En réponse à Tommy, au bas de larticle : Grogne chez les paramédics <http://www.cyberpresse.ca/apps/pbcs.dll/misc?url=/misc/zoom.pbs&Site=CP &Date=20071017&Category=CPNOUVELLISTE&ArtNo=710170795&Ref=AR&Profile=540 9&show=CPNOUVELLISTE§ioncat=CPNOUVELLISTE&cr=Photo:%20Stéphane%20Les sard&relart=%2Fapps%2Fpbcs.dll%2Farticle%3FAID%3D%2F20071017%2FCPNOUVELL ISTE%2F710170795%2F5409%2FCPNOUVELLISTE> Gaétan Grenier (Photo: Stéphane Lessard)
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Depuis la mise en place du déploiement dynamique, ils dénoncent le manque de ressources dans le service ambulancier. Cette fois-ci, ils en ont plus qu'assez de l'inaction de l'Agence de santé et des services sociaux: ils veulent être écoutés. On nous avait promis des ressources supplémentaires mais l'Agence ne nous a rien donné sous prétexte que la gestion du risque est acceptable. Or, ce manque de ressources met en danger la sécurité du public, met en péril l'accessibilité aux soins et détériore de façon inacceptable les conditions de travail des paramédics", a indiqué Gaétan Grenier, président du Syndicat des ambulanciers de la CAM, local 911 affilié à la FTQ. Ce n'est pas la première fois que les paramédics s'insurgent contre les ratés du déploiement dynamique. À la demande de l'Agence de santé et des services sociaux, la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie, qui dessert Trois-Rivières, Shawinigan et ses environs, a en effet mis en place un nouveau procédé de déploiement de la flotte ambulancière pour améliorer les délais d'intervention, surtout en situation d'urgence. Pour ce faire, des points de services ont été établis en fonction des volumes d'appels. Le déploiement a commencé à Trois-Rivières en 2005 puis a été élargi aux secteurs de Nicolet-Bécancour, de Batiscan et de Shawinigan au cours de l'année 2006. Or, le syndicat soutient que les fins de semaine, il n'y a souvent aucun véhicule ambulancier disponible, plus précisément dans les zones rurales de Nicolet, Bécancour et Batiscan. Deux personnes auraient même perdu la vie sans avoir le service ambulancier auquel elles ont droit. Lors d'un incendie survenu en fin de semaine à Shawinigan, un jeune homme grièvement brûlé a attendu des secours pendant une demi-heure. Pas plus tard qu'hier matin à 9h40, il ne restait plus qu'un seul véhicule pour desservir tout le territoire, les autres étant occupés. "Nous ne demandons pas un véhicule à tous les coins de rues, mais il nous en faudrait trois de plus de même que six autres ambulanciers à temps plein pour assurer véritablement la sécurité du public. Actuellement, nous avons 22 permis de véhicule et 150 techniciens", a précisé M. Grenier. Le syndicat remarque également que ce manque de ressources a détérioré grandement les conditions de travail. "Elles sont devenues inhumaines et inacceptables. Il y a un important désintéressement face à la profession. Les ambulanciers prennent des congés sans solde pour retourner aux études. En plus, des statistiques démontrent que les taux de suicide et de dépression sont très élevés. Ça ne va pas bien du tout", a ajouté M. Grenier. Il admet d'emblée que ces récriminations ne sont pas étrangères aux moyens de pression qui ont été déclenchés le 28 septembre dernier. La convention collective des techniciens-ambulanciers de la CAM est en effet échue depuis 2005. "Oui, nous voulons des hausses de salaire, car nous sommes sous-payés mais le plus important est d'améliorer nos conditions de travail. Pour ce faire, nous aimerions nous asseoir avec la direction de la CAM et l'Agence, tous ensemble. Nous avons des suggestions à faire pour améliorer la situation. Nous sommes sur le terrain après tout mais il faudrait que l'Agence nous écoute", a ajouté M. Grenier. Au Québec, le salaire d'un paramédic varie entre 16 et 22 $ de l'heure. En Ontario, le même paramédic gagne entre 23,95 $ et 28 $ de l'heure. Les ambulanciers dénoncent également le fait qu'ils ne soient pas payés lors de leurs périodes de repas, bien qu'ils soient en disponibilité. Certains doivent même patienter huit heures avant de pouvoir manger. Enfin, ils demandent à l'Agence de modifier le système de priorisation des appels, jugé inadéquat et inefficace. On relate de nombreux exemples d'appels non prioritaires traités en urgence et d'appels urgents traités comme des non prioritaires. L'Agence de santé réfute toute allégation LAgence de santé et de services sociaux de la Mauricie réfute entièrement les allégations du Syndicat des techniciens-ambulanciers de la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie. Selon Gilles Hudon, coordonnateur des services préhospitaliers durgence, le nombre de véhicules ambulanciers et de techniciens suffit à répondre à la charge de travail. «À tous les ans, nous faisons un exercice qui consiste à évaluer la charge de travail en rapport avec le nombre dambulanciers et de véhicules. Encore cette année, lévaluation a été faite dans les règles et il ny a pas de problématique à signaler», a-t-il mentionné. Il soutient également que le déploiement dynamique donne de bons résultats, même si plusieurs appels peuvent survenir en même temps. «Dans 90 % des situations, on répond aux appels dans les délais prescrits par la loi. Je parle dailleurs en toute connaissance de cause, car jai des faits et des statistiques à lappui», a-t-il ajouté. M. Hudon trouve déplorable que «le syndicat propage de la désinformation visant à insécuriser la population sur le manque de ressources. Je vous rappelle que les ambulanciers sont en moyens de pression. Ils ne veulent plus ramener les escortes. Cela représente des coûts importants, car les infirmières doivent par exemple revenir en taxi derrière lambulance», a-t-il précisé. Quant aux conditions de travail jugées inhumaines par les paramédics, M. Hudon signale que cette question doit davantage être débattue avec la direction de la CAM. «Pour notre part, nous avons de bons liens avec la direction», a-t-il mentionné. Il considère que «si les ambulanciers veulent être traités comme des professionnels, ils doivent agir comme tels. Leur travail consiste à répondre aux appels, à ramener les escortes, car cela fait partie du contrat signé avec lAgence. Donc, je leur dis: faites votre travail et demeurez sur vos points dattente au lieu daller à la centrale sur le boulevard Jean-XXIII et dalarmer inutilement la population», a-t-il conclu. _____

