Chronique

http://www.courrierinternational.fr/article.asp?obj_id=51186&provenance=accueil&bloc=16

 

ZONE CAF� BABEL - Les Roms, plus grande minorit� "transeurop�enne"
L'�largissement programm� de l'Union europ�enne � la Roumanie et la Bulgarie, pr�vu pour 2007, pose avec encore plus d'acuit� la question rom, un probl�me d�j� pr�sent avec l'�largissement pr�c�dent aux pays de l'Est dont le premier anniversaire tombe ce 1er mai 2005. En effet, les deux tiers des Roms europ�ens se concentrent en Europe centrale et orientale, et la Roumanie comme la Bulgarie abritent d'importantes populations roms. L'Union ne peut donc ignorer plus longtemps les difficult�s inh�rentes au mode de vie et � l'int�gration de la plus grande de ses minorit�s.


Les amalgames, accentu�s par l'utilisation de termes p�joratifs, sont pourtant loin d'avoir disparu et les contours de l'identit� rom tendent � se brouiller parmi la vari�t� des mots. "Tsigane" est couramment utilis� en Europe, mais on entend aussi tr�s souvent, sans toujours les diff�rencier, les termes "gitan", "romanichel" ou "manouche"... Ces impr�cisions rendent les traductions incertaines, brouillent les nuances et invitent aux id�es re�ues. Il est d'autant plus difficile de s'y retrouver que tous les gens du voyage ne sont pas n�cessairement des Roms ; inversement, certains Roms ont adopt� un mode de vie s�dentaire. C'est souvent la recherche de moyens de subsistance ou d'une forme d'�panouissement qui pousse certains groupes � choisir un mode de vie nomade. Finalement, sous l'appellation de Roms, la communaut� internationale regroupe la minorit� europ�enne de 10 millions de personnes, originaire du nord de l'Inde et arriv�e en Europe suite � des migrations commenc�e voil� plus de huit si�cles.

Les m�dias rapportent r�guli�rement des nouvelles impliquant des Roms, stigmatis�s et souvent per�us comme �trangers au sein des populations nationales. Mi-janvier 2005, un drame en Espagne � pays d'Europe occidentale qui compte le plus de gitanos ï¿½ est r�v�lateur de la persistance des tensions. A Cartagena, en Andalousie, un Rom est le principal suspect dans l'assassinat d'un habitant. La manifestation de protestation contre ce meurtre a d�g�n�r� et le "quartier gitan" a �t� mis � sac. Plusieurs manifestants ont mis le feu � des granges, retourn� des voitures et m�me jet� des pierres sur les fen�tres des habitations en guise de vengeance. La haine � l'encontre de la communaut� "gitane", �touff�e depuis longtemps, a resurgi apr�s des d�cennies de cohabitation.

Au Royaume-Uni, m�me si l'appellation de travellers [gens du voyage] recouvre une r�alit� bien plus large que les quelques Roms qui vivent sur l'�le, des candidats aux �lections l�gislatives du 5 mai prochain prennent les Gypsies pour cible dans leur campagne �lectorale. A propos des campements ill�gaux, le conservateur Michael Howard a laiss� entendre que le Human Rights Act, qui renforce au Royaume-Uni l'application de la Convention europ�enne des droits de l'homme, profitait aux gens du voyage qui pouvaient ainsi enfreindre impun�ment les lois. Les quotidiens The Sun et The Daily Mail s'en sont m�l�s, affirmant que le gouvernement favorisait ces populations.

Le dernier fait divers concernant les Roms en Allemagne a eu lieu dans la ville de Ravensburg. Lors de la parade de carnaval, en mars dernier, un citoyen a affich� sur un char une banderole "Zack, zack, Zigeunerpack" ["Vite, vite, sales Tsiganes"]. Le Conseil national des Sint�s et Roms a bien s�r r�agi et demand� une enqu�te, que le procureur de la ville a ouverte... avant de la refermer presque tout de suite ! Le Conseil affirme donc que l'administration a sa part de responsabilit� dans les actes racistes contre ses compatriotes.

D�but avril, dans un entretien accord� au quotidien fran�ais Le Monde, Dana Diminescu, sociologue et auteur d'un ouvrage sur les mouvements migratoires roumains, rappelait la diff�rence entre immigr�s roms et roumains, souvent confondus dans l'opinion publique. Selon elle, on remarque plus les Roms, qui transitent principalement � Paris et Lyon. Ils perp�tuent leur tradition de va-et-vient, li�e � leur attachement au clan et � la famille, alors que "les Roumains vivent d�sormais dans un individualisme qui les fait se fondre plus facilement dans le paysage europ�en".

En Europe centrale et orientale, l'ethnie rom est mieux connue. Les Roms sont plus nombreux sur ces territoires, o� ils sont arriv�s deux si�cles avant leur migration � l'ouest : un demi-million d'entre eux vivent en Hongrie, presque autant en Slovaquie, environ 250 000 se trouvent en R�publique tch�que alors que la Roumanie et la Bulgarie, futurs membres de l'Union en 2007, rassemblent entre 2 millions et 3 millions de Roms.

Suite aux multiples discriminations dont ils sont victimes dans ces r�gions, les Roms constituent d�sormais un groupe cible des politiques europ�ennes d'int�gration. En effet, la l�gislation europ�enne les d�signe comme une minorit� � prendre en consid�ration par les nouveaux et futurs Etats membres s'ils souhaitent mettre toutes les chances de leur c�t� dans le processus d'adh�sion.

Pourtant, les Roms repr�sentent le mieux l'"europ�anit�" vis�e par l'int�gration europ�enne. Qu'il pratiquent ou non le nomadisme, la valeur de la libert� prime sur toutes les autres et ils ne consid�rent pas les fronti�res comme des limites � leurs voyages. Ils se d�finissent comme "nation sans territoire" et "peuple europ�en", et revendiquent d'�tre chez eux partout en Europe. Les r�sistances auxquelles ils doivent faire face d�montrent les obstacles que l'Union �largie aura � affronter pour r�ussir son processus d'int�gration.

Texte �crit par Charlotte Tubbax, Caf� Babel


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