans. 
Pour un homme infecté, on dénombre 15 femmes", souligne l’OMS. 

"Au cours de l’enquête, il a été constaté que des parents encouragent ce
 type de comportement du gain facile de leurs enfants. Pis, d’autre part, les 
enseignants, dans 50 pour cent des cas, ont reconnu avoir eu des rapports avec 
leurs élèves", indique Kariburyo. Une situation qu’il juge très inquiétante. 
"Ceux-là sur qui on doit s’appuyer pour mener la sensibilisation, sont 
impliqués dans le mal", déplore-t-il. 

Si Kariburyo admet que cette population cible ne possède pas toujours les 
informations, les compétences qu’il faut et n’a pas toujours accès aux services 
de prévention, il affirme que des jeunes en font à leur risque et péril. 

"Certes, des jeunes et adolescents n’ont pas toujours eu accès à l’information 
à cette période de crise, mais la majorité en sait beaucoup sur la prévention. 
Malgré tout, ils bravent le danger comme si on avait le SIDA après plus d’un 
rapport non protégé; ce que nous ne comprenons pas", dit-il. 

"Durant ces cinq
 dernières années, la vie n’a pas été facile. S’il n’y a pas de moyens pour 
nourrir la famille, il est évident que nos parents ferment les yeux sur nos 
entrées et sorties à la maison. Le plus important, c’est de rapporter de quoi 
faire manger pour tout le monde", explique à IPS, Caroline Kouakou, une élève 
de 19 ans à Abidjan. 

Partant au village pour les congés de Pâques, Kouakou assure avoir des 
préservatifs dans sa valise. "Il y a deux mois, j’ai eu des rapports non 
protégés. Mais je me suis ressaisie par la suite", avoue-t-elle, refusant, pour 
le moment, de se soumettre au test de dépistage. 

"Pour moi, le préservatif a été toujours indispensable puisque je vois chaque 
fois la sensibilisation en affiche comme à la télévision. Mais, je vois des 
amis qui me disent qu’ils ont souvent des rapports non protégés juste par 
curiosité et le risque ne leur dit rien; c’est dommage", déclare à
 IPS, Ibrahim Camara, 23 ans, ancien combattant de l’ex-rébellion. 

Pour sa part, Fabrice Kodjo, un professeur du secondaire à Abidjan, reconnaît 
également l’existence de relations sexuelles entre le corps enseignant et les 
élèves. "Toutefois, il faut admettre que nous avons une parfaite connaissance 
du phénomène (SIDA), d’autant plus que nous dispensons les cours sur la 
question. Alors, nous prenons nos dispositions par la prévention", ajoute-t-il 
à IPS. 

"Maintenant qu’il y a cette étude qui est une première dans le pays et qui 
concerne une bonne base de travail, il faut envisager d’apporter une réponse au 
problème. Cela ne pourra se faire sans les jeunes eux-mêmes", a souligné la 
ministre de la Santé et de la Lutte contre le SIDA, Thérèse N’dri Yoman, lors 
de la restitution de l’étude. 

De son côté, la ministre de l’Education nationale, Kandia Camara, a déclaré: 
"C’est un
 problème sérieux qui se pose et il faudra une action concertée des différents 
ministères ayant en charge les jeunes et les adolescents pour parvenir à 
freiner le mal". 

Avec une séroprévalence nationale de 3,4 pour cent, la Côte d’Ivoire figure 
parmi les pays d’Afrique de l’ouest les plus affectés par le VIH/SIDA et est 
classée comme pays à épidémie généralisée, selon l’OMS. La Côte d’Ivoire a 
adhéré en décembre 2011 au projet "Objectif zéro nouvelle infection" jusqu’en 
2015. 
(FIN/2012) --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 
       Noël Kokou TADEGNON  01BP 2539 Lomé Togo   
 Tel: Tel: +228 9005 38 35  / +228 98150204  Fax (228) 2225 03 50 email: 
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