J'ai particulièrement aimé l'abstract de nos amis Nantais à notre dernier congrès national d'urgentistes (SFMU 2002)
Leur ambition est de standardiser - à partir d'une base clinique - la prise en charge de la méningite à examen direct négatif afin de réduire les hospitalisations inutiles. Moi j'adhère. Et s'ils lancent une étude multicentrique, je serai partant. Des commentaires ? (URG-L est en vacances ou quoi?)
Pierre Taboulet

MÉNINGITES À EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE
DIRECT NÉGATIF : ÉVALUATION PROSPECTIVE
D�UN ARBRE DÉCISIONNEL, AUX URGENCES
D. Boutoille (1), L. Struillou (2), D. El Kouri (2), Ph. Le
Conte (2), M.D. Touzé (2), G. Potel (2), F. Raffi (1),
D. Baron (2)
(1) Maladies Infectieuses, (2) Urgences, Hôtel-Dieu,
44093, Nantes.
Introduction : Le diagnostic différentiel, en urgence, entre une
méningite bactérienne à examen direct (ED) négatif, (10 à 50 % des
cas selon les bactéries), et une méningite virale est difficile. Les
recommandations insistent sur la valeur de la cytologie du LCR :
étiologie bactérienne en cas de prédominance de polynucléaires (PN),
virale en cas de prédominance lymphocytaire (ainsi que tuberculose
ou listériose en cas d�hypoglycorachie). Mais certaines méningites
bactériennes ont un LCR initialement lymphocytaire, et la majorité
des méningites à entérovirus d�abord une prédominance de PN. Pour
limiter les hospitalisations et antibiothérapies inutiles en cas d�étiologie
virale, tout en identifiant les étiologies possiblement bactériennes,
nous avons élaboré un arbre décisionnel ne reposant pas sur la
prédominance de PN dans le LCR.
Méthodes : Etude prospective ouverte, du 01.07.00 au 01.07.01, au
service des Urgences adultes du CHU de Nantes. Arbre décisionnel
remis à l�ensemble des praticiens du tour de garde. Inclusion des
patients de plus de 15 ans admis pour méningite avec ED négatif.
Absence de mise en route de traitement antibiotique et/ou antiviral, si
présence de tous les critères suivants : absence de signes de sepsis
sévère, de signes d�encéphalite, de purpura, de prise d�antibiotiques
dans les 7 jours précédents, d�âge >60 ans, de pathologie chronique,
d�immunodépression, de grossesse, d�antécédents de traumatisme crânien,
d�intervention neurochirurgicale ou ORL, d�otite et/ou de sinusite
et/ou de pneumopathie évolutives, valeur absolue de polynucléaires
neutrophiles < 500/mm3, ratio glycorachie/glycémie > 0,5,
protéinorachie < 1 g/L. Mise en observation ou retour à domicile
discutés selon les cas. Evaluation de la sensibilité (Se) et de la
spécificité (Sp) des critères choisis pour le diagnostic des méningites
bactériennes et virales, et du retentissement sur le pourcentage de
méningites à examen direct négatif hospitalisées plus de 24 heures,
ainsi que sur les prescriptions d�antibiotiques, en comparaison avec la
période précédant immédiatement la mise en route du protocole.
Résultats : 56 patients inclus (58 ponctions lombaires). Diagnostics
portés a posteriori : 40 méningites virales (PN > 50 % = 15/40), 4
bactériennes, 1 leptospirose, 1 méningo-encéphalite herpétique, 10
étiologies indéterminées. Efficacité de l�arbre décisionnel : pour les
méningites bactériennes : Se 100 % et Sp 70 %, pour les méningites
virales : Se 86 % et Sp 83 %, pourcentage de patients hospitalisés plus
de 24 heures passé de 62,5 % à 41 % (p = 0,05), pourcentage de
patients ayant reçu une antibiothérapie passé de 55 % à 16 % (p <
0,001).
Conclusion : Notre arbre décisionnel aide à différencier, avec efficacité
et sécurité, en urgence, les étiologies possiblement bactériennes
des causes virales, en cas d�ED négatif, et diminue les antibiothérapies
et hospitalisations inutiles.
 

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