Salut Stéphan

 

Tu résumes très bien ma pensée.  Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait?

 

Pour ma part, j’en avais plein mon casque de me battre contre un système où
on dit que le jugement des paramédics est apprécié, mais sur papier c’est
une autre histoire.  On ne peut même pas évaluer la condition d’un patient,
il faut se contenter de l’apprécier.  Est-ce que je suis le seul à m’être
senti insulté quand j’ai lu ça??? J’espère que non.

 

Quand je regarde les nouveaux PICTA-P, je me demande vraiment pour qui on
nous prend.  Et c’est bien clair dans la tête de certains intervenants :
nous sommes là pour transporter.  Pour le reste, on verra plus tard.
Entendu dans un cours de soins infirmiers dans un CÉGEP de la région de
Montréal : « Quand vous êtes au triage et que les ambulanciers arrivent, ne
vous fiez pas trop à ce qu’ils disent… ».  

 

Et des exemples comme ça, j’en ai un camion plein.  L’infirmière scolaire
qui nous appelle les « chauffeurs d’ambulance », le personnel hospitalier
lors de transferts qui n’est pas foutu de nous informer si le patient a une
maladie contagieuse, le MD à la salle de choc qui est convaincu que ces
lettres veulent dire « Mon Dieu », et qui d’ailleurs se fout royalement de
tout le monde, puisqu’ils sont là pour le servir…

 

Et je passe par-dessus les civils qui nous disent comment faire notre
travail « vous aurez pas besoin de la civière, c’est pas si grave », «
conduisez plus vite, il souffre… », etc…

 

Tout ça, à mon avis, c’est le résultat d’une grande méconnaissance de notre
profession de la part du public et des autres professionnels de la santé.

 

Donc, pour répondre à ma question « qu’est-ce qu’on fait? », je crois qu’il
serait temps que l’APPQ fasse une grande campagne médiatique pour informer
la population sur notre rôle, nos responsabilités, etc.  Imaginez une
campagne publicitaire « qui sont les paramédics » à la télé, dans le
journal, etc…

 

Que la population sache enfin qui on est et ce qu’on fait.  Que la
population réalise enfin qu’on en fait beaucoup avec pas beaucoup de
formation, et qu’on pourrait en faire encore plus.  Imaginez dans la Presse
du samedi « Les soins avancés sont efficaces, c’est prouvé scientifiquement.
Pourtant, au Québec, les paramédics n’ont pas le droit de les appliquer.
Appelez votre député (ou le DMN) et demandez-lui pourquoi… », en oubliant
pas les # de téléphone appropriés.

 

Et il y a aussi les points de presse, les entrevues, etc.  Tout ce qu’il
faut pour que les politiciens commencent à se sentir un peu ridicules, et
qu’ils appuient enfin un projet de loi.  Pourquoi l’APPQ n’engagerait-elle
pas un agent de relations publiques?  Ça serait déjà plus concret.

 

Ce sont des suggestions, j’espère qu’elles tomberont dans les bonnes
oreilles.  J’ai enseigné au nouveau président de l’APPQ lors de son passage
à Ottawa, il sait très bien comment me rejoindre si nécessaire.

 

Que les paramédics deviennent membres de l’APPQ c’est primordial.  Mais que
l’APPQ fasse plus parler d’elle-même et des paramédics un peu partout me
semble quand même une bonne idée. 

 

Paramédicalement vôtre

 

Sébastien Gagnon, AEMCA

Paramédic maintenant hors-Québec, mais qui pourrait y revenir un jour…

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