..Bien s�r que les conflits d'int�r�t existent, mais pour autant faut-il nier
l'int�r�t des rencontres, colloques, congr�s, symposia, dont pratiquement aucun
ne pourrait se tenir sans l'aide de l'industrie?.. la Formation M�dicale
Continue se r�sume-t-elle aux �changes sur Internet?... certes une partie de la
FMC est financ�e par la profession elle-m�me, mais que repr�sente ce financement
comparativement aux investissements de l'Industrie?
Dans un monde id�al, tout l'argent investi par l'industrie dans le domaine de la
communication et de la formation serait contr�l� par la profession m�dicale
et/ou les autorit�s de sant� ou encore les diff�rentes soci�t�s savantes et
associations pour faire une "bonne" communication sur le m�dicament, et
organiser de "bons" et "propres" congr�s m�dicaux. OK... mais c'est bien
l'industrie qui met au point mat�riels et m�dicaments, pas les m�decins... et ce
sont eux qui d�livrent les moyens de l'�valuation scientifique de tout ��... Le
syst�me actuel a l'avantage d'une certaine transparence:
1/ L'industrie est l� pour vendre
2/ Les organisations scientifiques m�dicales sont l� pour
critiquer des m�thodes d'�valuation, organiser des �tudes de confirmation,
�tablir des consensus et des recommandations...
Quant � l'argent de la communication des industriels qui pourrait �tre utilis�
pour apporter du lait � l'Afrique, �� me rappelle un vieux d�bat o� l'on
pr�tendait que chaque missile � t�te nucl�aire repr�sente le prix de la
construction d'un h�pital... la France a largement r�duit son budget militaire,
et je ne crois pas que cette r�duction ait �t� � l'origine de la construction
d'un seul dispensaire suppl�mentaire dans les pays en voie de d�veloppement...
Bref, il faudrait imaginer une "exception-sant�", � l'image de l"exception
culturelle" � l'�chelle du monde, pour s'opposer � l'�conomie mondialis�e..
h�las nous n'en sommes pas l�..
Beaucoup plus inqui�tant: le regroupement des laboratoires au profit d'�normes
groupes internationaux mettent ceux-ci en position de monopole pour de
nombreuses classes de m�dicaments, et bient�t ils n'auront m�me plus besoin de
communiquer sur des produits qu'on devra de toute fa�on leur acheter.. gageons
que cette situation ne conduira pas � une diminution des prix, mais au contraire
� une augmentation extraordinaire des revenus... des actionnaires...
A vous lire,
G Potel
Alain Vadeboncoeur a �crit :
> La Matche: L'Actualit� m�dicale. 20 f�vrier 2002.
>
> En conflit d'int�r�t, nous?
>
> Aux USA, les pharmaceutiques engloutissent $ 14 000 000 000 annuellement
> pour fins de marketing m�dical direct -- � peine plus que les sommes d�di�es
> � l'enseignement de la m�decine... Pourtant, rares sont les m�decins qui
> admettent que ces proc�d�s les influencent. Douterait-on de notre
> rationalit�, de notre sens critique? �a serait vexant! Mais encore plus
> rares sont les compagnies qui gaspillent sciemment.
>
> Docteur Untel assiste lundi matin � une r�union de service, mordillant
> amuse-gueule et biscuits, re�oit mardi midi ses honoraires (modestes) de
> conf�rencier, puis s'envole vendredi soir aux Bahamas, sirotant son
> sauternes, pour y discuter s�rieusement pilule (rouge ou bleue). Un conflit
> d'int�r�t entre m�decins et pharmaceutiques? Aussi bien me demander si la
> Terre est ronde. On en a d�j� br�l� pour moins que �a. Dois-je vraiment me
> prononcer? Et la noble objectivit� m�dicale, alors?
>
> Questions : qui paye? Et pourquoi? Pourquoi cet absurde investissement, en
> effet? Il faudrait souffler aux actionnaires que �a ne marche pas! Ce
> gaspillage aboli, les chutes dans le prix des m�dicaments suivraient
> rapidement, puis on pourrait redistribuer le lait maternis� � ceux qui en
> manque vraiment, qui sont rarement les m�decins.
>
> La r�alit� est plus iconoclaste : nous sommes tous profond�ment et
> durablement influenc�s par ce marketing puissant. Alors comment pr�tendre qu
> 'il n'y a pas l� conflit d'int�r�t? Sujet tabou? Refoulement commode, effet
> tardif d'un souvenir de Nassau ou d'un d�lectable Ch�teau d'Yquem 1990?
>
> L'incorruptibilit� m�dicale est un mythe si r�pandu. Or, nier l'existence
> m�me d'un conflit d'int�r�t n'est salvateur qu'� court terme. Au moins
> admettons-le! Voil� : j'en ai moi aussi profit�, je me suis promen�, je suis
> all� porter la bonne parole, en toute objectivit� bien s�r, j'ai particip� �
> des comit�s consultatifs, bref, je ne jetterai pas la premi�re pierre.
> Pourquoi alors d�noncer ce qui ne fait de mal � personne, dans un monde aux
> contours de moins en moins nets? N'est-ce pas l� qu'un banal cas de
> conscience, trop vague entorse � la libert� de pens�e, stupide sayn�te
> d�nu�e d'int�r�t face aux vraies trag�dies modernes?
>
> C'est que derni�rement, ces r�alit�s me sont tomb�es sur la rate. Notamment
> depuis la captivante lecture, que je recommande � tous, d'un suppl�ment
> traitant d'EMC publi� en mai 2001 dans Pharmaceutical Marketing. Ce
> "Practical Guide to Medical Education" d�marre en trombe : "What is medical
> education?" R�ponse aussi nette : "A vital ingredient of the marketing mix."
> . L'envers du miroir.
>
> La fascinante litt�rature sur le sujet documente si bien le ph�nom�ne : ces
> techniques sont souveraines. Sinon, nous n'en serions pas aux Big-Mac, aux
> Nikes ou � la ceftazidime pour traiter les otites. Le retour sur l'
> investissement est direct, pr�visible. Certes, il me fallait �tre myope (et
> heureux de l'�tre) pour ne pas avoir mieux appr�hend� toute l'ampleur du
> ph�nom�ne : l'�ducation m�dicale continue, point de vue pharmaceutique, est
> la phase cruciale d'un marketing z�l�, ambitieux, aussi magistralement
> organis� qu'ubiquitaire. Ce que nous observons chaque jour distraitement,
> ces liens flous touchant une bonne partie de notre science et la plupart de
> nos activit�s de formation m�dicale, tout cela d�coule d'une strat�gie
> globale d'influence, que nous ne contr�lons plus et qui fait de nous les
> vecteurs efficaces d'un objectif aussi simple qu'�vident : vendre. Y a-t-il
> d'ailleurs un mal � �a?
>
> Certains la trouveraient pourtant moins dr�le s'ils en savaient plus. En
> cette �re du consentement �clair�, nos patients approuveraient-il avec joie
> voir les pharmaceutiques nous dorloter ainsi, jour apr�s jour, bien s�r
> uniquement afin de favoriser notre comp�tence et notre esprit critique :
> Mens sana in corpore san, comme on dit. Quelques dollars de plus par
> prescription pour financer amuse-gueule, sauternes et voyages, sources vives
> du bonheur de son m�decin, n'est-ce pas un judicieux investissement pour qui
> tient � la sant�? Surtout si on peut alors jouir, en prime, des vertus
> canon de la derni�re pilule, rouge ou bleue, pour ce rhume qui n'en finit
> pas?
>
> Na�fs, trop fiers ou aveugles? Ne pas voir que nous sommes l� en profond
> conflit d'int�r�t, si bien ancr� dans notre culture m�dicale qu'on finit par
> l'oublier, c'est se mettre la t�te dans le sable de Nassau. N'allons-nous
> pas finir par �touffer, plant�s l� comme des codingues?
>
> Alain Vadeboncoeur MD
> Urgentologue
begin:vcard
n:Potel;Gilles
tel;home:Nantes
tel;work:facult� de M�decine
x-mozilla-html:FALSE
adr:;;;;;;
version:2.1
email;internet:[EMAIL PROTECTED]
fn:Gilles Potel
end:vcard