Effectivement.Le pr�-requis pour �tre le parfait candidat � la manipulation subtile �tant justement de se croire trop subtil pour se faire manipuler.
C'est vrai qu'il est assez soufflant,ce document sur l'EMC des Cies pharmaceutiques:on se sent soudainement dans une sorte de labyrinthe avec souris et observateur.Et devinez un peu qui on est... C. ----- Message d'origine ----- De : "Alain Vadeboncoeur" <[EMAIL PROTECTED]> � : "URG-L Mailing List" <[EMAIL PROTECTED]> Envoy� : 3 mars, 2002 11:32 Objet : URG-L: Juste pour rigoler > La Matche: L'Actualit� m�dicale. 20 f�vrier 2002. > > > En conflit d'int�r�t, nous? > > > Aux USA, les pharmaceutiques engloutissent $ 14 000 000 000 annuellement > pour fins de marketing m�dical direct -- � peine plus que les sommes d�di�es > � l'enseignement de la m�decine... Pourtant, rares sont les m�decins qui > admettent que ces proc�d�s les influencent. Douterait-on de notre > rationalit�, de notre sens critique? �a serait vexant! Mais encore plus > rares sont les compagnies qui gaspillent sciemment. > > Docteur Untel assiste lundi matin � une r�union de service, mordillant > amuse-gueule et biscuits, re�oit mardi midi ses honoraires (modestes) de > conf�rencier, puis s'envole vendredi soir aux Bahamas, sirotant son > sauternes, pour y discuter s�rieusement pilule (rouge ou bleue). Un conflit > d'int�r�t entre m�decins et pharmaceutiques? Aussi bien me demander si la > Terre est ronde. On en a d�j� br�l� pour moins que �a. Dois-je vraiment me > prononcer? Et la noble objectivit� m�dicale, alors? > > Questions : qui paye? Et pourquoi? Pourquoi cet absurde investissement, en > effet? Il faudrait souffler aux actionnaires que �a ne marche pas! Ce > gaspillage aboli, les chutes dans le prix des m�dicaments suivraient > rapidement, puis on pourrait redistribuer le lait maternis� � ceux qui en > manque vraiment, qui sont rarement les m�decins. > > La r�alit� est plus iconoclaste : nous sommes tous profond�ment et > durablement influenc�s par ce marketing puissant. Alors comment pr�tendre qu > 'il n'y a pas l� conflit d'int�r�t? Sujet tabou? Refoulement commode, effet > tardif d'un souvenir de Nassau ou d'un d�lectable Ch�teau d'Yquem 1990? > > L'incorruptibilit� m�dicale est un mythe si r�pandu. Or, nier l'existence > m�me d'un conflit d'int�r�t n'est salvateur qu'� court terme. Au moins > admettons-le! Voil� : j'en ai moi aussi profit�, je me suis promen�, je suis > all� porter la bonne parole, en toute objectivit� bien s�r, j'ai particip� � > des comit�s consultatifs, bref, je ne jetterai pas la premi�re pierre. > Pourquoi alors d�noncer ce qui ne fait de mal � personne, dans un monde aux > contours de moins en moins nets? N'est-ce pas l� qu'un banal cas de > conscience, trop vague entorse � la libert� de pens�e, stupide sayn�te > d�nu�e d'int�r�t face aux vraies trag�dies modernes? > > C'est que derni�rement, ces r�alit�s me sont tomb�es sur la rate. Notamment > depuis la captivante lecture, que je recommande � tous, d'un suppl�ment > traitant d'EMC publi� en mai 2001 dans Pharmaceutical Marketing. Ce > "Practical Guide to Medical Education" d�marre en trombe : "What is medical > education?" R�ponse aussi nette : "A vital ingredient of the marketing mix." > . L'envers du miroir. > > La fascinante litt�rature sur le sujet documente si bien le ph�nom�ne : ces > techniques sont souveraines. Sinon, nous n'en serions pas aux Big-Mac, aux > Nikes ou � la ceftazidime pour traiter les otites. Le retour sur l' > investissement est direct, pr�visible. Certes, il me fallait �tre myope (et > heureux de l'�tre) pour ne pas avoir mieux appr�hend� toute l'ampleur du > ph�nom�ne : l'�ducation m�dicale continue, point de vue pharmaceutique, est > la phase cruciale d'un marketing z�l�, ambitieux, aussi magistralement > organis� qu'ubiquitaire. Ce que nous observons chaque jour distraitement, > ces liens flous touchant une bonne partie de notre science et la plupart de > nos activit�s de formation m�dicale, tout cela d�coule d'une strat�gie > globale d'influence, que nous ne contr�lons plus et qui fait de nous les > vecteurs efficaces d'un objectif aussi simple qu'�vident : vendre. Y a-t-il > d'ailleurs un mal � �a? > > Certains la trouveraient pourtant moins dr�le s'ils en savaient plus. En > cette �re du consentement �clair�, nos patients approuveraient-il avec joie > voir les pharmaceutiques nous dorloter ainsi, jour apr�s jour, bien s�r > uniquement afin de favoriser notre comp�tence et notre esprit critique : > Mens sana in corpore san, comme on dit. Quelques dollars de plus par > prescription pour financer amuse-gueule, sauternes et voyages, sources vives > du bonheur de son m�decin, n'est-ce pas un judicieux investissement pour qui > tient � la sant�? Surtout si on peut alors jouir, en prime, des vertus > canon de la derni�re pilule, rouge ou bleue, pour ce rhume qui n'en finit > pas? > > Na�fs, trop fiers ou aveugles? Ne pas voir que nous sommes l� en profond > conflit d'int�r�t, si bien ancr� dans notre culture m�dicale qu'on finit par > l'oublier, c'est se mettre la t�te dans le sable de Nassau. N'allons-nous > pas finir par �touffer, plant�s l� comme des codingues? > > > > Alain Vadeboncoeur MD > Urgentologue >
