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Ambulance - Cafouillage 
Trois heures et demie d'attente
Éric Yvan Lemay
Le Journal de Montréal
27/04/2009 07h39  

 Karine Millette n'était pas capable de transporter elle-même son conjoint, 
Jonathan, qui pèse 250 livres.   

© Éric Yvan Lemay
Jonathan Houde a attendu une ambulance pendant trois heures et demie. Le jeune 
homme a eu une peur bleue de mourir puisqu'il souffre d'une maladie rare et 
qu'il avait un urgent besoin de cortisone pour survivre. 


       Votre opinion 


      a.. Trouvez-vous acceptable d'attendre aussi longtemps pour une 
ambulance? 
     
«Je me sentais partir. Ça me prenait absolument mon Cortex», raconte l'homme de 
24 ans rencontré à son logement de Deux-Montagnes. «J'ai l'impression qu'on n'a 
pas pris mon cas au sérieux.» 


Même si l'incident remonte au 3 mars dernier, il est encore frais dans la 
mémoire de Jonathan Houde et de ses proches. «Il était faible et divaguait. Je 
ne pouvais pas l'amener moi-même à l'hôpital. Il pèse 250 livres et arrivait à 
peine à bouger», raconte sa conjointe, Karine Millette. 


Atteint d'un syndrome rare qui cause des tumeurs à répétition, il a dû subir 
l'ablation des glandes surrénales il y a un an. Depuis, il doit prendre de la 
cortisone sous forme de capsule matin et soir pour survivre. 


Or, le matin du 3 mars, il souffrait d'une violente gastroentérite. Il a vomi 
ses pilules tout de suite après les avoir prises. 


Un appel vital 


Voyant qu'il ne pourrait prendre sa dose du matin, il a demandé à sa belle-mère 
d'appeler l'ambulance. Ce qu'elle a fait une première fois à 10 h 43. «À ce 
moment-là, on a spécifié que c'était vital, que je ne pouvais pas vivre sans 
cortisone», raconte celui qui travaille comme concierge dans les écoles. 


Devant la lenteur de l'arrivée des secours, sa belle-mère a rappelé deux fois. 
Sa conjointe est revenue à la maison peu après midi. 


«Je ne savais pas quoi faire. J'étais incapable de le bouger», raconte-t-elle. 
L'ambulance est finalement arrivée à 14 h 15. 


Après s'être excusés, les ambulanciers l'ont amené au Centre hospitalier de 
Saint-Eustache, où on l'a mis sous soluté environ 30 minutes plus tard. 


Du côté de Services préhospitaliers Laurentides-Lanaudière, on assure que 
l'appel a été bien géré. «Ce jour-là, on avait énormément d'appels pour des 
codes 1, des cas très graves qui ne pouvaient attendre. Dans son cas, c'était 
un code 7», indique le directeur, François Galarneau. 


C'est finalement une ambulance de Sainte-Thérèse qui a été détournée pour aller 
le chercher. Le directeur promet quand même de faire un contrôle de la qualité 
de l'intervention et de soumettre ce cas pour voir s'il aurait pu être classé 
de façon plus prioritaire. 


Finalement, il reconnaît le manque d'ambulances sur le territoire. Dès le 18 
mai, on comptera plus de ressources dans les secteurs de Saint-Eustache, 
Lachute, Sainte-Thérèse, Saint-Jérôme et Mirabel. 


LE SYNDROME DE VON HIPPEL-LIDAU 



a.. Touche une personne sur 36 000 


a.. Maladie génétique qui entraîne des tumeurs sur le pancréas, les reins, les 
surrénales, le système nerveux central et la rétine 


a.. L'âge moyen de la détection est 25 ans 


a.. La plupart des tumeurs sont bénignes, mais leur croissance peut entraîner 
des lésions dans l'organisme 

Sources : Wilkipedia, Forum médical suisse et Syndicat national des 
ophtalmologistes de France 



Des tumeurs à répétition 

La maladie dont souffre Jonathan Houde ne touche que trois personnes sur 
100000. Elle se caractérise par le développement de tumeurs à répétition. 

Seulement l'an dernier, il a dû passer sur la table d'opération à quatre 
reprises pour qu'on lui retire des tumeurs. Il porte d'ailleurs deux longues 
cicatrices derrière le crâne à cause des deux interventions pour enlever des 
tumeurs au cervelet. 

«Quand j'ai su que j'avais ça, j'étais pas mal découragé. J'ai décidé de me 
battre pour mon fils», raconte le jeune père. On ignore d'ailleurs pour le 
moment si le jeune Loïc, trois ans, est porteur de la maladie de son père. 

Un suivi serré 

À cause de la gravité de son cas, Jonathan Houde est suivi de façon régulière 
par des spécialistes de l'Hôpital Notre- Dame du CHUM. «Ailleurs, il y a 
plusieurs médecins qui ne savent même pas c'est quoi», dit-il. 

Les tumeurs se développent principalement dans des endroits où le sang afflue 
en grande quantité. Ainsi, on a dû lui retirer les glandes surrénales où 
s'était développée une tumeur. 

C'est pour remplacer la production naturelle de cortisone qu'il doit prendre 
les pilules. Malgré tout, Jonathan Houde ne se laisse pas abattre. Entre ses 
opérations, il continue à travailler comme concierge et à s'occuper de sa 
petite famille. 

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