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  Subject: [sorabia] LEFIGARO: Le Kosovo vers la sécession après
  l’échec des négociations
  Date: Fri, 30 Nov 2007 15:37:50 -0500

  Le Kosovo vers la sécession après l’échec des négociations

  Isabelle Lasserre
  29/11/2007 | Mise à jour : 08:13 |

  .

  «J’ai le regret de dire qu’il n’y a pas eu d’accord avec la
  Serbie», a déclaré, hier, le président kosovar Fatmir Sejdiu (à 
  droite, avec à gauche le premier ministre Hachim Thaci). Crédits
  photo : AP

  L’indépendance de la province serbe est au centre d’un bras de
  fer international entre les États-Unis, la Russie et l’Union
  européenne.

  Huit ans après l’intervention de l’Otan contre les forces serbes
  au Kosovo, l’ancienne province de Serbie, administrée depuis 1999
  par la communauté internationale, s’apprête à déclarer dans les
  mois qui viennent son indépendance de manière unilatérale. Les
  ultimes pourparlers serbo-kosovars se sont achevés hier à Baden, en
  Autriche, sur une impasse totale, ni les autorités de Belgrade, ni
  les responsables albanophones n’acceptant de faire le moindre
  geste.

  Les États-Unis et la plupart des pays de l’Union européenne (22
  sur 27) se sont déjà prononcés pour l’indépendance, mais ils
  imposeront sans doute au nouveau premier ministre du Kosovo la date
  à laquelle l’événement devra avoir lieu. «Ici, malheureusement,
  ce ne sont pas les Albanais qui décident, mais la communauté
  internationale. Le destin du Kosovo nous échappe», regrette Albin
  Kurti, jeune contestataire kosovar.

  Car l’indépendance, pour laquelle tous les partis politiques
  kosovars luttent depuis des années, est au cœur d’une bataille
  politique entre les grandes puissances. États-Unis, Russie et Union
  européenne règlent leurs différends au Kosovo, objet de
  marchandages internationaux qui dépassent, et de loin, les
  problématiques balkaniques.

  La Russie de Vladimir Poutine a choisi le Kosovo et la Serbie pour
  montrer ses nouveaux muscles sur la scène politique internationale.
  Elle a apporté son plein soutien à Belgrade, qui dit redouter
  qu’une sécession du Kosovo ne conduise à un «effet domino» dans
  une région encore fragilisée par les guerres d’indépendance des
  années 1990. Moscou a menacé d’opposer son veto à une
  éventuelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur
  l’indépendance de la province. Puis elle a poussé les autorités
  serbes de Belgrade à bloquer leur rapprochement avec l’Otan. Hier,
  le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a jugé
  la situation «très alarmante». «Nous ne pouvons accepter les
  incantations selon lesquelles il s’agirait d’une situation
  exceptionnelle et que l’indépendance serait inévitable», a
  ajouté Lavrov.

  L’attitude russe est un peu la réponse du berger à la bergère.
  «L’utilisation de la Serbie pour tenter de bloquer l’extension
  de l’Otan à l’est de l’Europe est une réplique directe au
  projet de bouclier antimissile que les Américains ont l’intention
  d’installer dans la région, notamment en Pologne», explique Misa
  Brkic, directeur du magazine Economist à Belgrade.

  Les États-Unis ont pour l’instant réagi avec modération. À
  Pristina, les Kosovars redoutent que le soutien américain à 
  l’indépendance du Kosovo finisse par pâtir, si les choses
  venaient à traîner, d’éventuelles concessions que Moscou et
  Washington pourraient s’accorder sur les dossiers internationaux.
  «Il n’y aura pas de solution au Kosovo tant que les États-Unis et
  la Russie n’auront pas trouvé une entente et réduit leurs
  divergences sur les grands problèmes du moment», commente Moma
  Trajkovic, un leader serbe modéré de la province.

  Sphère d’influence de Moscou

  Quant à l’Union européenne, elle est bien trop dépendante du gaz
  russe pour pouvoir ignorer l’opposition moscovite à 
  l’indépendance du Kosovo.

  La querelle sur la province balkanique permet aussi à Moscou de
  préserver ses intérêts dans l’ancien espace soviétique. La
  Russie a en effet affirmé qu’elle considérerait l’indépendance
  du Kosovo comme un précédent qu’elle pourrait reproduire dans sa
  sphère d’influence, notamment en Abkhazie et en Transnistrie, deux
  républiques indépendantistes très proches de Moscou. «Le Kosovo,
  redoute l’analyste kosovar Lulzim Peci, risque de devenir le centre
  d’un nouveau clash des idéologies entre l’Occident et la Russie.
  Il faut nous préparer à une nouvelle guerre froide.»

  
http://www.lefigaro.fr/international/2007/11/29/01003-20071129ARTFIG00345-le-kosovo-vers-la-secession-apres-lechec-des-negociations.php

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