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Le jeudi 22 mai 2008

Urgences-santé peine à répondre aux appels
 
 
 
 
Le temps de réponse moyen dans la grande région montréalaise est de 9 minutes 
16 secondes alors que le temps maximal recommandé est de 8 minutes 59 
secondes.Photo Robert Mailloux, La Presse
 
Ariane Lacoursière
La Presse
 
Urgences-santé peine à répondre rapidement aux appels dans la grande région de 
Montréal. Cette année, le temps de réponse moyen pour les appels les plus 
urgents a été de 9 minutes 16 secondes alors que le temps recommandé est de 8 
minutes 59 secondes.
 
Dans certains quartiers de Montréal et de Laval, les citoyens doivent s’armer 
de patience car les techniciens ambulanciers mettent encore plus de temps à 
arriver. À Baie-d’Urfé, le temps de réponse moyen est de moins de 10 minutes 
pour seulement 22,6 % des appels de priorité 01 (appels urgents), et à Roxboro, 
pour seulement 25,4 %.Laval est encore moins bien desservie: à Saint-François, 
le temps de réponse moyen de moins de 10 minutes pour seulement 5,8 % des 
appels urgents, et à Laval-sur-le-Lac, pour 9 %. «Avant, il y avait des 
véhicules dans ces quartiers, mais il n’y en a plus. Il faudrait que la 
sécurité physique des citoyens de ces quartiers soit assurée», dénonce le 
président du Syndicat préhospitalier de Montréal et Laval, Réjean Leclerc.Au 
cours des trois dernières années, le temps de réponse des techniciens 
ambulanciers de Montréal et de Laval n’a jamais cessé d’augmenter. Selon le 
président de la Corporation Urgences-santé de la région de Montréal 
métropolitain, Daniel Adam, plusieurs facteurs expliquent cette situation. Le 
nombre d’appels reçus ne cesse d’augmenter alors que le nombre de techniciens 
ambulanciers stagne.Selon M. Adam, Urgences-santé vit une importante pénurie de 
personnel et aurait besoin de 60 employés pour pouvoir fonctionner à plein 
régime. «Sur le terrain, on voit de plus en plus des appels où il est écrit: 
aucune ambulance sur le territoire. Les délais de réponse se prolongent parce 
que nous ne sommes pas assez», confirme M. Leclerc.Une pénurie d’effectifs 
touche aussi les répondants médicaux d’urgence (RMU), soit les personnes qui 
répondent aux appels dirigés vers Urgences-santé. «Il nous manque au moins 10 
RMU. Ça a des effets sur notre temps de réponse», explique le président du 
syndicat des RMU, Martin Doyon.Les RMU ressentent tous les jours les effets du 
prolongement des délais de réponse. «Les gens nous appellent plusieurs fois 
parce qu’ils ne voient pas l’ambulance arriver. Ils sont irrités», dit M. 
Doyon.Outre la pénurie de personnel, d’autres facteurs expliquent que le temps 
de réponse explose à Urgences-santé. Les techniciens ambulanciers sont de plus 
en plus souvent refoulés aux urgences. «Quand ils arrivent aux urgences et 
qu’il n’y a pas de civières disponibles, ils doivent attendre qu’une civière se 
libère. Ils attendent là au lieu d’être sur la route», déplore M. Adam. 
Dernièrement, cinq équipes de techniciens ambulanciers d’Urgences-santé ont été 
retenues dans un hôpital montréalais car l’urgence débordait.Les conditions 
météorologiques jouent aussi sur l’efficacité d’Urgences-santé. L’hiver dernier 
a été particulièrement difficile pour l’organisme. «Dans les cinq jours suivant 
une tempête, on avait de gros délais dans nos temps de réponse», explique M. 
Adam. La Ville de Montréal a d’ailleurs annoncé qu’elle travaillera avec 
Urgences-santé pour corriger la situation.Selon M. Leclerc, il est temps 
qu’Urgences-Santé agisse. «Jusqu’à maintenant, on voit que leurs actions n’ont 
pas porté leurs fruits», critique-t-il.
 
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