Le mardi 16 octobre 2007 De longues minutes éprouvantes
François Martineau est venu en aide au jeune homme qui a été gravement brûlé lors de l’incendie majeur à Shawinigan. Il estime que les ambulanciers ont mis beaucoup de temps avant de secourir ce blessé.Photo: François Gervais Marie-Eve Lafontaine Le Nouvelliste Shawinigan Tremblant de douleur, le jeune homme de 21 ans qui a été grièvement brûlé, vendredi, lors de l'incendie sur la rue Saint-Alexis à Shawinigan, aurait attendu les secours ambulanciers pendant près d'une demi-heure. Il semble qu'une seule ambulance était disponible à Shawinigan même lors du drame. Le jeune homme s'affairait avec un ami à réparer une minimoto lorsque le feu a éclaté. Transformé en torche vivante, il est sorti de son appartement et a dégringolé l'escalier. Il s'est alors retrouvé au sol, le corps toujours en feu. "J'ai sauté dessus. Si on n'avait pas fait ça, il brûlait", raconte M. François Martineau. Sur l'adrénaline, le blessé s'est retrouvé dans le logement de M. Martineau et de sa conjointe Hélène Beaumier, situé en face de l'immeuble en flammes. Réussi à monter les marches", mentionne la dame. "Il parlait juste de son chien. Il répétait: "Mon chien, mon chien"", poursuit M. Martineau.Mais dans la cuisine, il s'est effondré. Bien vite, il est devenu évident que ses blessures, situées aux bras et au thorax, étaient très graves. "La peau de ses bras pendait. J'ai coupé son linge. Sa peau coulait comme de l'eau", déplore Mme Beaumier.Allongé sur le plancher de la cuisine, il a attendu l'ambulance. Une attente qui a semblé une éternité.Mme Beaumier affirme que l'ambulance ne s'est présentée qu'une heure après son appel au 911. Durant cette attente, une ambulance serait même passée devant son immeuble. Impuissantes et sous le choc, des personnes sur le balcon l'ont hélée. Mais le technicien aurait répondu qu'il se rendait à un autre appel et qu'une autre ambulance allait arriver sous peu. Son départ a été ponctué par les cris et les larmes des gens présents.Pour sa part, l'Agence de santé et des services sociaux de la Mauricie affirme que l'appel initial a été reçu à 17 h 22, et qu'à 17 h 28, une ambulance était sur les lieux. Comme il y avait plusieurs blessés, les premiers techniciens ambulanciers arrivés sur place étaient chargés de procéder au triage. Ils ont donc évalué la scène et l'état des victimes. "Les deux premiers techniciens jouent davantage un rôle de coordination que de transport. Lorsque le deuxième véhicule se présente sur les lieux, le chef trieur va affecter le véhicule en fonction des gens les plus gravement blessés", explique M. Gilles Hudon, responsable du service ambulancier à l'Agence.Selon la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie, le grand brûlé a été pris en charge à 17 h 50, soit 28 minutes après le premier appel. Bien que ce soit lui qui était le plus grièvement blessé, aucun ambulancier ne s'est porté à son secours avant. Pourquoi un tel délai? "On m'a dit que des gens avaient été transportés dans des endroits différents du lieu de l'incendie. C'est peut-être cela qui a occasionné un délai", avance M. Hudon.Au total, quatre véhicules, dont celui du superviseur, se sont rendus sur place, selon la CAM.Les deux ambulances affectées à Grand-Mère ainsi qu'une des trois ambulances de Shawinigan répondaient déjà à un appel lors du drame. Une ambulance de Shawinigan s'est rendue immédiatement sur les lieux. La deuxième était en route vers Trois-Rivières pour le changement de quart de travail lorsqu'on lui a demandé de faire demi-tour et de revenir à Shawinigan. Les deux autres véhicules venaient de Trois-Rivières.La deuxième ambulance est arrivée à 17 h 49, la troisième à 17 h 50. Selon M. Hudon, tout a été fait dans les règles de l'art.Quoi qu'il en soit, toutes ces minutes d'attente ont été très difficiles à supporter pour les gens présents. Dans un moment de lucidité, le jeune homme a fourni le numéro de téléphone de sa mère. Cette dernière est arrivée sur les lieux avant les ambulanciers."Elle voulait le prendre dans ses bras. Elle était paniquée", raconte Mme Beaumier. Cette dernière a appliqué des serviettes d'eau froide sur les blessures du jeune homme. Il souffrait beaucoup. "Il tremblait. Il était comme quelqu'un qui fait une crise d'épilepsie", raconte M. Martineau. "Je lui demandais s'il était encore avec moi. Il me répondait oui. Mais en dernier, il ne répondait plus", déplore Mme Beaumier. "On a fait ce qu'on a pu", laisse tomber M. Martineau. http://www.cyberpresse.ca/article/20071016/CPNOUVELLISTE/710160781/5409/CPNOUVELLISTE _________________________________________________________________ Envoie un sourire, fais rire, amuse-toi! Employez-le maintenant! http://www.emoticonesgratuites.ca/?icid=EMFRCA120

