1. Biodiversit� : Jacques Chirac tire la sonnette d'alarme
LEMONDE.FR | 24.01.05 
La conf�rence internationale de l'Unesco sur la biodiversit� s'est ouverte, 
lundi � Paris, sur fond de la catastrophe li�e au tsunami. Le pr�sident Jacques 
Chirac tire la sonnette d'alarme alors que les ONG d�noncent un double 
discours. Un "appel de Paris" est attendu pour la fin de la semaine.

La conf�rence internationale sur la biodiversit� s'est ouverte, lundi 24 
janvier, � l'Unesco sur un discours de Jacques Chirac, qui avait pris 
l'initiative d'organiser ce sommet. Le pr�sident fran�ais a tir� lundi la 
sonnette d'alarme sur la disparition acc�l�r�e des esp�ces et a annonc� que la 
France s'engageait sur une s�rie de mesures comme la cr�ation d'un parc 
national en Guyane ou la protection de la barri�re de corail en 
Nouvelle-Cal�donie.

"APPEL DE PARIS"

Il a aussi appel� la communaut� internationale � cr�er "un groupe international 
sur l'�volution de la biodiversit�" pour permettre aux scientifiques d'avoir 
une meilleure connaissance de ce ph�nom�ne et d'alerter les dirigeants 
politiques et l'opinion, � l'image de ce qui existe sur le climat. La 
conf�rence internationale sur la biodiversit� planchera jusqu'� vendredi sur un 
"appel de Paris" en direction des gouvernements et d�cideurs politiques, selon 
un projet de texte rendu public par le directeur de son comit� scientifique, 
Michel Loreau.

"Les esp�ces s'�teignent actuellement dans le monde � un rythme environ cent 
fois sup�rieur au taux moyen observ� dans l'histoire de la Terre et des 
millions d'autres esp�ces sont d'ores et d�j� condamn�es � une extinction 
future", constate le comit� de scientifiques. "Si des actions fortes ne sont 
pas prises aujourd'hui pour comprendre et prot�ger la biodiversit�, nous 
perdrons � jamais l'opportunit� de r�colter l'ensemble des b�n�fices potentiels 
pour l'humanit�", mettent en garde les scientifiques. Selon l'Union mondiale 
pour la nature, 15 589 esp�ces sont menac�es d'extinction, soit un mammif�re 
sur quatre, un oiseau sur huit, une esp�ce d'amphibien sur trois, du fait de la 
modification de leurs milieux par l'homme et du changement climatique. 

Au titre de la protection de la for�t tropicale, M. Chirac a ainsi assur� que, 
d�s cette ann�e, "l'Etat n'utilisera, pour ses grands travaux immobiliers, que 
du bois �cocertifi�, une mesure �tendue d'ici � 2010 � tous les achats publics. 
Chaque pays doit prendre des mesures concr�tes. Au premier rang, ceux qui 
abritent une biodiversit� exceptionnelle. Comme la France, qui s'y engage 
r�solument", a-t-il dit, alors que de nombreux experts accusent la France 
d'�tre en retard pour la protection de ses richesses naturelles. La France, 
gr�ce � ses territoires d'outre-mer, abrite 10 % des r�cifs coralliens 
mondiaux, 20 % des atolls et plus de 7 millions d'hectares de for�t amazonienne 
en Guyane.

M. Chirac a annonc� une s�rie de mesures, notamment "la cr�ation d'ici � 2006" 
des parcs nationaux de la R�union et de Guyane qui sont depuis des ann�es en 
gestation, celle de nouveaux parcs naturels marins, ainsi que de r�serves 
naturelles dans les terres australes et antarctiques fran�aises. En 
Nouvelle-Cal�donie, la France "renforcera aussi la protection et la gestion de 
la barri�re de corail, en vue de son classement au patrimoine mondial de 
l'Unesco", a-t-il assur�. Le chef de l'Etat s'est �galement engag� � ce que la 
France compl�te "d'ici la fin 2006 le r�seau de ses sites Natura 2000", un 
r�seau de sites naturels europ�ens pour lequel la France est en retard. "Gr�ce 
� cet ensemble de mesures, la France entend tenir l'engagement europ�en 
d'enrayer l'�rosion de sa biodiversit� d'ici 2010".

"DOUBLE DISCOURS"

Des organisations �cologiques organisent un contre-sommet en marge de la 
conf�rence de Paris sur la biodioversit� pour d�noncer les "contradictions" de 
la France et l'appeler � passer aux actes. Greenpeace et les Amis de la Terre 
ont d�cid� de participer d'une fa�on parall�le � cette grand-messe voulue par 
Jacques Chirac pour "tenter de convaincre les responsables politiques de 
l'urgence d'agir". "Nous craignons qu'une nouvelle fois les discours succ�dent 
aux discours", expliquent les deux ONG dans un communiqu� commun.

Plusieurs d'entre elles ont ainsi d�nonc� le "d�calage entre les d�clarations 
et les r�alit�s du terrain", selon les termes de France Nature Environnement, 
"alors que la biodiversit� demande une strat�gie ambitieuse et urgente". 
Greenpeace et les Amis de la Terre ne voudraient pas que les responsabilit�s de 
Paris, qui figure parmi les pays du Nord les plus riches en biodiversit�, 
soient �lud�es lors de la conf�rence organis�e pour contribuer au travail de la 
Convention sur la diversit� biologique (CDB). "Depuis sa signature en 1992, 
force est de constater que la Convention sur la diversit� biologique n'a pas 
permis d'enrayer l'�rosion de la biodiversit� mondiale", �crivent les deux 
associations, prenant pour exemple la d�gradation des for�ts tropicales. 
"Toutes les six heures, c'est une surface foresti�re �quivalente � Paris, ville 
d'accueil de ce nouveau sommet, qui dispara�t, entra�nant l'extinction de 
nombreuses esp�ces v�g�tales et animales parfois inconnues", affirment-elles.

"Dans les for�ts, l'opacit�, l'absence de gouvernance et l'impunit� r�gnent en 
ma�tres [...]. Mais c'est toute l'humanit� qui est concern�e par le pillage de 
son patrimoine." Pour mettre le gouvernement fran�ais face � ses 
responsabilit�s et lui pr�senter "r�flexions et recommandations" � la veille du 
sommet de Brazzaville sur les for�ts du bassin du Congo, les 4 et 5 f�vrier, 
auquel participera Jacques Chirac, les Amis de la Terre et Greenpeace 
organisent une semaine de d�bats parall�les.

Les organisations ont �galement pr�vu des actions, comme la mise en sc�ne 
interactive, dans la rue, du proc�s public de l'exploitation foresti�re, dans 
le 1er arrondissement de Paris.

 
2. POINT DE VUE
La "pr�servation de la biodiversit�", les naturalistes, Dieu et les m�nes de 
Darwin, par Bertrand Alliot
LE MONDE | 24.01.05 

Selon le dogme religieux, les cr�atures de Dieu sont les m�mes depuis la nuit 
des temps, depuis que Dieu leur a donn� naissance. Mais, depuis Lamarck et 
Darwin, les naturalistes ont remis en cause la vision fixiste de l'Eglise sur 
les esp�ces animales et d�mont� le concept de "cr�ation". Ils ont d�montr�, 
bravant la censure religieuse, que les esp�ces se transforment, et �labor� la 
th�orie de l'�volution.

La vie est une source intarissable de diversit� naturelle. Apr�s chaque crise 
que connut notre plan�te et qui amena son cort�ge de disparitions massives 
d'esp�ces on assista � une nouvelle explosion de vie et � une reconstitution 
progressive de la diversit�. La "photographie" de la diversit� n'est donc 
jamais la m�me au cours du temps. Comme dit le po�te : "La mati�re demeure et 
la forme se perd."

La biodiversit�, mot devenu � la mode depuis le sommet de la Terre de 1992, � 
Rio, est l'�quivalent de cette "photographie". Il d�signe l'ensemble des 
esp�ces vivant aujourd'hui. Constatant l'�rosion inqui�tante de la biodiversit� 
provoqu�e par le d�veloppement de nos soci�t�s, les naturalistes tirent donc la 
sonnette d'alarme. Il existe pourtant un paradoxe li� � cet engagement.

Il n'est pas surprenant que les naturalistes se battent pour la diversit�, 
celle-ci faisant le bonheur des collectionneurs (certains mus�es rassemblent de 
somptueuses collections, �uvres, pr�cis�ment, des naturalistes). Ce qui �tonne 
est que les m�mes qui ont d�montr� hier que la nature se transforme en 
permanence souhaitent aujourd'hui en conserver un �tat du moment ! Quel curieux 
retournement de l'histoire que cette nouvelle approche naturaliste, �tonnamment 
fixiste, allant � l'encontre de la tradition darwinienne.

Derri�re cette pr�occupation pour la biodiversit� se cache cependant une 
volont� : conserver une plan�te habitable pour l'homme. Or les naturalistes se 
voient, pour ainsi dire, "pi�g�s" par les concepts qu'ils ont eux-m�mes forg�s. 
Car la notion d'esp�ce est plus une cat�gorie de l'esprit qu'une r�alit�. Bien 
que le sens commun incite � penser le contraire en observant une souris � c�t� 
d'un �l�phant, l'arbre de la vie n'a pas de coupures ou de fronti�res franches. 
Celles-ci, depuis Aristote, ont �t� invent�es pour aider l'homme de science 
rationnel � comprendre et � conna�tre la nature. Le revers de la m�daille est 
que, en voulant faire rentrer la nature dans des "cases", on fige une r�alit� 
complexe et mouvante, m�me si les classifications syst�matiques sont 
r�guli�rement remises � jour.

Nous n'assistons pourtant pas aujourd'hui � la victoire tardive des clercs, 
mais � un improbable rapprochement entre deux termes d�signant une image fixe 
de la nature. Certes, les apparentes similitudes cachent des conceptions 
radicalement diff�rentes, mais, en troquant le mot cr�ation contre le mot 
biodiversit�, nous perdons une dimension essentielle attach�e � la nature.

En effet, le mot cr�ation renvoie � celui de beaut�. Il y a eu, tout au long de 
l'histoire chr�tienne, une tradition de louange de la cr�ation rattach�e aux 
beaut�s de la nature et aux inexplicables remous qu'elle provoque en nous. Ce 
sont les beaut�s de la nature qui nous commandent de l'admirer et r�v�lent pour 
beaucoup la preuve de l'existence de Dieu. Aujourd'hui encore, et peut-�tre 
davantage qu'� une certaine �poque, nous sommes sensibles � l'esth�tisme de la 
nature. Il est m�me tr�s probable qu'au c�ur de notre engagement pour les 
esp�ces vivantes se niche notre sensibilit� � l'�gard du beau, et notre refus 
de le voir souill�.

Car, si un jour disparaissaient de nos contr�es la cigogne et l'hirondelle, 
nous perdrions davantage que les annonciatrices du printemps, mais des 
cr�atures qui remplissent notre �tre d'une sorte de frisson. M�me le 
naturaliste herborisant stoppe parfois son d�sir de conna�tre en d�laissant sa 
flore pour se laisser envahir par son besoin d'admirer.

Dans notre soci�t� contemporaine, la sensibilit� � l'�gard de l'esth�tisme de 
la nature s'accro�t pour deux raisons essentielles : d'abord, nous sommes plus 
d�tach�s des n�cessit�s quotidiennes de la survie et nous pouvons embrasser la 
dimension esth�tique de la nature ; ensuite, notre mode de vie entra�ne une 
exploitation g�n�ralis�e de la nature qui d�grade ses beaut�s. Notre passion 
actuelle pour la campagne, le paysage et le jardin r�v�le cette sensibilit� 
accrue pour la nature comme "cosmos". Le plus �tonnant est de constater que, en 
m�me temps que s'accro�t cette sensibilit�, s'accro�t la rationalisation des 
"valeurs" esth�tiques dont l'utilisation permanente du mot biodiversit� est un 
r�v�lateur.

Il y a pourtant quelque chose de profond�ment d�sagr�able � entendre traiter 
toutes ces cr�atures merveilleuses par ce mot grossier et sans saveur qu'est 
biodiversit� ! Nous ne pr�chons pas pour le retour du concept de cr�ation, 
mais, comme dirait John Muir, arr�tons de transformer des cath�drales gothiques 
en entrep�ts de marchandises ! Derri�re cette syst�matisation de l'emploi du 
mot biodiversit� se cache un mal qui doit attirer davantage notre attention.

Quand il s'agit d'agir pour la nature, nous sommes bloqu�s : que prot�ger et 
comment s'y prendre ? On ne peut se contenter de limiter l'action en faveur de 
la nature � une faible proportion d'esp�ces : il n'est pas possible de s'en 
tenir aux merveilles de la nature que sont l'�l�phant et le panda, m�me s'ils 
nous fascinent davantage que la blatte et le cloporte. Il nous faut trouver une 
entr�e objective - et cette entr�e est celle de la diversit�. Prot�ger la 
nature consiste donc aujourd'hui � "g�rer": l'exercice est difficile.

Pour un Etat, concevoir une politique qui sert la biodiversit� est aussi 
complexe que la recherche, pour un enseignant, d'un programme commun adapt� � 
une classe unique. Chaque esp�ce a un biotope diff�rent, r�pond plus ou moins 
n�gativement � l'activit� humaine. Pis, la conservation de certaines esp�ces 
peut s'opposer � la survie d'une autre. Mais la complexit� n'est pas � son 
comble : la biodiversit�, c'est aussi la diversit� �cologique (des milieux) et 
la variabilit� g�n�tique !

R�sultat : les politiques con�ues � partir d'un tel concept globalisant ne 
peuvent �tre que des "usines � gaz". Les difficult�s de mise en �uvre, sur le 
terrain, des directives Oiseaux et Habitat (Natura 2000), bas�es sur une liste 
d'esp�ces en latin et une liste d'habitats ind�chiffrables (par exemple 
"steppes continentales halophiles et gypsophiles" ou "v�g�tation chasmophytique 
des pentes rocheuses") l'atteste. Ce n'est pas la vision de ces politiques 
embarrass�es qui nous alarme, bien qu'elle ne clarifie pas l'action publique, 
mais l'effet in�vitable de cette rationalisation de la nature, conduisant � la 
confiscation et � la monopolisation du d�bat par la caste des experts.

Etant les seuls � manier avec dext�rit� les concepts qu'ils ont cr��s, ils 
deviennent seuls habilit�s � �tablir des constats et � �chafauder des 
politiques complexes que le peuple ne s'appropriera jamais, �tant par la force 
des choses exclu du d�bat. La caract�risation rationnelle de la nature a mis 
d'un c�t� la petite minorit� de ceux qui savent et de l'autre la grande 
majorit� des ignorants. Cette situation est d'autant plus dommageable que 
l'exploitation irraisonn�e de la nature menace s�v�rement le d�veloppement et 
la survie des soci�t�s humaines.

Les participants � la conf�rence sur la biodiversit� ont donc raison de 
s'inqui�ter. Malheureusement, il est probable que les d�bats ne seront pas � la 
hauteur des d�fis qui nous attendent. Les soci�t�s, occidentales en 
particulier, doivent s'interroger sur leur mode de vie, particuli�rement 
consommateur et destructeur, et ce parfois au m�pris de certains besoins 
humains fondamentaux.

Mais notre salut ne viendra probablement pas des d�cisions prises dans des 
c�nacles d'experts o� s'�change un vocabulaire autoris�. La 
biodiversit�/cr�ation n'est pas l'apanage d'une �lite. Si nous voulons 
pr�server cette source d'�merveillement, il nous faudra trouver un mode 
d'existence plus responsable et plus raisonnable, et sans doute renoncer � bien 
des avantages tir�s de notre soci�t� de bien-�tre mat�riel et de consommation.

Une coop�ration douce entre l'homme et la nature est n�cessaire � une vie 
simplement humaine, et elle est indispensable aux Occidentaux d�racin�s par la 
r�volution industrielle. Le combat que nous devons engager, loin de celui qui 
nous est propos�, doit plus s'inscrire dans une anthropologie, une mani�re 
d'aborder l'existence et les rapports intimes que nous entretenons avec notre 
environnement.

Bertrand alliot a �t� administrateur national de la Ligue pour la protection 
des oiseaux de 1998 � 2004.

� ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 25.01.05
 
 
3. Jacques Chirac propose de cr�er un groupe mondial d'experts sur la 
biodiversit�
LE MONDE | 24.01.05 
Le pr�sident a inaugur� la conf�rence de Paris.

C'est la "voie propre" de Jacques Chirac. Chantre de l'�cologie, il a choisi 
d'�tre au premier rang des chefs d'Etat, peu nombreux, qui lancent un cri 
d'alarme sur la d�gradation de la biodiversit� de la plan�te. En inaugurant, 
lundi 24 janvier, au si�ge de l'Unesco, � Paris, la conf�rence internationale 
sur "Biodiversit�, science et gouvernance" (Le Monde dat� 23-24 janvier), 
initiative fran�aise lanc�e au G8 d'Evian en 2003, il a tout d'abord r�pondu au 
v�u de la communaut� scientifique : "J'appelle, a-t-il dit, tous les 
scientifiques � se rassembler pour constituer un r�seau mondial d'expertise", 
en mati�re de biodiversit�.

En effet, la France propose � la conf�rence, qui se tient jusqu'au 28 janvier, 
en pr�sence de responsables politiques, de chefs d'entreprise et de plusieurs 
centaines de chercheurs, de cr�er un groupe intergouvernemental sur l'�volution 
de la biodiversit� (GIEB).

Sur le mod�le du groupe d'experts internationaux constitu� pour suivre 
l'�volution du climat, son objectif est de fournir des �l�ments scientifiques 
reconnus, afin de permettre les d�cisions politiques. On estime aujourd'hui que 
l'extinction des esp�ces est entre cent et mille fois plus rapide que celle qui 
r�sulterait de l'�volution normale, soulignent les conseillers du chef de 
l'Etat, tout en pointant la grande impr�cision de cette fourchette.

M. Chirac a aussi saisi l'occasion de cette conf�rence pour attirer l'attention 
de la communaut� internationale sur un probl�me qui lui est cher, celui des 
pays du Sud. Comment concilier le d�veloppement, la croissance �conomique, la 
pression d�mographique, sans sacrifier "un patrimoine inestimable" ? "Nous 
devons �tre pr�ts � mutualiser une partie du co�t" de la pr�servation de la 
biodiversit� dans ces pays, a rappel� le chef de l'Etat, tout en saluant les 
efforts d�j� accomplis par Madagascar.

Il a �galement �voqu� la lutte contre le commerce illicite des bois tropicaux, 
en soulignant qu'il convenait d'aider les pays producteurs � d�velopper des 
fili�res bois. Ce sera notamment le sujet du deuxi�me sommet d'Afrique centrale 
sur la gestion durable des for�ts du bassin du Congo, � Brazzaville, o� M. 
Chirac doit se rendre en f�vrier. Le pr�sident a rendu un hommage appuy� � la 
militante �cologiste kenyane Wangari Maathai, qui a obtenu le prix Nobel de la 
paix en 2004 pour son combat contre la d�forestation.

Devant la "panne" de la Convention sur la biodiversit�, sign�e en 1992, mais 
non ratifi�e par les Etats-Unis, le pr�sident a propos� "que soit mandat� un 
comit� des sages ind�pendant", afin d'en �valuer les m�canismes et de les 
am�liorer. Chaque pays, a insist� M. Chirac, " doit prendre des mesures 
concr�tes et la France s'y engage r�solument". Une communication, pr�sent�e en 
conseil des ministres le 19 janvier, a pr�cis� que la France pr�senterait, lors 
de la conf�rence, les programmes de recherche de 2005. Le gouvernement rendra 
publics, en mars, "les plans d'action de la strat�gie nationale pour la 
biodiversit�". Le pr�sident a soulign� qu'il s'agissait de constituer "une 
v�ritable police de la nature", pr�cisant cependant que les mentalit�s et les 
cultures devaient �voluer.

Son entourage admet, en prenant le contre-exemple des directives Natura 2000, 
mal accueillies par les agriculteurs et les chasseurs, qu'une telle politique 
"se m�ne avec les gens et non contre eux". Ce r�seau doit �tre compl�t�, si 
possible, en meilleure intelligence avec la population des territoires 
concern�s.

M. Chirac a �galement annonc� que la France d�fendra la cr�ation d'aires 
prot�g�es dans les oc�ans et qu'elle relan�ait la cr�ation de parcs nationaux, 
"au plus tard en 2006, en Guyane et � la R�union, en accord avec les autorit�s 
locales". Elle devrait aussi cr�er des r�serves naturelles dans les terres 
australes de l'Antarctique, ainsi qu'� Mayotte et � la R�union.

La charte de l'environnement, qui doit �tre adopt�e par le Congr�s - "si le 
Parlement y consent, naturellement", soulignent prudemment les conseillers de 
l'Elys�e -, a bien s�r �t� mentionn�e par le pr�sident. M. Chirac a soulign� 
que ce texte consacrait "la biodiversit� comme droit et comme patrimoine 
collectif".

Un mois apr�s le raz de mar�e qui a ravag� l'Oc�an indien, le chef de l'Etat a 
rappel� que l'humanit� prenait "lentement, trop lentement, conscience que la 
puissance qu'elle a acquise, loin de l'affranchir d�finitivement de la nature, 
- lui conf�rait - d�sormais une responsabilit� sans pr�c�dent".

Dans ce combat, le conseiller �pisodique du pr�sident, Nicolas Hulot, estime, 
dans Le Figaro du 24 janvier, que M. Chirac "fait figure de cavalier seul dans 
son propre camp et dans son propre gouvernement", excluant de cette critique 
Serge Lepeltier, le ministre de l'�cologie.

B�atrice Gurrey

� ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 25.01.05
 
 
4. Biodiversit� : un contre-sommet des ONG pour d�noncer l'hypocrisie de Paris
LEMONDE.FR | 24.01.05 
Greenpeace et Les Amis de la Terre organisent des d�bats parall�les au Sommet 
de Paris. "Nous craignons qu'une nouvelle fois les discours succ�dent aux 
discours", expliquent les deux ONG, qui veulent pointer du doigt les 
responsabilit�s de la France en mati�re de biodiversit�. A l'issue des 
conf�rences, elles pr�senteront au gouvernement un ensemble de "r�flexions et 
recommandations". 

Des organisations �cologistes organisent un contre-sommet en marge de la 
conf�rence de Paris sur la biodioversit� pour d�noncer les "contradictions" de 
la France et l'appeler � passer aux actes.

Greenpeace et Les Amis de la Terre ont d�cid� de participer d'une fa�on 
parall�le � cette grand-messe voulue par Jacques Chirac pour "tenter de 
convaincre les responsables politiques de l'urgence d'agir".

"Nous craignons qu'une nouvelle fois les discours succ�dent aux discours", 
expliquent les deux ONG dans un communiqu� commun.

La Ligue de protection des oiseaux (LPO) est tout aussi critique et m�fiante 
sur l'attitude de la France en mati�re de protection de la biodiversit� sur son 
territoire.

LA FRANCE, PAYS "BON DERNIER"

"Epingl�e par Bruxelles il y a une semaine pour sa mauvaise volont� en mati�re 
de protection de la nature, la France doit saisir l'opportunit� qui lui est 
offerte (...) de se positionner de mani�re moins contradictoire", �crit son 
pr�sident, Allain Bougrain-Dubourg, dans un communiqu�.

"Il y a aujourd'hui urgence � agir. Notre pays est en effet bon dernier au sein 
de l'Europe pour la pr�servation de la biodiversit�", ajoute-t-il.

La LPO estime que l'arbre du "plan ours" r�cemment annonc� par le ministre de 
l'environnement dans les Pyr�n�es "ne doit pas cacher la for�t de d�cisions 
incoh�rentes en mati�re de biodiversit�".

L'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) d�nonce �galement 
la "politique irresponsable et calamiteuse" de la France en mati�re 
d'environnement.

"La France discourt sur la biodiversit� alors qu'elle bafoue gravement la 
sienne", d�clare-t-elle.

France Nature Environnement, pour sa part, affirme que "la biodiversit� demande 
une strat�gie ambitieuse et urgente", et souligne "le d�calage entre les 
d�clarations et les r�alit�s de terrain".

Greenpeace et Les Amis de la Terre ne voudraient pas que les responsabilit�s de 
Paris, qui figure parmi les pays du Nord les plus riches en biodiversit�, 
soient �lud�es lors de la conf�rence organis�e pour contribuer au travail de la 
Convention sur la diversit� biologique (CDB).

"Depuis sa signature en 1992, force est de constater que la Convention sur la 
diversit� biologique n'a pas permis d'enrayer l'�rosion de la biodiversit� 
mondiale", �crivent les deux associations.

ENTRE "BEAUX DISCOURS" ET "PILLAGES" DES FOR�TS

Elles prennent pour exemple la d�gradation des for�ts tropicales.

"Toutes les six heures, c'est une surface foresti�re �quivalente � Paris, ville 
d'accueil de ce nouveau sommet, qui dispara�t, entra�nant l'extinction de 
nombreuses esp�ces v�g�tales et animales parfois inconnues", affirment-elles.

Face � l'ampleur de la d�forestation, chercheurs et associations tirent 
r�guli�rement la sonnette d'alarme.

Pour Greenpeace et Les Amis de la Terre, des solutions existent pour contribuer 
� la pr�servation des for�ts tropicales, "mais la volont� politique d'agir 
manque".

"D�s qu'il est question de sauver les for�ts tropicales, nos politiques 
deviennent schizophr�nes : en France on fait de beaux discours, et en Afrique 
on encourage les entreprises fran�aises � piller les for�ts", s'indigne Sylvain 
Angerand, charg� de la campagne For�ts tropicales pour Les Amis de la Terre.

Illanga Itoua, charg�e de la campagne For�ts africaines pour Greenpeace France, 
souligne que "les Etats min�s par la corruption ou �mergeant � peine de 
conflits choisissent majoritairement la voie d'un profit � court terme et non 
redistribu� � la nation".

"Dans les for�ts, l'opacit�, l'absence de gouvernance et l'impunit� r�gnent en 
ma�tre. Les peuples et les for�ts du bassin du Congo en subissent les 
cons�quences les plus dramatiques. Mais c'est toute l'humanit� qui est 
concern�e par le pillage de son patrimoine", poursuit-elle. 

Pour mettre le gouvernement fran�ais face � ses responsabilit�s et lui 
pr�senter "r�flexions et recommandations" � la veille du sommet de Brazzaville 
sur les for�ts du bassin du Congo, les 4 et 5 f�vrier, auquel participera 
Jacques Chirac, Les Amis de la Terre et Greenpeace organisent une semaine de 
d�bats parall�les.

Les organisations ont �galement pr�vu des actions, comme la mise en sc�ne 
interactive, dans la rue, du proc�s public de l'exploitation foresti�re, dans 
le 1er arrondissement de Paris.

Avec Reuters

5. Etat d'alerte sur la biodiversit� 

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 23.01.05

� L'INITIATIVE de Jacques Chirac, une conf�rence internationale sur le th�me � 
Biodiversit�. Science et gouvernance � aura lieu du 24 au 28 janvier � Paris. 
Elle sera l'occasion pour de nombreux chefs d'Etat et responsables politiques 
du monde entier de rencontrer des centaines d'experts scientifiques. Ainsi que 
l'indique au Monde Michel Loreau, le pr�sident du conseil scientifique de la 
conf�rence, � les scientifiques ont l'impression que rien n'avance alors que la 
crise de la biodiversit� atteint une ampleur historique �. Selon un article 
publi� il y a quelques mois dans la revue scientifique britannique Nature, 
d'ici � moins d'un demi-si�cle, 15 % � 37 % des esp�ces animales et v�g�tales 
pourraient avoir disparu de la surface de la Terre.

Dans l'entretien qu'il nous a accord�, Edward O. Wilson, professeur � 
l'universit� Harvard et l'un des � p�res � de la notion de biodiversit�, 
explique les cons�quences dramatiques que pourrait avoir cette crise pour 
l'ensemble de la plan�te.



  
5. La difficile �valuation des pertes futures 

Article publi� le 23 Janvier 2005 
Par St�phane Foucart et Herv� Morin 
Source : LE MONDE 
Taille de l'article : 636 mots 

Extrait : D'ICI � MOINS d'un demi-si�cle, 15 % � 37 % des esp�ces - animales et 
v�g�tales - pourraient avoir disparu de la surface de la Terre. Saisissant, ce 
r�sultat d�coule d'une �tude publi�e en janvier 2004 dans la revue Nature ( Le 
Monde du 9 janvier 2004) sur l'impact �cologique du r�chauffement. Dirig�s par 
Chris Thomas, chercheur � l'universit� de Leeds (Royaume-Uni), ces travaux 
comptent d�sormais au nombre des publications sur la biodiversit� les plus 
cit�es. De tels r�sultats, qui offrent une perspective chiffr�e des dommages � 
venir, sont en effet chose rare. Et pr�cieuse, tant il semble important, pour 
les biologistes, de fournir un discours simple et scientifiquement consensuel 
aux pouvoirs politiques. 








Florin Stoican
Director executiv
ASOCIATIA KOGAYON

Adresa: 247115 Costesti, Str. Costesti nr. 343, jud. Valcea
Tel:    0723/07.16.48
Web:    www.kogayon.ro
E-mail: [EMAIL PROTECTED]
        [EMAIL PROTECTED]
        [EMAIL PROTECTED]
                
---------------------------------
Do you Yahoo!?
 Yahoo! Search presents - Jib Jab's 'Second Term'





------------------------ Yahoo! Groups Sponsor --------------------~--> 
DonorsChoose. A simple way to provide underprivileged children resources 
often lacking in public schools. Fund a student project in NYC/NC today!
http://us.click.yahoo.com/EHLuJD/.WnJAA/cUmLAA/RR.olB/TM
--------------------------------------------------------------------~-> 

EuroAtlantic Club: http://www.europe.org.ro/euroatlantic_club/ 

***
Birou de traduceri autorizate. Oana Gheorghiu - tel/fax: 252.8681 / [EMAIL 
PROTECTED]
 
Yahoo! Groups Links

<*> To visit your group on the web, go to:
    http://groups.yahoo.com/group/romania_eu_list/

<*> To unsubscribe from this group, send an email to:
    [EMAIL PROTECTED]

<*> Your use of Yahoo! Groups is subject to:
    http://docs.yahoo.com/info/terms/
 



Raspunde prin e-mail lui