Bonsoir, Le week-end dernier, j'étais au State of the Map, à Vienne. C'était ma première participation et j'en reviens pleinement satisfait.
Un mot sur l'ambiance générale d'abord Le SotM rassemble des gens passionnés, l'ambiance est donc naturellement bonne et les discussions démarrent facilement. Rencontrer autant de bonnes volontés est à la fois grisant et motivant. L'audience était variée : j'ai rencontré des universitaires et beaucoup de contributeurs impliqués dans le développement d'outils/infrastructures. J'ai eu le sentiment que le simple contributeur était largement sous-représenté en revanche. En terme de nationalité, il y avait évidement beaucoup d'autrichiens et l'Allemagne était aussi très présente. Le reste de l'audience venait des 4 coins d'Europe, voire de plus loin. Peu de français par contre. Les conférences Les diapos et vidéos des présentations sont disponibles pour la quasi-totalité des conférences sur : http://sotm-eu.org/schedule. Dans l'ensemble, les présentations sont le reflet de l'audience : retours d'expérience, analyses du phénomène OSM, outils/techniques mais très peu de présentation sur la manière de cartographier des thèmes particuliers. Il y a également eu une série de lightning talks que j'ai malheureusement ratée. Aucun atelier ou barcamp en revanche (c'est mon seul regret). Je résume ci-dessous les points qui m'ont le plus marqués : - Keynote : Steve Coast aborde entre autres choses la question de la démographie du projet : les contributeurs sont majoritairement de jeunes adultes occidentaux issues de classes moyennes. Recruter de nouveaux contributeurs venant d'horizons plus variés est important pour l'avenir du projet. - Overpass API : il s'agit d'un outil pour requêter la base de données (lecture seule). Les promesses sont : plus rapide et plus pratique que XAPI. À tester. - KeepRight : la présentation était focalisée sur le fonctionnement interne de l'outil, j'y ai surtout appris qu'il ne fallait pas hésiter à envoyer des propositions d'analyse à l'auteur (Harald Kleiner) et que toute contribution pour améliorer l'interface utilisateur était la bienvenue. - Fiches plan/horaire de bus : Bartosz Fabianowski a construit une chaîne applicative basée sur des outils libres pour produire des fiches avec plan et horaire en s'appuyant sur des données OSM et des flux GTFS. L'auteur, avec d'autres contributeurs, crée la société Dobini pour développer ce genre de services. - Photo aérienne amateur : Andrew Zaborowski explore la voie ouverte par grassrootsmapping.org. Ballon, drone, cerf-volants, tout est bon pour obtenir de l'image aérienne 100% libre. D'après l'auteur, c'est relativement facile à mettre en œuvre (1h pour prises de vue et traitement des images) et peu coûteux (~300€ d'investissement avec la solution cerf-volant). - Mapnik Metawriters : cette extension mapnik permet de créer pour chaque tuile un fichier JSON contenant exactement les objets dessinés dans la tuile mais en format vectoriel. On peut alors les utiliser côté client pour ajouter de l'interactivité. L'idée de faire passer du vecteur côté client est vieille mais l'intérêt de ce module est de fournir exactement un objet vecteur pour objet rendu dans la tuile (tenant compte des zoomlevels et filter donc). Les démos sont bluffantes ! - Osmium framework : il s'agit d'une bibliothèque C++ pour réaliser des traitements sur des fichiers OSM. Ça semble exclusivement réservé à cet usage : parcourir un fichier .osm (ou .pbf) pour en extraire un jeu de données. On peut spécifier le traitement en JavaScript (plus facile à écrire, pas de compilation). Ça a l'air diablement efficace, moins d'une heure pour traiter le planet.osm sur une machine normale. L'outil est notamment utilisé par Taginfo. - OSMatrix : l'outil montre la distribution spatiale de certains indicateurs/statistiques. Cela peut permettre d'étudier localement la qualité des données et la structure de la communauté. À consommer sans modération. - Most Valuable Player : Maurizio Napolitano a fait une analyse des contributions et des contributeurs dans sa région, il identifie les "most valuable player", ces contributeurs qui sont plus impliqués que la moyenne ainsi que leur "pet location", leur zone d'action. - Saisie de bâtiments à partir de simples photos : des techniques de photogrammétrie ont été testées pour saisir des bâtiments dans OSM mais c'est finalement la méthode Google Sketchup à partir d'une seule photo qui s'est révélée la plus simple compte-tenu des besoins pour OSM (2D notamment). - OpenStreetBrowser : OSB 2.0 vient tout juste de sortir, ça propose toutes sortes de services autour de la carte : permalien avec plusieurs marqueurs, afficher sélectivement certains objets, requête attributaire, etc. - Débat sur les imports : À peu près tous les avis ont été représentés : beaucoup d'imports ont été très mal exécutés; ce sont les données qualifiées par les contributeurs qui font la valeur exceptionnelle du projet, pas les imports; mais les imports permettent quand même d'avancer le travail et peuvent constituer un point de départ. - Kartolog : une alternative à TileCache, encore. Celle-ci a l'air redoutablement rapide mais requiert probablement l'implication de développeurs. - MapCSS : Une alternative aux mapfiles pour configurer une carte, le principe est que l'utilisateur doit se concentrer sur quoi représenter et non pas comment représenter. Il existe un convertisseur pour générer un mapfile Mapnik. - Cartographie avancée : Andy Allan présente des techniques pour faire de plus belles cartes. Il s'agit essentiellement de pré-traitement avant affichage : généralisation des formes, rudiments de sémiologie graphique, fusion des tronçons de routes pour un placement des labels plus élégants, cluster de points, etc. Mention spéciale pour OpenSeaMap. Je n'ai pas vu la présentation mais Markus m'en a fait un résumé. Ils sont en train d'importer un jeu de données très bien qualifié mais très mal positionné sur les feux/balises, ils importent avec le tag seamark:fixme et comptent sur les contributeurs pour améliorer le positionnement. Ils ont plusieurs autres projets en cours, notamment la collecte collaborative de données bathymétriques. Ce projet était visuellement très présent (posters partout). L'organisation est un peu atypique : pas de mailing lists, petite équipe très impliquée communiquant par téléphone essentiellement (majoritairement germanophone). Mais ils sont très efficaces, le projet avance à un bon rythme. Note: ce résumé n'est pas représentatif du programme, j'ai plus d'affinité avec les questions techniques. Conclusion Le SotM a été pour moi l'occasion de découvrir de nouveaux outils mais aussi de nouvelles voies. Il y a des tonnes d'initiatives émanant d'OSM et le SotM en offre un aperçu. Le plus souvent, ces initiatives sont simplement mues par de la bonne volonté, une énergie disponible en quantité illimitée, ça motive énormément ! Cordialement -- Gilles Bassière - Web/GIS software engineer http://gbassiere.free.fr/ _______________________________________________ Talk-fr mailing list [email protected] http://lists.openstreetmap.org/listinfo/talk-fr

