Vincent Picavet a écrit : > Bonjour, > Je pense globalement que le rapprochement OSGeo-fr / OSM est une bonne chose, > car les deux mouvements ont l'un comme l'autre à y gagner. > > L'OSGeo, depuis le début, a dans ses objectifs la promotion et l'émergence de > données libres. Il y a donc convergence globale entre le but d'OSM et ceux de > l'OSGeo, ce qui est le minimum. > > OSM a besoin d'une structure légale pour sa représentation et ses projets, et > l'OSGeo peut lui apporter.
"Mouvements" est un peu vague. Le mouvement principal, qui motive OSM, est que ce qui est communément utile aux gens ne soit pas affecté d'un péage. La liberté de circuler commodément est devenu un bien commun qui ne doit pas subir d'obstacle. > > En ce qui concerne les craintes qui pourraient subvenir quant à la place > d'OSM > dans l'association OSGeo-fr, je pense qu'elles sont infondées. L'OSGeo-fr est > ce que les gens qui investissent dedans en font (investissement en temps, > énergie, idées). C'est une communauté ouverte et qui acceptera avec joie les > projets et investissements qui y seront proposés. Je verrais personnellement > d'un bon oeil un membre du bureau issu de la communauté OSM. Pas de crainte à avoir concernant OSGéo-Fr, mais beaucoup sur le degré d'inorganisation d'OSM en France. Cela risque de freiner l'émergence des projets qu'attendrait OSGeo-Fr. > > Ma vision d'OSM me fait dire que le projet pourrait profiter plus avant de > l'OSGeo-fr. Pour moi le projet OpenStreetMap se définirait aujourd'hui comme > «une infrastructure de collaboration autour de données libres». > Je pense que le temps où OSM se définissait comme la simple création d'une > carte est révolu ou en passe de l'être. Pas d'accord pour prétendre que la question de la carte réellement utile au citoyen lambda est résolue. Le caractère libre des donnée utilisées est un effet secondaire du projet, mêm s'il en devient ensuite l'élément moteur. > D'une part, les données présentes dans OSM commencent à largement dépasser ce > qui est représentable de façon visuellement raisonnable sur une carte. Au > mieux on n'aurait donc plus une carte OSM mais des cartes OSM. De plus > certaines informations ont un usa ge qui dépasse complètement les besoins en > visualisation. Les aspect topologiques notamment, qui permettent de > reconstituer un graphe de réseau pour faire du routing par exemple, sont des > éléments qui ont une optique plus large que la visualisation. De même tout ce > qui concerne les POI permet la mise en place de services qui vont plus loin > que la carte. On est plus dans un contexte de création de données pour faire > une carte, mais de données libres de façon plus large. La récente création > d'openaddress en est un exemple supplémentaire d'utilisation (à double sens) > des données OSM pour des usages élargis. Encore une fois, c'est confondre le but et le moyen : si des données topologiques sont ajoutées, c'est parce que la forme la plus récente de la carte (qui n'invalide pas les précédentes) est la carte routable sur mobile. Cela devient donc un bien commun. Mais le coeur du projet concerne ce qui est visible (repères géodésiques ou bouées marines, même si peu de gens les voient). Je me demande aussi si on peut arriver à la saturation, mais pour le moment, ça à l'air de ne pas poser de problèmes. Il suffit de zoomer ;-). Tout ce qui excède le visuel, typiquement les réseaux enterrés, ne doit pas se trouver dans la carte générale. A ce propos, le fait que 4 communes du Pays de Brest cherchent à créer chacune leur carte particulière sur un fond OSM est un élément précurseur. > > D'autre part au delà de la donnée, une des forces d'OSM est son organisation > et son infrastructure. Les outils créés, les méthodes de collaboration > utilisées, sont devenus un sujet en soit au même titre que les données elles- > mêmes. Nicolas Chavent présentait à l'OGRS 2009 «Humanitarian mapping with > OSM», avec des retours d'expériences d'utilisation de l'infrastructure et de > l'organisation d'OSM pour la gestion de crise. La récente expérience à Haiti > a > montré l'importance de ce coté du projet, confirmée par la création de HOT et > de l'intérêt croissant du monde humanitaire pour OSM. > > Ces deux aspects font que l'objectif «créer une carte libre» d'OSM est > dépassé. Ce qui va forcer le projet de toutes façons à interagir avec de > nouveaux acteurs, dont les besoins et les buts seront différents des > objectifs > initiaux du projet. Ces projets à objectifs particuliers seront assis sur la carte OSM générale créée par le crowsourcing et les éléments qu'ile y mettront, qui, a priori, devront être sous licence publique. Si c'est nécessaire, ils contiendront une couche spécifique, ouverte ou non diffusée. > > Parmi ces acteurs vont arriver sous peu les professionnels de la geomatique, > et également tous les clients de l'oligarchie des producteurs de données, > avides de trouver une source gratuite pour remplacer leurs données couteuses. > Ratzillas témoignait déjà que certains étaient prêts à financer des projets > OSM, ce qui est une bonne chose, mais également un risque. La récupération du > projet par des entreprises, les usages illégaux des données OSM, la confusion > entretenue entre le projet en lui même et des sociétés qui vendent du service > autour, les «pilleurs» de données, sont autant de risques qui sont > préjudiciable à OSM. Les pilleurs sont sous l'oeil de la communauté mondiale et doivent assumer les risques de dénonciation virale. Vendre du service autour des données libres est banal depuis le début du libre. Bill Gates aurait, dit-on, commencé comme ça. > La cohabitation positive entre communauté et professionnels n'est pas une > chose simple. A ce propos l'expérience des logiciels libres est précieuse. > L'OSGeo est une source de connaissance et d'expérience sur ce sujet, qu'elle > pourra faire partager à la communauté OSM. C'est pour moi un point important > sur lequel les échanges devraient être bénéfiques à OSM. > L'élargissement des acteurs gravitant autour d'OSM produira sans nul doute > des > besoins nouveaux en terme de logiciels et de services, et il est bon ici > aussi > d'avoir une communauté compétente sur ces aspects logiciels. De même en terme > de métiers, la communauté OSGeo-fr rassemble des individus d'horizons divers > qui réunis permettront d'appréhender de façon plus précise les utilisations > d'OSM émergentes. Les professionnels peuvent proposer tout ce qu'ils veulent dans et autour d'OSM, du moment qu'ils respectent la licence, ce qui est la moindre des choses de leur part, s'ils veulent qu'on les considèrent comme des professionnels. _______________________________________________ Talk-fr mailing list [email protected] http://lists.openstreetmap.org/listinfo/talk-fr

