Après des années de découplage de la question LGBT du sida, les gays sont 
clairement revenus à la case départ: le sida est une maladie de pédés.

On le voyait venir, ce n'est pas une surprise, c'est même devenu un feuilleton. 
L'Organisation Mondiale de la Santé préconise désormais le traitement 
pré-exposition (PreP) pour les hommes ayant des relations avec les hommes et 
symboliquement, cela met fin à des années de bagarres fratricides sur le front 
de la prévention gay. Que cela marche ou pas n'est plus la question: les 
homosexuels sont plus que jamais associés à la propagation du VIH, et en 
première ligne s'il vous plait, avec les autres groupes à risques (les 
transgenres, les minorités ethniques, les travailleurs du sexe et les usagers 
de drogue).

Après des années de découplage de la question LGBT du sida, les gays sont 
clairement revenus à la case départ: le sida est une maladie de pédés. Et c’est 
en partie à cause d’eux : plus la recherche avance et moins les gays se 
protègent. Les prises de risques n'ont jamais été aussi déculpabilisées. Les 
gays savent que les séropositifs sont moins contaminants quand ils sont exempts 
d'IST et qu'ils ont une charge virale indétectable. En France, le nombre de 
personnes nouvellement contaminées a augmenté de 14% en 2012.
Ce «bruit» virologique est suffisant pour nourrir une épidémie qui, 
normalement, avec les outils dont on dispose —avant la transmission (PreP et 
TasP), pendant la contamination (le traitement d'urgence), sur le court et long 
terme (des multithérapies efficaces) et des génériques de plus en plus 
abordables pour les pays pauvres, devrait s'assécher d'elle-même.

Le noyau dur de l'épidémiologie sida se situe donc désormais dans les groupes à 
risques: les personnes fragilisées (transgenres, minorités ethniques, usagers 
de drogue, prostitué(e)s) et les gays qui, eux, c'est vérifié par des études, 
prennent d'autant plus de risques qu'ils appartiennent à des classes sociales 
élevées.
Quand les CDC d'Atlanta entérinent la prophylaxie pré-exposition pour les 
Etats-Unis, quand l'OMS la généralise au monde entier, la logique impose de 
faire pression pour l'obtenir au niveau national. C'est ce que demande 
l'association Aides car, finalement, le Truvada des laboratoires Gilead 
Sciences, il faudra bien en assumer le coût en ces temps de rigueur budgétaire.

La prochaine conférence internationale sur le sida de Melbourne sera peut-être 
le moment de cette prise de décision par Marisol Touraine, ministre de la 
santé. Il en coûtera 13.000$ par an par personne. Un peu cher pour une personne 
séronégative.

Car pour la première fois, la pression s'exerce non pas sur les personnes 
séropositives qui vivent déjà avec le VIH et qui, depuis trente ans, ont fait 
tant d'effort pour protéger leurs partenaires. Depuis que l'annonce de l'OMS 
est connue, les séronégatifs se sentent floués. Pourquoi donc faudrait-il 
qu'ils avalent un traitement alors qu'ils sont en bonne santé? C'est le monde à 
l'envers non?

On peut tout de suite les rassurer, en partie. L'Etat va sûrement autoriser la 
commercialisation du Truvada pour les personnes séronégatives, mais seulement 
selon des critères très restrictifs. Grosso modo, pourront avoir accès à ce 
«vaccin thérapeutique» celles et ceux qui sont très exposées au risque ou qui 
n'arrivent tout simplement plus à porter la capote. C'est loin d'être le profil 
lambda du gay d'aujourd'hui.

Et puis, on acceptera probablement l'administration du Truvada pour les 
personnes séronégatives qui tiennent absolument à le prendre de peur de 
contracter le VIH (ça existe et il faut respecter ce choix). Donc la 
collectivité ne va pas assumer le coût de la mise sous traitement de l'ensemble 
des hommes ayant des relations avec des hommes. L'accès restera limité et 
probablement très sélectif, au cas par cas.

Politiquement, sociologiquement, symboliquement, cette succession de 
recommandations provenant du CDC d'Atlanta et de l'OMS aura des répercutions 
immenses. Si la PreP permet de réduire jusqu'à 92% le risque d'infection, le 
discours autour de la prévention va se caler officiellement sur les pratiques 
des gays les plus à risque. Il est aussi évident que l'OMS prend aussi cette 
décision pour contrer les foyers de propagation du VIH dans les pays en voie de 
développement. Cette révolution s'adresse donc aux fronts les plus têtus de 
l'épidémie et les marges de l'infection qui sont devenues, en 2014, les noyaux 
du VIH.

Mais les questions éthiques fourmillent autour de ces décisions. Aides demande 
au gouvernement de «sortir de l'immobilisme». Mais ce ne serait pas plutôt les 
gays, justement, qui sont dans l'immobilisme? La question de la prévention gay 
n'intéresse plus personne, c'est un fait.
Malgré les nouveaux dispositifs de prévention comme le dépistage rapide (dont 
Aides a pratiquement l'exclusivité de la pratique) n'est toujours pas 
généralisé aux grandes villes de province —et ne parlons pas des départements 
d'outre-mer— les gays ne se dépistent pas plus souvent. Le VIH est redevenu un 
sujet tabou. Donc si les gays les plus hardcore sont particulièrement visés par 
la décision historique de l'OMS, c'est l'ensemble de l'homosexualité des pays 
riches qui se trouve confrontée à une ironie inimaginable il y a encore dix 
ans: traiter des personnes non infectées. Ubuesque, non?
 
Paul AVOUGOU-NDILA-OSSIALA 
1er Vice Président du Comité Exécutif du REMASTP
Président du réseau des journalistes pour le développement durable
Administrateur-Gérant de PAC Consulting Services
BP: 4490
Mobile: +241 06507020/    +241 07580173 / +241 05797070/ +241 03117733

E-mails: [email protected][email protected]/  [email protected]
Site web: www. [email protected]
   "Le Fils du PERE dont le Fils est en moi" 

-- 
Vous recevez ce message, car vous êtes abonné au groupe Google Groupes REMASTP.
Pour vous désabonner de ce groupe et ne plus recevoir d'e-mails le concernant, 
envoyez un e-mail à l'adresse [email protected].
Pour envoyer un message à ce groupe, adressez un e-mail à 
[email protected].
Visitez ce groupe à l'adresse http://groups.google.com/group/remastp .
Pour plus d'options, visitez le site https://groups.google.com/d/optout .

Répondre à