----- Mail transféré -----
De : Maïmouna Dao <[email protected]>
À : "[email protected]" <[email protected]>
Envoyé le : Dimanche 22 septembre 2013 16h43
Objet : Re: [REMASTP] La vérité n'a pas de cimétière?!
Mon cher Paul, tout cela prouve que le monde a un propriétaire et que on ne se
lève pas un beau matin pour vouloir refaire le monde.
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De : paul avougou <[email protected]>
À : remastp <[email protected]>
Envoyé le : Samedi 21 septembre 2013 11h08
Objet : [REMASTP] La vérité n'a pas de cimétière?!
Révélations. Comment la rébellion a été montée contre Gbagbo
Quelques semaines avant son assassinat, fin avril 2011, par ses compagnons de
la rébellion, le sergent chef-major Ibrahim Coulibaly dit IB avait reçu à son
QG d’Abobo, d’où il dirigeait les opérations du commando invisible contre
l’armée républicaine, les populations acquises à sa cause. Il leur a fait des
révélations sur les origines de la rébellion contre le pouvoir du président
Laurent Gbagbo. Extraits de son discours. Bonne lecture.
________
«J’avais 31 ans quand on renversait le pouvoir de Bédié. Personne ne nous a
envoyé. Ils étaient sept jeunes que je dirigeais. Ce n’est pas parce que nous
avions des muscles plus que ceux qui entouraient Bédié, mais c’est parce que
Dieu voulait que Bédié tombe parce qu’il avait voulu diviser le pays. Personne
n’est étranger à cette histoire. Mais nous n’avons pas fait du mal à Bédié,
nous lui avons permis de partir. Je pouvais m’assoir sur le trône parce qu’il y
a des pays où des gens ont pris le pays à 26 ans. Yaya Jameh en Gambie avait 26
ans.
Mais nous avons trouvé mieux d’aller chercher un de nos anciens qui avait subi
des humiliations, à savoir le général Guéi pour le faire assoir dans le
fauteuil présidentiel. Et voilà ce que nous lui avons dit : « Mon général, le
président Bédié a créé un fossé entre les Ivoiriens, il a crée la xénophobie,
l’ivoirité. Cela ne peut pas permettre à notre pays d’avancer. Nous avons
besoin d’un pays uni, fort. Nous vous avons sollicité pour ramener la paix
entre tous les Ivoiriens, ramenez la cohésion. Mettez dans la tête des
Ivoiriens que les étrangers sont chez eux ici en Côte d’Ivoire, et que chacun
doit vivre dans la paix. Lancez les chantiers de la réconciliation et du
développement. Faites en sorte qu’en 6 ou 8 mois, nous puissions finir une très
bonne transition et organiser des élections transparentes. Il ne doit pas y
avoir d’exclusion en matière de candidature à l’élection présidentielle. Que
tous
ceux qui veulent être candidat s’inscrivent et participent à la compétition.
C’est aux Ivoiriens de choisir leur président. Si les Ivoiriens veulent choisir
un Vietnamien, cela les engage.»
Et le général Guéi était d’accord avec nous. Mais malheureusement, chemin
faisant, il s’est entouré de ceux que nous avons chassés le 24 décembre 1999,
qui lui ont dit que son tour de gouverner la Côte d’Ivoire est enfin arrivé et
que le pouvoir ne se donnait pas. Je n’ai pas voulu être ministre, j’étais son
chef de sécurité. En ma qualité de chef de la sécurité, j’avais les yeux
partout et la main sur tout ce qui était autour de lui. Donc je voyais tous les
ballets diplomatiques qui se faisaient autour du général Guéi, à vouloir
l’obliger à rester au pouvoir.
Quand j’ai eu à échanger à plusieurs reprises, je lui ai dit que la parole est
sacrée et qu’il fallait qu’il respecte sa parole. Quand on dit qu’on est là
pour une transition de 8 mois, pour balayer la maison, on ne peut pas, chemin
faisant, changer d’attitude. Je lui ai ouvertement dit que je ne suis pas
d’accord. C’est à partir de cet instant qu’il a commencé à avoir des brouilles
entre le général et moi. Il était inquiet parce qu’on lui a rapporté que je
voulais le balayer pour mettre Alassane Ouattara au pouvoir. On le poussait
même à vouloir m’éliminer.
Un matin, le général me fait appel et me dit : « IB, il faut que tu aille
prospecter deux ambassades. L’ambassade de Chine et l’ambassade du Canada. » Je
lui ai répondu séance tenante : « Mon général cela peut attendre. Parce que
dans quelques mois nous allons finir la transition ». Il n’a pas voulu entendre
raison et m’a obligé à partir. L’ambassadeur Georges Ouégnin qui était témoin
de nos échanges est venu me voir à mon bureau quelques heures plus tard pour me
raisonner, dans l’optique de faire la volonté du général. Il m’a dit : «Je
t’enverrai un cadeau tout à l’heure, ce cadeau est très significatif.»
L’après-midi, son chauffeur vient me voir avec un cadeau emballé. Je déballe le
cadeau et je vois trois singes en statuette.
Une semaine après, je constate que les Wattao, Zaga-zaga, Shérif Ousmane et
bien d’autres que vous connaissez ont été arrêtés, c’est-à-dire tous les
membres de la brigade spéciale qui assurait sa sécurité. Ils ont été mis à la
poudrière d’Akouédo. Surpris des évènements qui s’enchainaient contre nous,
j’ai joint le général au téléphone pour en savoir davantage sur ce qui se
passait. Il me répond ceci : «IB, vous voulez me tuer. J’ai eu la certitude du
complot que vous manigancez.» Le lendemain de leur arrestation, j’apprends que
Guéi a donné des instructions pour que mon adjoint, la Grenade, soit tué. Donc
il a commencé à les liquider un à un en prison. C’est ainsi que j’ai joint le
général en lui déclarant : «qu’à partir de cet instant, moi je te déclare la
guerre. Je ne suis plus votre attaché militaire au Canada, considérez-moi
désormais comme votre adversaire.»
Les germes d’une rébellion où comment est apparu Soro au grand jour !
Je suis rentré en France d’où j’ai rallié le Burkina Faso. C’est à partir du
Burkina que j’ai commencé à appeler mes amis. Et nous avons mis un système en
place, de telle sorte que quand il y a eu un cafouillage pendant les élections
de 2000, nos amis sont allés attaquer la poudrière d’Akouédo pour libérer nos
amis qui y étaient en prison. Nous avons usé de subterfuge pour les faire
rentrer à Ouagadougou. Pendant ce temps, Guillaume Soro était encore à Abidjan.
Il était candidat aux élections législatives à Port-Bouët avec Henriette
Diabaté. Blaise Compaoré m’a permis de récupérer tous mes éléments qui étaient
dans des situations clandestines à Abidjan. On a pu faire sortir Tuo Fozié,
Adam’s, Wattao, Zaga-zaga et plein d’autres.
C’est dans ce schéma d’infiltration que Guillaume Soro me joint pour me dire de
faire quelque chose pour lui. Je lui réponds que, comme présentement je suis
entouré de militaires et que les journalistes ne cessent de m’appeler pour
avoir des interviews, des déclarations, viens t’occuper d’entretenir les
journalistes. C’est ainsi que j’ai fait venir Guillaume Soro à mes côtés à
Ouagadougou pour être mon porte-parole. C’est à partir de cet instant que nous
avons monté le 19 septembre. J’ai préparé mes hommes sur près de 6 mois. J’ai
fait deux mois et demi à Ouagadougou, mais pour la préparation, nous nous
sommes retirés dans la forêt sur près de 6 mois.
Avant de faire partir mes hommes sur le terrain, un ami m’a aidé financièrement
et l’Etat burkinabé nous a aidés. Il nous a donné des villas. Après la
formation, un ami libanais m’a envoyé 60 millions Fcfa. J’ai demandé à notre
intendant, Dja Gao (actuel commandant du commando d’Abobo) de faire des
enveloppes de 300.000 Fcfa chacune pour tous les éléments qui devaient rentrer
en Côte d’Ivoire. Et je les ai divisé en trois grands groupes parce qu’il
devait avoir trois attaques simultanées : Abidjan, Bouaké et Korhogo.
A Abidjan, c’était Kobo qui était le chef de groupe, à Bouaké c’était Zaga-zaga
et à Korhogo il y avait Messemba. Jusqu’en 2003, avant que je ne parte en
France où j’ai été arrêté, tout le monde avait une bonne image de la rébellion.
Nous avons coupé le pays en deux, les négociations ont été entamées, à savoir
Lomé, Marcoussis.
Pourquoi je n’étais pas sur le front aux premières heures
J’ai été reçu dans un pays par un chef d’Etat qui m’a donné le statut de
réfugié politique. J’étais le seul à avoir ce statut et tous les autres étaient
sous ma coupole. Quand j’ai coupé le pays en deux, je voulais rentrer mais le
grand frère Blaise m’a dit : « non tu ne peux pas rentrer parce que si tu
rentre, c’est la pure démonstration que votre base-arrière était le Burkina
Faso et que c’est mon pays qui vous a équipé. Moi Blaise, cela me met dans une
situation très difficile. Laisse les jeunes progresser, quand nous aurons toute
la situation en main, tu pourras sortir la tête. » Quelqu’un qui m’a hébergé et
qui me soutient dans une action, ce n’est pas opportun d’enfreindre ses
conseils. Le minimum c’est le respect et dans la logique, l’attaché militaire à
l’ambassade de France venait me rendre visite chaque deux semaines pour se
rassurer que j’étais sur le territoire Burkinabé. Mon nom
étant régulièrement cité dans les médias, chaque fois qu’il venait me voir, je
lui disais : « moi je suis là. » C’était justifié et cela a permis au Burkina
Faso d’avoir l’image sauve dans le montage de la rébellion contre la Côte
d’Ivoire.
Cela a aussi permis d’éviter que les accords de défense qui existaient entre la
France et la Côte d’Ivoire soient activés. Dans les normes, ces accords
devaient être actionnés. Mais comme c’étaient des Ivoiriens qui attaquaient un
système dans leur propre pays, ces accords sont restés muets.
C’est ainsi que nous avons résisté jusqu’aux négociations de Marcoussis. Après
la signature de l’accord, Seydou Diarra a approché Guillaume Soro, que j’ai
commis comme chef de délégation, pour la composition du gouvernement. A son
tour, il demande que le Premier ministre se réfère à moi pour pourvoir aux neuf
postes ministériels qui nous ont été attribués. J’avais donc le devoir de
nommer mes ministres. C’est ainsi que j’ai nommé Soro ministre de la
Communication et tous ceux qui m’avaient apporté de l’aide lorsque j’en avais
besoin tel que Gueu Michel devenu ministre des Sports, Roger Banchi…»
Retranscrits par Saint-Claver Oula
Koné Zakaria : «C’est Ouattara qui nous a financé»
Ex-commandant de la zone de Vavoua durant les premières heures de la rébellion,
Koné Zakaria, après le clash intervenu entre les camarades du mouvement
insurrectionnel (IB-Soro), qui a fait de nombreux morts dans les différents
camps, a tenu à faire une mise au point à un meeting.
L’actuel commandant du Bataillon Sol-Air, ex-commandant de la police militaire,
a révélé que cette rébellion dont voulait s’approprier Ibrahim Coulibaly, est
en réalité l’arme d’Alassane Ouattara contre le président Laurent Gbagbo.
Dans un discours tenu en langue malinké, Koné Zakaria a révélé que «c’est bel
et bien Alassane Dramane Ouattara qui a financé la rébellion et c'est pour lui
que nous avons pris les armes. Si nous avons pris les armes, ce n’est pas pour
IB, ce n’est pas pour qu’il devienne président, mais c’est bel et bien pour
Alassane Ouattara. C’est lui qui nous faisait parvenir de l’argent quand nous
étions en exil. Il nous faisait parvenir 20 millions de FCFA chaque mois.»
Aujourd’hui, la preuve est là, implacable. Toutes les militaires et civils de
la rébellion occupent une place de choix au sommet de l’Etat avec Alassane
Ouattara. Certains ont été promu ministres dans son gouvernement tandis que
d’autres sont au commande de l’armée ivoirienne, à commencé par l’ex-chef
d’état major de la rébellion du 19 septembre 2002, Soumaïla Bakayoko. Du coup,
Alassane Ouattara qui avait promis, durant la campagne présidentielle de 2010,
avec la main sur le coeur, diligenter une enquête pour faire la lumière sur la
rébellion a renoncé à ce projet.
Démontrant ainsi que Koné Zakaria était dans le vrai quand il disait que la
rébellion a été commanditée depuis le Burkina Faso, avec l’aide de Blaise
Compaoré, pour le porter au pouvoir. Et que les négociations, les élections et
autres ballets diplomatiques n’étaient en réalité que des stratagèmes pour
atteindre cet objectif. IB n’était qu’un instrument qui ignorait cet aspect que
ses compagnons avait su.
Faut pas facher, nous faisons juste parler les morts. J'attends vos récations.
On est ensemble!
Paul AVOUGOU-NDILA-OSSIALA
1er Vice Président du Comité Exécutif du REMASTP
Président du réseau des journalistes pour le développement durable
Administrateur-Gérant de PAC Consulting Services
BP: 4490
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"Le Fils du PERE dont le Fils est en moi"
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