« C’est Soro qui a préparé des plans de guerre »
« C’est Soro qui a tracé le plan de guerre »
Publié le20 septembre 2013

Dix ans après l’insurrection armée qui s’est muée en rébellion armée, un des 
ténors de la plus grande crise militaro-politique que notre pays a connue 
parle. Il s’agit du Commandant Koné Gaoussou, dit Jah Gao, ex-commandant du 
Groupement tactique 9, aujourd’hui Force d’intervention rapide (FIR) de la Zone 
2, composée d’Abobo, Anyama, Agboville et Alépé.
Dix ans déjà que la rébellion armée secouait la Côte d’Ivoire. Vous qui en avez 
été un acteur, pouvez-vous revenir sur les causes qui ont soutendu cette lutte 
armée ?

K.G : Ce qui nous a motivés en 2002, comme tout le monde le sait, c’était pour 
restaurer la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire. Au temps du général Guéi, 
il y avait beaucoup de dérapages. Etant dans l’armée en tant que commando 
parachutiste à la Firpac dans le groupe d’intervention rapide para commando, 
l’armée était divisée et même politisée. Ce qui n’était pas du tout normal. 
L’armée doit demeurer apolitique. Au sein de l’armée, régnait le vent de la 
discrimination et du tribalisme. Les Nordistes étaient montrés du doigt. Tout 
cela se remarquait dans les patrouilles.

Quel rôle avez-vous joué particulièrement à partir du 19 septembre 2002 ?

K.G : A partir du 19 septembre, nous avons mené beaucoup d’actions sur le 
terrain. Nous avons combattu à Abidjan, et d’Abidjan, nous sommes allés à 
Bouaké. Entre Abidjan et Bouaké, nous avons été confrontés à un problème, car 
on nous avait tendu une embuscade au niveau de Yamoussoukro. Mais nous avons pu 
franchir Yamoussoukro et nous sommes rentrés sur Bouaké.

Après la crise du 19 septembre 2002, quel regard avez – vous aujourd’hui quand 
vous regardez dans le rétroviseur, mon commandant?

K.G : 10 ans après, je suis satisfait des retombées de notre mouvement. Nous 
avons atteint notre but, notre objectif, c’est-à-dire l’instauration de la 
démocratie et la paix en Côte d’Ivoire. Je peux dire sans toutefois verser dans 
l’autosatisfaction, que le bilan a été globalement positif.

Si les mêmes conditions qu’il y a dix ans se présentaient avec son lot 
d’injustice, de discrimination, d’intolérance, seriez-vous prêt à reprendre les 
armes comme en 2002 ?

K.G : Oui. Si les mêmes causes se présentaient, je serais prêt à agir de la 
sorte.  Je suis prêt à reprendre les armes si les mêmes conditions  se 
reproduisent. Nous, en prenant les armes, nous avions un objectif. Figurez-vous 
que moi, j’étais un soldat dans l’armée de Côte d’Ivoire, régulièrement payé, 
mais ce sont les causes que j’ai citées plus haut qui ont fait que je me suis 
révolté. En tant que ressortissant du Nord, je ne pouvais pas laisser mes 
frères mourir de la barbarie du pouvoir de Laurent Gbagbo. Il fallait ce 
soulèvement pour que les choses changent et c’est ce que nous avons fait.

Durant ce parcours de 2002 à aujourd’hui, aviez-vous eu des regrets par moments 
?

K.G : J’ai souffert de chaque perte de nos amis et soldats. Nous avons perdu 
pas mal d’éléments. Je salue la mémoire de tous nos camarades qui sont tombés 
au combat et je profite de votre support pour encore présenter mes condoléances 
aux familles de nos illustres disparus.

Il y a certainement, mon Commandant, des faits qui vous ont marqué tout au long 
de cette crise. Pouvez-vous nous en citer ?

K.G : Les faits qui m’ont marqué négativement comme je viens de le dire, c’est 
la disparition de certains chefs. C’est malheureusement la loi de la guerre, 
quand vous commencez ensemble, il y en a parmi vous qui perdent la vie. La vie 
est ainsi faite. J’ai des amis comme Oumar Diarrassouba, dit Zagga- Zagga, un 
camarade avec qui j’étais à la Firpac, nous étions dans la même section, qui 
malheureusement est tombé aux premières heures à Bouaké. Je peux citer Mobio 
qui était un civil, Petit Kolo, Kass qui, malheureusement, n’a pas cerné le 
sens de la lutte.

Aujourd’hui, lors de cette crise, vous avez obtenu la délivrance des cartes 
nationales d’identité, il y a un Président légitimement élu, quels sentiments 
éprouvez-vous face à ces retombées positives de votre lutte ?

K.G : Je rends d’abord un vibrant hommage au Président de l’Assemblée 
nationale, M. Guillaume Kigbafori Soro, parce que sans lui, la lutte aurait 
pris une autre allure et aurait été très difficile. Premièrement, je considère 
notre leader comme un militaire. Il en a les qualités requises car il a encadré 
beaucoup de nos combattants, organisé l’armée des Forces armées des Forces 
nouvelles. Ce n’est pas permis à n’importe qui. Je sais de quoi je parle. Etre 
à la tête d’une troupe, une rébellion sans être militaire, ce n’est pas donné à 
tous de réussir ce pari que le chef Soro a relevé. Mieux, il a organisé les 
élections. Nous connaissons tous ici le climat délétère, les blocages suscités 
pour que les élections ne puissent pas se dérouler. C’est un homme de parole, 
c’est un homme digne et il ne trahit pas. Tous ceux qui l’ont trahi sont 
tombés. C’est le lieu de le dire. Le Président Soro connaît
 parfaitement ses chefs militaires. Nous avons dormi ensemble dans les mêmes 
maisons. Nous étions délaissés en exil quand à son arrivée, il nous a 
réorganisés. C’est lui, Soro,  qui a préparé la majorité des plans de guerre 
alors qu’il n’était pas militaire. Il y avait à ce moment, des chefs parmi nous 
qui n’avaient aucune notion militaire. Il faut qu’on se dise la vérité. Le 
Président Soro est venu et il nous a organisés jusqu’à l’avènement du 19 
septembre 2002. C’est lui qui a tracé le plan de guerre du lieu où nous étions 
jusqu’à Abidjan. Même à Abidjan, c’est encore lui qui a mis en branle la 
stratégie militaire à mener. Aussi, quand il était Premier ministre, toute la 
Côte d’Ivoire a apprécié le travail de Soro. C’est un homme à respecter et je 
lui rends un vibrant hommage.

Pour terminer, mon commandant quel bilan pouvez-vous nous faire de la situation 
sécuritaire dans les différentes localités qui sont sous votre responsabilité ?

K.G : Il faut dire que j’ai la zone la plus difficile. Je gère la zone d’Abobo 
qui a été la base des combattants d’Abidjan. Il y a Anyama, Agboville et Alépé 
qui sont restés hostiles au pouvoir. Donc, j’ai la zone la plus difficile mais, 
Dieu merci, avec la stratégie que j’ai mise en place, sur quelquefois les 
conseils avisés du Président Guillaume Soro, je parviens à gérer les localités 
sous mon autorité. Je reste en contact permanent avec lui. A cet effet, je 
demande aux populations ivoiriennes de rester sereines face aux attaques menées 
çà et là. Ces attaques ne pourront jamais aboutir. Je demande aux 
déstabilisateurs de savoir raison garder. Le pays est gouverné actuellement par 
un Président qui est à la tâche pour offrir un mieux-être aux populations. Tout 
le monde entier apprécie le travail que le Président Alassane Ouattara est en 
train de faire. Au lieu de lui mettre les bâtons dans les roues, les fauteurs de
 troubles gagneraient à le soutenir dans sa tâche.

 
Paul AVOUGOU-NDILA-OSSIALA 
1er Vice Président du Comité Exécutif du REMASTP
Président du réseau des journalistes pour le développement durable
Administrateur-Gérant de PAC Consulting Services
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   "Le Fils du PERE dont le Fils est en moi" 

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