Santé 
Une infirmière sur deux n'aime pas son travail


Valérie DufourLe Journal de Montréal28/10/2007 09h12 


Surchargées et ne voyant pas le bout du tunnel, à peine 50% des infirmières 
québécoises disent aimer leur travail. 

Cette donnée ressort d'une vasté étude à laquelle ont participé les deux 
réseaux d'hôpitaux universitaires montréalais. Cette recherche a été menée 
auprès de 8000 infirmières provenant de 130 unités de soins infirmiers du pays 
et présentée hier dans le cadre d'une conférence du groupe de recherche Ferasi. 
 

«C'est bas, mais c'est le reflet de ce qui se passe chez le personnel de la 
santé. Si on avait questionné les pharmaciens des hôpitaux, on aurait peut-être 
même vu pire. Ce n'est pas une question de salaire, c'est une question de 
nombre d'individus pour faire le travail», explique Esther Leclerc, directrice 
des soins infirmiers du CHUM. 
 
Postes vacants 
Mme Leclerc signale que le CHUM a présentement 450 postes d'infirmières 
vacants. «Un bon salaire ne justifie pas le fait que les infirmières ne sont 
pas capable de dire quand va finir leur journée de travail. Et ce n'est pas 
juste une fois de temps en temps.» 

L'étude démontre effectivement que infirmières québécoises font de plus en plus 
de surtemps. «Et elles nous disent qu'elles font beaucoup de temps 
supplémentaire qui n'est pas payé. Elles rentrent plus tôt et partent plus 
tard», note Judith Ritchie, directrice à la recherche en sciences infirmières 
au CUSM. 
 
Lieu de travail plus sain 
Quoi faire? Mesdames Leclerc et Ritchie suggèrent que les hôpitaux améliorent 
l'environnement de travail des infirmières au lieu de se concentrer uniquement 
sur les coûteux achats d'équipement de haute technologie. 

«Il faut rendre le milieu de travail plus sain. Ça coûte cher d'acheter des lit 
électriques [N.D.L.R. 30 000 $ par lit] et ça coûte cher d'automatiser 
l'administration des médicaments pour la rendre plus sécuritaire, mais ça 
permet aux infirmières de souffler», note Esther Leclerc. 

 
«Il faut mettre les ressources à la bonne place. En investissant sur ceux qui 
donnent des soins, on va améliorer leur satisfaction, ils vont être plus 
productifs et ils seront moins malades», croit Judith Richie. 

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