Avant de trop taper sur les données CLC, je ne peux que recommander la (re)lecture de la méthodologie utilisée (version simplifiée http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/spipwwwmedad/pdf/Methodologie_CLC_cle1e1d2e.pdf), ainsi que les objectifs de cette base de données : si on veut l'utiliser pour autre chose que ce pour quoi elle a été conçue, il y a effectivement de forte chances pour qu'elle ne soit pas adaptée !
Sylvain Le 5 décembre 2012 09:04, Philippe Verdy <[email protected]> a écrit : > Je ne remets pas en cause bien des choses, c'est juste que la distinction > entre prairie et champ est souvent difficile à établir : là où il y a des > élevages il y a besoin aussi de les alimenter, on trouve donc un mélange > entre les terres de culture et les terres de pâturage. Mais c'est aussi > assez dépendant de la façon dont les élevages sont gérés : en élevage > intensif, ils restent dans des parcs limités et ne vont jamais pâturer, les > champs autour sont alors pour la culture. > > Sinon des terres sont aussi trop pauvres ou trop fragiles pour faire des > cultures (ou bien il y a un régulation environnementale qui empêche de > faire des cultures (zones protégées en montagne par exemple) : ce ne peut > alors être que des pâturages (et encore ils sont limités en densité > d'animaux pour éviter qu'ils dévastent tout eux aussi). > > Mais en plaine, c'est très difficile de savoir si on a un champ ou une > prairie : on voit bien que c'est une terre agricole, mais son usage varie : > on passe un mois on voit des animaux paître, à côté d'un autre champ en > culture, le mois suivant les deux parcelles sont échangées. L'imposition de > la jachère (pour limiter le taux des espaces en culture et limiter aussi > les apports d'engrais qui sont lessivés et polluent les nappes) favorise > cette rotation (comme on a aussi des rotations de cultures, > particulièrement avec le maïs qui est très exigent en azote et en eau). > > Les vergers et vignes de toute façon ne sont ni des prairies, ni des > champs. En revanche la nature des élevages autour est assez stable, et on > identifie parfaitement ceux qui sont en élevage intensifs (avec alors des > champs assez grands, dédiés à la production du maïs et des ensilages), et > ceux en élevage extensif où les bêtes passent régulièrement d'une parcelle > à l'autre, dans des champs plus petits et où la rotation entre cultures et > prairies est très fréquente). > > L'élevage intensif concerne surtout en France les poulaillers, les lapins, > et l'élevage porcin. Pour les élevages laitiers ou de boeuf de boucherie, > ou encore les élevages ovins et équestres, l'élevage est rarement intensif > (on n'est pas comme aux Etats-Unis voire en Argentine, avec les immenses > troupeaux qu'ils sont obligés de déplacer, car les terres sont beaucoup > plus pauvres, trop pour les cultures : on a là-bas une séparation claire > entre les terres d'élevage et les terres de culture, avec un découpage en > parcelles beaucoup plus grandes dans les deux cas). > > La particularité de la France c'est justement son découpage parcellaire > fin : le bocage, où les rotations de cultures et des élevages sont > fréquents (cas à part des zones de montagne en altitude, protégées, et des > plaines de la Beauce dédiées aux cultures céréalières intensives avec > quasiment aucun élevage, donc pas de rotation non plus, juste des terres > parfois laissées au repos pendant certaines années). > > Même si des remembrements ont eu lieu pour agrandir les parcelles et > améliorer la productivité, la rotation des terres n'a pas disparu. En > revanche le développement de l'élevage intensif ont été le principal moteur > de ces remembrements, à cause des besoins en alimentation animale qui exige > des terres de culture importantes et séparées des petites parcelles > d'élevage intensif. > > Distinguer donc les champs ou les prairies est donc forcément difficile > dans le bocage. Ces terres devraient être identifiées comme "mixte" et non > dans un type ou l'autre. Le bocage en plus a une valeur très élevée pour la > biodiversité (notamment les haies, essentielles à la petite faune de > gibiers, aux oiseaux, et aux insectes pollinisateurs), et aussi comme > élément fixant les sols, limitant l'érosion ; c'est aussi une usine > naturelle de dépollution pour protéger les nappes et rivières de l'impact > des productions agricoles (nitrification des eaux, eutrophisation des > rivières et estuaires, prolifération des algues en bord de mer, à cause des > engrais des cultures mais aussi les "épandages" des déchets azotés > des élevages, les deux étant rapidement lessivés sans être fixés par le > sol) et aussi limiter l'impact des crues pour protéger les villes et > villages (le bocage sert de zone inondable). > > > _______________________________________________ > Talk-fr mailing list > [email protected] > http://lists.openstreetmap.org/listinfo/talk-fr > >
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