Rassemblement des Employés Techniciens
Ambulanciers-Paramédics du Québec (FSSS-CSN)
Mercredi le 4 juillet 2007
Madame Jeannine Auger Par TÉLÉCOPIE
Directrice des services médicaux généraux et préhospitaliers
Ministère de la santé et des Services sociaux
1075, chemin Ste-Foy 7e Québec
G1S 2M2
Objet : Réaction au communiqué d’Urgences-santé sur les primes appliquées aux
temps
supplémentaires.
Madame Auger,
Suite à la parution d'un communiqué officiel de la Corporation d'Urgences
santé, avec comme rubrique «
Urgences-Santé obtient du MSSS une bonification pour les paramédics qui
effectuent du temps supplémentaire
durant la période estivale ».
Nous croyons qu'une réaction s'impose, n'ayant à ce jour, reçu ou vu aucun
démenti de votre part. Nous
déchiffrons par ce mutisme, que le ministère a réellement consenti cette prime,
et ce, sans même nous aviser
de la présente. Nous savons que cette prime est actuellement utilisée dans le
réseau hospitalier québécois, afin
d'optimiser et surtout dédommager les infirmières qui sont implicitement
obligées de faire des heures
supplémentaires. Par contre, nous ne croyons pas que cette mesure temporaire
dans le réseau vise à vider un
centre hospitalier de ses infirmières au détriment d'un autre centre mieux
nanti.
Dans un premier temps, et ce, sans vous dépeindre l'ensemble du portrait
préhospitalier québécois, nous
croyons nécessaire de vous rappeler quelques évidences.
Tout d'abord, nous représentons près du 2/3 des paramédics qui oeuvrent au
Québec. J’espère ne pas avoir à
vous expliquer que nous avons dù suite à l’application et la médiatisation de
cette pratique, répondre à bon
nombre de questions d’un peu partout au Québec, tant de nos membres que des
entreprises. D'ailleurs, une
missive sera transmise à nos membres en fonction des présentes. Comprenez, que
vos réponses teinteront
l'information qui sera diffusée à nos représentants provinciaux ainsi qu’à nos
membres.
Deuxièmement, nous trouvons l'attitude des décideurs dans ce dossier plutôt
hasardeux. Je m'explique, nous
venons à peine de terminer une négociation importante avec beaucoup de
changement pour nos membres,
l’ensemble de ces travaux ayant été exécuté dans la transparence et l'honnêteté
des parties présents à la table,
une première dans notre domaine. En ce sens, comment voulez-vous que l'on
considère la situation actuelle ?
J'espère que vous comprendrez notre réaction face à cette intrusion non
planifiée ou discutée du ministère dans
un dossier qui touche les conditions de travail de l'ensemble des paramédics du
Québec. De plus, celle-ci
risque d’envenimer les relations déjà tendues entre la Corporation d'Urgences
Santé et les autres entreprises du
réseau ambulancier québécois, en regard aux manques de ressources humaines
chroniques.
Je souhaite que nous partagions la même opinion sur certain point tel que: la
pénurie de main-d'oeuvre
paramédicale au Québec est réelle, et ce, partout dans la province. D'ailleurs,
celle-ci est si criante dans
certaine région que les entreprises ont peine à combler les horaires réguliers.
De plus, certain projet (horaire de
travail) on du en tenir compte dans leur planification. Dans l'analyse de
situation effectuée par vos gens, ont-ils
envisagé que même si Montréal est une île, géographiquement, elle est entourée
par des entreprises
ambulancières privées, qui ont, à quelques centaines d'employés près, les mêmes
problèmes que ceux soulevés
par la Corporation d'Urgences-Santé ? De plus, saviez-vous que bon nombre des
confrontations actuelles avec
les entreprises du réseau reposent sur la disponibilité de nos membres sur les
listes de rappel. Celles-ci, en
raison d’une mauvaise planification ou projection de la main-d'oeuvre sont pour
la plupart vides ou sur
utilisées. Quel est l’impact envisagé par votre ministère sur les compagnies
limitrophes à la Corporation
d’Urgences-santé ? Soit : Laurentides/Lanaudière, Montérégie, centre du Québec
et autres. Allons-nous devoir
leur expliquer qu’arbitrairement il faut les déshabiller pour mieux habiller la
grande région de Montréal. De
toute évidence, vous avez sous-estimé le nombre de nos membres qui travaillent
à la fois dans les entreprises
du réseau et à la Corporation d’Urgences-santé.
Nous pourrions à ce stade énumérer encore et encore le nombre d'impacts
engendrer par cette décision qui à
nos yeux n'a pas eu d’analyse sérieuse. Nous pensons plutôt qu’afin d’éteindre
un feu potentiellement violent
ou une autre balafre à l’image de l’entreprise paragouvernementale, certaines
décisions ont été précipitées. De
cet angle, au Québec, il y a deux systèmes préhospitaliers, celui
d'Urgences-Santé et les autres...Sachez que
nous n’envisageons pas soutenir une telle position, encore moins de la
défendre. Nous sommes plutôt d'avis
que vous devez outiller les entreprises du réseau ambulancier de la même façon
que la Corporation
d’Urgences-santé, afin de surmonter un problème qui est similaire voir
identique. Nous parlons ici du manque
de disponibilité sur la liste de rappel et/ou le manque pur de main-d’oeuvre
paramédicale.
Pour terminer, n'allez pas penser que nous voulons enlever cet outil
supplémentaire aux gestionnaires de la
Corporation d'Urgences santé. Bien au contraire, notre intervention vise plutôt
de permettre aux autres
entreprises du réseau ambulancier d'avoir la possibilité d'offrir également les
mêmes conditions que ceux
offertes par Urgences santé à ses employés paramédics. Sachez que cette
position est soutenue par un grand
nombre de d’échange avec nos membres, les entreprises ambulancières et leurs
associations.
En attente d’une réponse de votre part, je vous prie de croire, madame Auger,
en l'expression de mes sincères
salutations.
Dino Émond
Président du RETAQ