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Sep 2007 01:52:14 +0200 (CEST)    From:   "Maddy Tiembe" <[EMAIL PROTECTED]>  
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more    Subject:  Questions directes à Laurent Nkunda     To:  [EMAIL 
PROTECTED]   [input]   [input]   [input]   [input]    
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visibility:hidden }  
      Dear Sir, I was expecting you to connect me with Laurent Nkunda as you 
seems to talk with him every day, but noting so far ... but now, I know by 
Congoindependant what's I was looking for and hope that peace will be a reality 
in Congo.  Yours, Maddy T
   
  Questions directes à Laurent Nkunda  

  
      Officier dissident des Forces armées de la RD Congo, Laurent Nkunda 
Mihigo parle de lui-même et livre sa part de vérité sur la situation qui 
prévaut dans les provinces du Kivu en général et au Nord Kivu en particulier. 
L’interview a été réalisée, mardi 4 septembre, par téléphone. Sans partager les 
opinions du général mutin, comme aurait dit Voltaire, la rédaction du 
Congoindependant a jugé juste de lui donner l’occasion de les exprimer. Aux 
internautes d’en juger. L’objectif est simple : la recherche de la vérité.   « 
Je ne protège par les Tutsi. Je plaide leur cause. Il y a une cause tutsie qui 
n’a jamais été défendue dans cette République. Il y a des gens qui ne savent 
pas s’ils sont Congolais ou Rwandais. Depuis des années, ils naviguent entre le 
Rwanda et le Congo »

Vous êtes un homme plutôt mal connu. Qui êtes-vous ?

Je suis né dans le Territoire de Rutshuru précisément dans la collectivité de 
Bwito, localité de Mirangi. J’ai fait mes études à l’université de Kisangani à 
la fin des années 80. C’est au cours de l’année académique 1987-1988 que je 
suis arrivé dans la ville. Parmi mes anciens camarades d’études, il y a par 
exemple Justin Kabongo qui est actuellement professeur assistant à la même 
université. Après Kisangani, j’ai poursuivi mes études à l’université 
(adventiste) de Mudende, au Rwanda. J’ai quitté le Rwanda en 1990, lorsque le 
Front patriotique rwandais (FPR) a déclenché les combats. Je suis marié et père 
de six enfants. Mon épouse est originaire de la Province orientale. Son père 
travaille à la RVA (Régie des voies aériennes). Il est en poste à l’aéroport de 
Simi Simi. 

Après vos études, quel a été votre parcours professionnel ?

J’ai enseigné dans un institut d’enseignement secondaire mis sur pied par les 
responsables du parc national de Virunga. J’y donnais le cours de 
psycho-pédagogie. J’ai été enseignant également à Kitshanga. 

Je tiens à vous prévenir que j’aurai à vous poser des questions parfois 
dérangeantes. J’espère que vous êtes prêt à jouer le jeu. 

Il n’y a pas de questions taboues pour moi !

Quelle nationalité portez-vous au moment où nous parlons ? 

La nationalité congolaise. Je n’ai jamais sollicité l’obtention d’une autre 
nationalité. Je n’ai jamais renié ma qualité de Congolais même lorsque j’étais 
enrôlé dans l’APR (Armée patriotique rwandaise) en 1993. J’ai fait partie de 
l’armée rwandaise pour de raisons strictement idéologiques. Révolutionnaires. 
Au Rwanda, les autorités peuvent vous confirmer que « Laurent » a servi au sein 
de l’APR en tant que Congolais.

Pourquoi avez-vous rejoint l’APR alors que vous revendiquez votre statut de 
Congolais ?

En 1990, je quitte le Rwanda. Je suis rentré à Goma. Pendant que la guerre 
faisait rage au Rwanda, tous les jeunes zaïrois, issus de l’ethnie tutsie, 
faisaient l’objet de diverses tracasseries policières. Ils étaient accusés 
d’être des « Inkothanyi », autrement dit des complices du FPR. Il devenait de 
plus en plus difficile de se mouvoir dans la ville. Ayant constaté que nous 
n’étions pas accepté comme de citoyens zaïrois à part entière, il ne nous 
restait plus qu’à rejoindre le Front. En 1992, j’ai rejoint la branche 
politique du FPR.

Avez-vous personnellement été menacé, à l’époque du Zaïre de Mobutu, du fait de 
votre appartenance à la communauté tutsie ? 

Non ! Nous avons été menacés pendant un certain temps lorsque la guerre 
rwandaise a commencé à partir du mois d’octobre 1990. Cette situation peut être 
expliquée par l’amitié qui existait entre Mobutu et Habyarimana. Je peux vous 
dire cependant que je garde personnellement un excellent souvenir de l’époque 
de Mobutu durant laquelle tout le monde jouissait de la liberté d’aller et de 
venir aux quatre coins du Zaïre d’alors. J’en garde un grand souvenir. J’ai 
toujours répété aux gens qu’on devrait suivre l’exemple de Mobutu dans le « 
management » de toutes les ethnies du pays. Au sein du CNDP (Congrès national 
pour la défense du peuple, ndlr), nous considérons cette méthode comme un 
modèle de leadership à suivre. A cause de ses affinités avec Habyarimana, 
Mobutu a, au cours des dernières années de son régime, perdu « un peu » le 
contrôle des provinces du Kivu où des extrémistes se sont lancés dans le 
tribalisme.

Où étiez-vous durant le génocide rwandais de 1994 ? 

J’étais déjà dans l’armée rwandaise. J’étais sous-officier.

Le FPR a pris le pouvoir à Kigali en juillet 1994. Qu’avez-vous fait après ?

Après le génocide, des contacts ont été amorcés avec André Kisase Ngandu en vue 
de la mise sur pied de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la 
libération du Congo-Zaïre). Six à sept mois avant le déclenchement de la guerre 
dans les provinces du Kivu, j’ai fait partie des officiers chargés d’encadrer 
les combattants – Zaïrois et ceux issus du maquis de Ruwenzori - envoyés en 
formation dans le Parc de l’Akagera. 

Dans une interview accordée au quotidien bruxellois « Le Soir », vous affirmez 
avoir assuré la sécurité de Joseph Kabila à Kisangani durant la guerre de 
l’AFDL. 

Après la « libération » de Kisangani en mars 1997, j’avais en charge la 
sécurité de cette ville. 
C’est à ce titre que l’on m’a présenté Joseph comme étant le fils de mon « boss 
». Je devais assurer sa sécurité. Il logeait à l’hôtel Palm Beach. A l’époque, 
il était très discret. Calme. Il savait écouter. L’homme avait soif 
d’apprendre. Il était très sympathique. Malheureusement, nous ne nous sommes 
plus revus depuis ce temps.

Le 17 mai 1997, les troupes de l’AFDL font leur entrée à Kinshasa. Quelle 
fonction avez-vous assumée après la « libération » ? 

Après la guerre, j’ai été désigné « S2 », c’est-à-dire responsable des 
renseignements à la 7ème brigade à Kisangani. En juin 1998, j’ai été affecté à 
Walikale, au Kivu, dans la 224ème brigade dirigée par le commandant Ali 
Gisatero.

Fin juillet 1998, c’est la rupture entre le président Laurent-Désiré Kabila et 
ses parrains rwandais et ougandais. Que faites-vous ?

Je me trouvais à Walikale. Je n’avais aucun contact avec Goma. C’est à partir 
de Walikale que j’ai appris que les jeunes soldats banyarwanda présents à 
Kisangani ont été massacrés. A la tête d’un groupe de militaires, j’ai « libéré 
» Kisangani le 23 août 1998. A l’époque, je n’avais eu aucun contact avec le 
staff dirigeant du RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie). Je ne 
connaissais ni le général Ondekane encore moins le général feu Sylvain (Ndlr, 
Sylvain Buki).

Je vais peut-être sauter une étape pour arriver à la mise en place des 
institutions de transition à partir du 30 juin 2003. Pourquoi avez-vous 
rechigner de rejoindre Kinshasa après votre intégration dans l’armée nationale 
congolaise ? 

Pour comprendre mon histoire, il me semble qu’il faut partir de la fin du 
Dialogue intercongolais dont les travaux se sont achevés à Sun City, en Afrique 
du Sud, le 22 décembre 2002. De retour de Sun City, le collège de fondateurs du 
RCD convoque une réunion à Goma. Tous les officiers sont présents. L’objectif 
est de restituer les négociations politiques de Sun City. J’ai à cette occasion 
soulever une préoccupation. A savoir que cette réunion a certes abouti à un 
accord politique se limitant à un partage de postes. En revanche, il n’y avait 
pas d’accord militaire. En clair, les parties se sont accordées sur rien en 
matière militaire et sécuritaire. Le président du RCD, Azarias Ruberwa, m’avait 
laissé entendre qu’une commission ira à Kinshasa pour traiter de ces questions. 
J’ai suggéré en vain que cet accord militaro-sécuritaire soit signé avant notre 
arrivée à Kinshasa. Je lui ai fait observé que, dans le cas contraire, il n’y 
aura pas de garantie du fait qu’il ne sera pas
 le chef suprême de l’armée dans la capitale. Voilà pourquoi je me suis abstenu 
de rejoindre Kinshasa. Et ce, pour de ne pas être victime de l’arbitraire. Les 
faits me donnent raison. L’arbitraire continue à régner jusqu’à ce jour. 
L’armée est gérée de manière monolithique. Les combattants issus des ex-forces 
belligérantes devaient être régis par des textes élaborés d’un commun accord. 
J’avais prévenu Ruberwa. Il ne m’avait pas compris.

D’aucuns vous accusent d’avoir commis des atrocités à Kisangani en 2002 à 
l’occasion de la répression d’une mutinerie. Que répondez-vous ?

On m’a toujours fait un mauvais procès sur mon intervention à Kisangani. J’ai 
quitté le chef-lieu de la Province orientale en y laissant une bonne 
impression. J’ai fait plus de quatre ans à Kisangani. J’étais l’officier le 
plus écouté de cette ville. La mutinerie de Kisangani a commencé au moment où 
j’étais en formation à l’académie militaire au Rwanda. J’ai été désigné pour 
accompagner le général Amisi « Tango fort », alors chef d’état-major de l’armée 
du RCD, qui devait mettre fin à ce soulèvement. Peut-on franchement m’imputer 
des actes qui ont été commis sous la supervision du chef d’état-major du RCD ?

En juin 2004, vous êtes stigmatisé comme l’organisateur d’une mutinerie à 
Bukavu. 

En 2004, je n’assumais aucune fonction militaire. J’étais à la tête d’une 
Organisation non gouvernementale dénommée « Synergie nationale pour la paix et 
la concorde » dont le siège se trouvait à Goma. La mutinerie de Bukavu a eu 
pour détonateur le bras de fer entre le colonel {Jules} Mutebusi et son chef 
hiérarchique le général Budja Mabe. Le conflit a fini par dégénérer en 
affrontements armés dans la ville. Les Banyamulenge vivant à Bukavu devaient 
faire l’objet d’une rafle. En ce moment, je me trouvais en Ituri pour tenter de 
réconcilier les Lendu et les Hema. J’avais engagé des pourparlers avec des 
milices de l’Ituri afin d’arrêter le massacre des Bahema. De même, j’avais pris 
langue avec le général Kakolele Bwambale. Celui-ci devait m’apporter son 
concours grâce à ses relations avec les Balendu. C’est en Ituri que j’ai appris 
que les « Banyamulenge » de Bukavu étaient menacés. Voilà pourquoi, j’ai pris 
la décision d’intervenir. Nous avons amené au Rwanda les 1 500
 Banyamulenge qui résidaient à Bukavu. Après, je me suis replié sur Goma.

Comment avez-vous fait pour mobiliser des soldats alors que vous n’étiez que le 
président d’une ONG ?

Comme vous le savez, j’ai été le commandant de la deuxième région militaire du 
RCD au Nord Kivu. Une fonction que j’exerçais encore trois mois auparavant. 
C’est ainsi que je n’ai éprouvé aucune peine à mobiliser de combattants. 

Vous aimez bien vous présenter en « défenseur de vos frères Tutsi ». N’est-ce 
pas une erreur de communication en tentant d’attraper les mouches avec du 
vinaigre? 

Il ne faut pas qu’on se cache la vérité. Là où je me trouve, je ne protège par 
les Tutsi. Je plaide leur cause. Il y a une cause tutsie qui n’a jamais été 
défendue dans cette République. Il y a des gens qui ne savent pas s’ils sont 
Congolais ou Rwandais. Depuis des années, ils naviguent entre le Rwanda et le 
Congo. Il y a de réfugiés qui sont au Rwanda, en Ouganda et au Burundi. Aucun 
officiel congolais n’a jamais pris la peine de se pencher sur leur situation. 
Je me dis qu’il faut plaider pour ce peuple pour qu’il ne soit pas exclu de la 
République. J’ai le malheur d’être Tutsi comme ces gens. Reste que je fais un 
grand travail. J’ai convaincu beaucoup d’autres officiels, civils et militaires 
- qui ne sont pas issus de la communauté tutsie – sur la nécessité de plaider 
cette cause. Je les ai sensibilisé sur le travail que je fais qui ne se limite 
pas uniquement à défendre les Tutsi mais surtout parce que ceux-ci n’ont pas de 
défenseur.

C’est un malheur d’être Tutsi, selon vous ? 

Ce n’est pas un malheur ! Malheureusement, c’est un malheur qu’on peut créer. 
Aujourd’hui, il y a d’une part des Tutsi qui ont honte de leur origine. De 
l’autre, il y a des gens qui les ostracisent. Je ne pense pas qu’être Tutsi est 
un malheur parce que nous avons été crées par le même Dieu. 

Qui, selon vous, menace la vie des membres de la communauté tutsie du Congo ? 

La menace ne se situe pas au niveau de la population. C’est au niveau des 
pouvoirs publics. A titre d’exemple, lorsque la guerre a repris en août 1998, 
plusieurs officiers tutsis avaient refusé de prendre l’avion avec James 
Kabarebe et des Rwandais. Ces officiers étaient notamment à Kinshasa, à Kamina 
et à Kisangani. Sans oublier Lubumbashi. Ils ne voulaient en aucun cas être 
confondus avec les officiers rwandais. Savez-vous ce qu’ils sont devenus ? Ils 
ont été massacrés. Certains ont été brûlés vif dans la capitale. Le 
gouvernement congolais constitue la première menace qui plane sur les Tutsi. Le 
gouvernement doit changer sa façon d’agir. La deuxième menace émane des FDLR 
(Forces démocratiques de libération du Rwanda) qui ont transplanté leur 
politique d’extermination des Tutsi, du Rwanda vers le Nord et le Sud Kivu. Les 
FDLR ont fini par intoxiquer d’autres Congolais. C’est le cas notamment des 
Bashi et des Bahutus du Congo. Certains parmi ceux-ci ont adhéré à cette
 idéologie. Nous pensons que la réconciliation entre Congolais doit être une 
priorité. Il faut commencer par faire rapatrier les FDLR au Rwanda. Voilà une 
piste pour le retour de la paix au Congo.

Pendant plusieurs années, l’armée rwandaise avait occupé les provinces du Kivu. 
Comment n’a-t-elle pas pu régler définitivement cette question des FDLR ? 

Cette question est simple. A l’époque, les FDLR bénéficiaient d’un soutien 
total du gouvernement congolais. Ils participaient aux combats aux côtés des 
troupes congolaises. Ils étaient même incorporés dans l’armée congolaise. 
Aujourd’hui, les FDLR continuent à bénéficier du soutien des autorités 
congolaises.

Pouvez-vous citer des faits susceptibles d’étayer ce soutien ? 

C’est très facile. Durant la guerre rwando-congolaise à savoir RCD contre le 
gouvernement de Kinshasa, les FDLR combattaient aux côtés des troupes 
congolaises revêtus du même uniforme. Aujourd’hui, nous sommes entrain de nous 
battre. Suivez les nouvelles. La radio Okapi rapporte que la semaine passée, le 
vendredi ou le samedi, les troupes des FDLR ont occupé la localité de Ngungu 
dans le Masisi. Le même jour, le Conseil des ministres réuni à Kinshasa annonce 
que les troupes gouvernementales ont libéré Ngungu. Je peux vous faire parvenir 
des preuves de munitions que nous avons interceptées sur la route 
Rutshuru-Ishasha. Elles étaient destinées aux FDLR. A Rutshuru, il n’est plus 
un secret pour personne. Les FDLR portent les tenues des FARDC. Le gouvernement 
congolais n’a jamais traité les FDLR comme une « force négative ». C’est pour 
toutes ces raisons que les forces onusiennes hésitent à intervenir aux côtés 
des FARDC.

Les FDLR ont annoncé que 12 000 soldats rwandais se battraient aux côtés de vos 
combattants. Qu’en dites-vous ?

Ce sont des allégations purement fausses. Ce sont des militaires mixés qui se 
battent entre eux. Les troupes rwandaises ne sont pas au Congo.

La MONUC dit avoir surpris vos combattants portant des tenues de l’armée 
rwandaise

Pour nous la tenue ne sert qu’à nous protéger contre le froid. Nous portons la 
tenue que nous trouvons sans nous préoccuper de son « identité ». Nous avons 
des uniformes belges, sud africains, FARDC et autres tenues de camouflages. 
Lorsque le RCD est parti à Kinshasa, c’est moi qui étais chargé de gérer le 
stock des uniformes y compris les armes.

Vous pouvez comprendre que l’opinion congolaise vous suspecte de « travailler » 
pour le compte du Rwanda de Paul Kagame

Cette affaire d’uniformes rwandais est un faux problème. 

Vous êtes pourtant mieux placé que quiconque pour connaître l’état des 
relations existant entre le Rwanda et la RD Congo. N’est-ce pas une forme de 
provocation ?

Non ! Nous portons la tenue qui est disponible. Pourquoi ne parle-t-on pas de 
la tenue de l’armée belge que j’ai portée sur la photo prise par « Colette » 
{la journaliste Colette Braeckman du « Soir » de Bruxelles, Ndlr}?

En janvier 2007, vous avez conclu un accord avec Joseph Kabila, représenté par 
John Numbi. Pourquoi avez-vous recouru à la « facilitation » rwandaise alors 
que, le ministre rwandais des Affaires étrangères Charles Murigande vient de 
déclarer à Kinshasa que l’affaire Nkunda est un problème « congolo-congolais » 
? 

Nous n’avons jamais pris l’initiative de solliciter les bons offices du Rwanda. 
Ce sont les autorités congolaises qui avaient demandé au président Kagame de 
faciliter ce dialogue.

Pouvez-vous confirmer ou infirmer l’information selon laquelle « Kinshasa » 
avait pris l’engagement de vous nommer à la tête de la 8ème région militaire 
(Nord Kivu) et de concéder quelques portefeuilles ministériels aux membres du 
CNDP ?

Nous n’avons pas évoqué ces sujets. A Kigali, il était surtout question de la 
conclusion d’un cessez-le-feu et de trouver des mécanismes de son renforcement. 
D’où le « mixage ». Après le mixage, nous allions passer aux négociations 
politiques. Celles-ci n’ont jamais eu lieu. 

Pourquoi un mixage en lieu et place du brassage ?

Le brassage signifie un mélange définitif des militaires issus de divers 
mouvements. Nous avons pensé qu’il fallait commencer par le « mixage ». Le 
brassage ne pouvant avoir lieu qu’à l’issue d’un accord politique.

Depuis la création de la Force Publique en 1886, les militaires congolais ont 
l’habitude d’être affectés dans toutes les provinces du pays. Pourquoi vos « 
anciens combattants » ne peuvent travailler que dans le Kivu ?

Nous n’avons jamais posé cette exigence. En vérité, nous ne voulons pas 
travailler dans une armée comme des mercenaires dans un pays où nos parents ne 
peuvent pas revenir y vivre. Nous avons demandé qu’on nous donne la chance de 
travailler à l’Est afin de nous occuper du problème sécuritaire, autrement dit 
de la traque des FDLR, pour permettre à nos parents de revenir au pays. Après 
cela, nous pourrions être déployés partout à travers le pays. 

Pensez-vous, comme Charles Murigande, que l’affaire Nkunda est un problème 
congolo-congolais ?

C’est tout à fait vrai dans la mesure où d’aucuns prétendent que « Laurent » 
est un « satellite » du Rwanda. Les autorités rwandaises savent que je ne suis 
pas leur satellite. Je suis responsable des actes que je pose.

Vous n’êtes peut-être pas un satellite du Rwanda. Mais qui finance la 
formation, l’entretien et la logistique de vos troupes ? 

J’ai hérité d’une armée formée par le RCD. Nous bénéficions du soutien de la 
population. Par ailleurs, notre mouvement est composé de membres qui versent 
leurs cotisations. Nos soldats ne sont pas payés. Ils sont en revanche nourris 
et soignés.

Quelle est, au moment où nous parlons, la situation qui prévaut dans la 
province du Nord Kivu ? 

L’état-major des FARDC a emménagé dans le Nord Kivu. Toutes les troupes de la 
République sont rassemblées au Nord Kivu contre le « général Laurent ». La 
province est super militarisée avec la présence de plusieurs brigades. Nous 
assistons aux combats depuis une semaine sur l’axe Rutshuru-Masisi. 

Avez-vous une « recette » pour ramener une paix durable dans les provinces du 
Kivu ? 

Nous avons proposé au gouvernement de Kinshasa un plan de paix. Il ne s’agit 
pas d’un plan de partage de postes. Pour nous, il s’agit d’arrêter la guerre et 
de poursuivre le « processus de Kigali » qui avait si bien commencé. J’ai reçu 
une délégation du Sénat congolais ici. Je leur ai remis ce plan de paix en leur 
demandant de me dire si le document comporte un seul passage qui met en danger 
la souveraineté ou l’indépendance du pays. « Laurent » ne demande rien que la 
paix et la sécurité en RD Congo. Je suis prêt à y participer et à contribuer.

Quels sont les éléments essentiels de ce plan de paix ? 

Nous disons que le Congo doit être débarrassé des « forces négatives » 
étrangères.

Les forces négatives ne constituent-elles pas une affaire rwando-rwandaise ? 
Quel est l’intérêt pour le Congolais que vous êtes de se préoccuper de cette 
question ?

Ces forces occupent le territoire congolais et tuent les nationaux. Tant 
qu’elles seront là, nos réfugiés ne pourront pas regagner le pays. Les FDLR ne 
sont pas un problème rwandais. Il s’agit d’un problème congolais. 

Des éléments des brigades mixées notamment « Bravo » ont été accusés de 
meurtres et autres exactions infligées à la population.

Ces accusations n’avaient qu’un seul but : mettre fin au mixage. On a voulu 
sacrifier les « mixés ». Ce sont de fausses accusations. Les soldats mixés 
n’ont jamais opéré sans l’ordre de l’état-major général. Il y a eu un incident 
à Buhamba. C’est un territoire contrôlé par les FDLR et les Maï Maï du colonel 
Jackson. 

Au-delà de ce qui a été dit précédemment, quel est, en définitive, l’objectif 
de votre combat ? 

Je veux qu’il y ait la paix en République démocratique du Congo. Il est 
illusoire d’escompter la paix tant que le gouvernement sera allié aux forces 
négatives lesquelles font souffrir les populations congolaises vivant à l’Est. 
Le gouvernement doit prendre ses responsabilités en rétablissant la paix et la 
sécurité en intégrant ce plan de réconciliation. Les Congolais n’ont pas été 
réconciliés durant la transition. Quand vous observez la manière dont 
{Jean-Pierre} Bemba a quitté Kinshasa, ce n’est nullement honorable pour une 
personnalité qui a récolté plus de 40% de suffrage à l’élection présidentielle. 
Bemba avait fait intégrer ses troupes dans l’armée en gardant un petit 
contingent pour sa sécurité rapprochée. Aujourd’hui, je suis entrain de vivre 
le même scénario. J’ai accepté les négociations tout en donnant mes troupes au 
gouvernement. Voilà que je me fais attaquer. Nous ne voulons nullement remettre 
le Congo entre les mains d’un jeune dictateur. Il faut éviter que ce
 qui est arrivé à Bemba arrive à quelqu’un d’autre. Nous soutenons les 
institutions issues des élections. Cependant, le gouvernement doit prendre ses 
responsabilités pour rétablir la paix et la sécurité.

Je vous ai contacté sur un numéro de téléphone précédé par le préfixe « 00250 
», celui du Rwanda, encore un mauvais signal qui ne pourrait que troubler les 
esprits

Le téléphone n’a pas de nationalité. Ici à l’Est, nous avons l’habitude 
d’utiliser notamment le réseau du MTN-Rwanda Cell. C’est une question de simple 
commodité. Le problème du téléphone me fait penser à la question de la 
nationalité. Le CNDP continue à réclamer la double nationalité. La motion 
Makila nous donne raison. On a donné un moratoire de trois mois pour permettre 
aux députés ayant des nationalités étrangères de régulariser leur situation. 
Rien n’a été fait à ce jour. Plaidons pour que les Congolais ayant acquis une 
autre nationalité puissent garder celle d’origine.

Que répondez-vous à ceux qui ironisent que les Tutsi congolais ressemblent à de 
joueurs de football qui jouent un mi-temps dans le camp congolais et un autre 
mi-temps dans le camp rwandais ? 

(Rires). Il y a des Tutsi congolais et des Tutsi rwandais. Ce sont des frères. 
Ils ont été séparés par le tracé de frontières fait à Berlin. J’espère que vous 
vous souvenez d’une visite effectuée à Kinshasa par le président Bongo, du 
Gabon. Issu de l’ethnie batéké, Bongo dira à son homologue qu’il est le « Mwami 
» des Batéké. Y a-t-il un mal que les Batéké considèrent le président gabonais 
comme leur « Mwami » ? La situation est identique en ce qui concerne les Tutsi. 
Ils sont au Rwanda, au Burundi, en Ouganda et au Congo. Ceux qui sont au Congo 
se reconnaissent comme citoyens congolais à part entière.

Que pensez-vous du projet d’organisation d’une table-ronde inter-communautaires 
dans les provinces du Kivu ? 

La situation qui prévaut à l’Est est un problème politique. Il ne s’agit pas 
d’un différend entre communautés. Est-ce que ces différentes communautés 
n’existaient pas à l’époque de Mobutu ? Pourquoi la situation déplorée 
aujourd’hui n’existait pas ? On se trouve face à un problème de leadership. 
Cette table-ronde n’est rien d’autre qu’une fuite en avant. La cohabitation 
harmonieuse entre les différentes communautés est l’affaire du président de la 
République et du gouvernement. Ce n’est nullement une affaire des ethnies. Les 
pouvoirs publics doivent assurer à tous les Congolais une protection égale 
devant la loi. 
  Propos recueillis depuis Bruxelles par B. Amba Wetshi 
© Congoindépendant 2003-2007


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monde est maître; 
  où tout le monde est maître, tout le monde est esclave. 
  Jacques-Bénigne Bossuet,Extrait de la politique tirée de l'Ecriture Sainte.
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