Extrait de la période des questions à l'Assemblée nationale du Québec - le 13 mai 2009 environ 14h40
Le Président: En question principale, M. le député de Marie-Victorin. M. Drainville: M. le Président, ça fait plusieurs semaines que les médias nous rapportent des cas où des patients de Montréal et Laval ont attendu une ambulance pendant des heures. Quand on compose le 9-1-1 pour avoir une ambulance, c'est parce que c'est urgent. En fin de semaine dernière, M. Razmanali Hashuri, 73 ans, s'est effondré sur le plancher de sa maison à Laval. Sa fille a composé le 9-1-1 pour avoir une ambulance. Puis, elle a rappelé après 10 minutes. Puis, elle a rappelé après 20 minutes. À Urgences-Santé, on lui répondait: L'ambulance s'en vient, l'ambulance s'en vient. Au bout de 45 minutes d'attente, M. Hashuri s'est évanoui, et là ses deux fils l'ont placé dans une voiture pour le conduire eux-mêmes à <la cité de Laval... > la Cité de la santé de Laval. M. Hashuri est aujourd'hui dans le coma, M. le Président. M. le Président, comment le ministre, qui connaît la situation depuis plusieurs semaines, comment le ministre explique-t-il que M. Hashuri ait attendu l'ambulance pendant 45 minutes et soit aujourd'hui dans le coma? Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux. M. Bolduc: M. le Président, dans un premier temps, j'ai beaucoup de compassion, là, pour la situation qui s'est passée. Et je peux vous dire que, comme ministre de la Santé, c'est strictement inacceptable. Actuellement, on fait quand même une enquête là-dessus pour savoir qu'est-ce qui s'est passé, quels sont les événements qui ont conduit au fait que le patient n'ait pas pu être transporté dans les délais requis. Et je peux vous assurer que, pour Urgences-Santé, c'est un dossier extrêmement important. Et, comme ministre, je vais m'attarder pour essayer de corriger toute situation qui amènerait qu'on ait un nouvel événement de ce genre. C'est une préoccupation de tous les jours. Merci, M. le Président. Le Président: En question complémentaire, M. le député de Marie-Victorin. M. Drainville: M. le Président, le ministre est au courant du problème ambulancier à Montréal et à Laval depuis plusieurs semaines. Ça a été documenté dans les médias, il y a eu plusieurs cas qui ont été rapportés, entre autres, 3 mars dernier, Jonathan Houde, atteint d'une maladie génétique rare, qui a attendu pendant trois heures et demie. Il a eu la peur de sa vie, il a eu peur de mourir. M. le Président, est-ce que le ministre peut nous dire, au cours des dernières semaines, depuis qu'il connaît le problème, là, est-ce qu'il peut nous dire quels sont les gestes qu'il a posés pour le régler, ce problème-là? Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux. M. Bolduc: M. le Président, on a les mêmes considérations que le député de Marie-Victorin. Je suis au courant qu'il y a des gros problèmes avec Urgences-Santé à Montréal. Au niveau des démarches, on travaille actuellement avec le ministère pour avoir des gens qui vont aller faire une enquête et nous faire rapport sur la situation générale d'Urgences-Santé, parce qu'on pense que c'est vraiment quelque chose d'important. Et je peux lui dire qu'il va avoir des mesures qui vont être prises. On doit même requestionner la façon dont ça fonctionne à Montréal par rapport à Urgences-Santé. Mais on va commencer par demander à des gens qui connaissent ça de nous faire rapport pour avoir un rapport objectif. Après ça, on fera le bon diagnostic. Et puis je peux l'assurer et je peux le rassurer que j'ai une grande considération de faire un gros traitement pour Urgences-Santé. Le Président: En deuxième complémentaire, M. le député de Marie-Victorin. M. Drainville: M. le Président, on apprécie les bonnes intentions du ministre, là, mais pourquoi est-ce qu'il se réveille maintenant, là? Parce que <ça fait plusieurs... > ça fait plusieurs semaines qu'il y a des cas qui sont rapportés. Dans la nuit du 28 au 29 avril, un patient de Montréal qui a attendu 13 heures pour une ambulance; lui aussi s'est senti obligé de prendre le taxi pour se rendre à l'hôpital. Des ambulanciers qui déclarent: On est tellement débordés que c'est la sécurité des gens qui est mise en jeu. Je veux bien, je veux bien, là, vous allez poser des gestes... -------------------------------------------------------------------------------- M. Drainville: ...avril, un patient de Montréal qui a attendu 13 heures pour une ambulance. Lui aussi s'est senti obligé de prendre le taxi pour se rendre à l'hôpital. Des ambulanciers qui déclarent: On est tellement débordés que c'est la sécurité des gens qui est mise en jeu. Je veux bien, je veux bien, là, vous allez poser des gestes dans les jours, dans les semaines qui viennent, mais qu'est-ce que vous avez fait, au cours des dernières semaines, pour régler le problème? Le Président: M. le ministre de la Santé et des Services sociaux. M. Bolduc: M. le Président, 28, 29 avril, c'est il y a environ deux semaines. Il y a environ une dizaine de jours, j'ai parlé avec le sous-ministre au niveau du ministère. Je lui ai dit que j'avais des grandes considérations pour Urgences-Santé. Mais il faut faire attention. Il ne faut pas traiter sans faire de diagnostic, on va faire encore plus de mal. Primum non nocere, principe de médecine. Dans un premier temps, ce qu'il faut faire, c'est d'abord faire le bon diagnostic. On a une considération spéciale, on surveille toutes les situations de ce qui se passe et à Montréal et à Laval, et on pense qu'on va devoir agir. Mais, avant d'agir, gardons la tête froide, prenons le temps, mais pas trop de temps, pour faire le bon diagnostic et faisons le bon traitement.

